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 ​"Il n'y a pas besoin de permission pour faire des choses belles."​

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La Septimanie

Au Vème siècle, la Gaule est divisée endeux grands groupes de diocèses.

Le diocèse des Gaules ou Décamanie dont le Primat Siège à Lyon est composé de dix Provinces. La Gaule Narbonnaise ouSeptimanie avec Narbonne comme siège Primatial, correspond aux sept Provinces composant le Royaume Wisigoth de Toulouse.

Les Francs, maîtres de la partie Nord, et après la conversion de Clovis au Catholicisme, dépouillèrent peu à peu les Wisigoths en favorisant l’émergence du Comté de Toulouse. La Narbonnaise resta cependant attachée au Royaume Wisigothique de Tolède.

Lorsque l’empire Wisigoth tomba aux mains des Sarrasins d’Al-Andalous, les Francs parachevèrent la conquête du territoire correspondant à la Gaule Narbonnaise au temps de l’Empire Romain.

A l'époque Carolingienne, le termeSeptimanie désigneraavec celui de Gothie, un territoire correspondant au Languedoc-Roussillon d’aujourd'hui (moins le nord du Gard et la Lozère).


Les origines du nom

Sidoine Apollinaire (430-vers 480), homme politique lettré et évêque de Clermont, séjourna à la Villa Octaviana, proche de Gaussan, sa correspondance n’emploie qu’un seule fois le terme de Septimanie, pour stigmatiser les Wisigoths qui la tenaient et dont il était l’ennemi.

Clovis défit les Wisigoths à Vouillé en 507, mais en 508, les Ostrogoths de Théodoric 1er interviennent et battent Clovis à Arles.

La Septimanie restera rattachée au royaume Wisigoth de Tolède. Après la bataille de Vouillé, le terme désignera cette région de la Gaule auxsept villes sièges d’importants évêchés: Agde, Elne, Béziers, Lodève, Narbonne, ​et Nîmes.

Grégoire de Tours, (539-594), évêque de Tours, historien de l’Eglise, des Francset de l’Auvergne, auteur de l’Histoire des Francs utiliseraSeptimanie pour la période 569-585 pour désigner la Province Gauloise du Royaume Wisigoths de Tolède.

Les rois Wisigoths de cette époque sont toujours de confession arienne et donc hérétiques jusqu'en 586.


La Provincia Galliae

Cette partie de la Narbonnaise rattachée au Royaume Wisigoth de Tolède excitait la convoitise des Francs qui la désignaient sous le nom de Gothie.Ils lancèrent plusieurs incursions sans jamais parvenir à la réduire, car ses habitants étaient solidaires des Wisigoths ariens.

Le territoire est régi par le droit Romain plus élaboré que le droit coutumier des Francs.

Alaric II avait fait rédiger à l’intention de ses sujets Romains, son Breviarium legum romanae Wisigothorum.

Lorsqu’en 589, Récarède 1er impose le Catholicisme à ses sujets (Concile de Tolède), la noblesse Arienne qui refusait de se convertir trouva refuge en Septimanie. C’est de cette noblesse d’origine Wisigothique que seront issues les familles Vicomtales et Seigneuriales qui dominaient le Pays lors de la Croisade contre les Albigeois, quelques siècles plus tard.

A partir de 694, ce sont les Juifs jugés complices des Musulmans qui viendront chercher refuge en Septimanie.

 

Al Andalous

 

Les Arabo-Berbères débarquent à Gibraltar (Jabal Tarik) en 711. La quasi totalité de la péninsule Ibérique est conquise en 714.En 719, Narbonne sera prise, et Toulouse menacée. Des incursions auront lieu dans le Rouergue, le Quercy et en Provence.

Eudes, Duc d’Aquitaine parvint à les repousser lors de la bataille de Toulouse, en 721.

Les Musulmans lancèrent alors , en 725, une expéditionle long du couloir Rhodanien, jusqu’à Autun qu’ils pillèrent et incendièrent. En 725, Carcassonne et Nîmes furent également menacées.

Puis, le général Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqientreprit de conquérir le royaume Franc. Il fut stoppé près de Poitiers par Charles Martel et périt dans la bataille en 732.En Septimanie, les attaques continuèrent et menacèrent Arles et la Provence.

En 737, Charles Martel est à nouveau victorieux à Avignon et tente de délivrer Narbonne.

Il n’y parviendra pas mais infligera une défaite cuisante au nouveau gouverneur Omeyyade d’Al Andalous,lors de la Bataille de la Berre . Les lieux de la Bataille de la Berre.

Narbonne fut reprise par Pépin le bref en 759*Pépin termina la conquête de la Septimanie et l’Islam reflua vers la Péninsule Ibérique.

Narbonne représentait un enjeu considérable autant pour les Musulmans que pour les Francs. La reprise de Narbonne s’avéra longue et difficile. La noblesse d’origine Wisigothique ainsi que les populations étaient demeurés Ariens et hostiles à la conquête Catholique.

Sous la domination Arabe, les Juifs et les Chrétiens étaient libres de pratiquer leur religion moyennant tribut.

* Le Comte Ansemund: aristocrate d’origine wisigothique, il représentait la population chrétienne arienne dominante auprès des autorités Arabes. Cette population s’accommodait de l’administration musulmane qui lui sembla longtemps préférable au jougdes Francs Nicéens qui exerçaient de sévères représailles sur les villes de Septimanie. Le pouvoir Arabe vacillant, Ansemund se soumit à l’autorité Franque et avec lui les dignitaires Wisigoths de Narbonne qui ouvrirent leurs portes à Pépin le Bref (entre 751et 759).

 

Charlemagne

En 787, le Comte de Toulouse, Corson, est enlevé par les Basques.En 790, Charlemagne désignera pour lui succéder, Guillaume de Gellone, son cousin. Il annexera à la Septimanie une partie de la Marche d’Espagne, jusqu’à l’Ebre etla région sera désignée sous le nom demarquisat de Gothie.

Charlemagne guerroyadans cette région contre les Sarrazins et entreprit de pérenniser l’occupation du territoire et sa christianisation. Les moyens employés furent l’attribution de terres aux combattants hispaniques qui étaient chassés par les Sarrazins ainsi quede nombreuses dotations aux bénédictins de Sainte Marie d’Orbieu à Lagrasse.

La procédured’attributions de terres ayant appartenu au fisc romain portait le nom d’aprision. Ellesfurent nombreuses tout le long des Pyrénées. Nous reviendrons sur celle dont bénéficia, en 792, un nommé Jean, de Tolède,qui avait combattu les Sarrazins prés de Barcelone et se vit attribuer pour lui et ses compagnons d’armes le territoire de Fontjoncouse.

La date de fondation de Sainte Marie d’Orbieu n’est pas connue. On sait seulement qu’elle fut restaurée en 778.Elle posséda de nombreux prieurés, jusqu’à 240. Ces prieurés, par leurs produits, permettaient à la communauté monacale de subvenir à ses besoins matériels. Dans la plupart des cas,les bénédictins possédaientl’Eglise et desservaient la cure.

Ils assuraient ainsi une présence Catholique très dense sur le territoire.

Dans un grand nombre de cas également, les bénédictins avaient repris l’exploitation des anciennes villas romaines qui possédaient une église*.


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Guillaume de Gellone sera battu par les Maures sur les rives de l’Orbieu en 793, près de Narbonne. Les Maures vont cependant se retirer. Guillaume prendra Barcelone en 801. Il fonde l’AbbayeBénédictine de Gellone à Saint Guilhem le Désert où il se retirera en 806.

Bernard de Septimanie, fils de Guillaume, deviendra Duc de Septimanie en 820, puis Comte de Barcelone en 826.Le Duchéfut divisé en deux provinces, en 865,avec pour capitales Barcelone et Narbonne.                                                  Abbaye de Gellone, Saint Guilhem le désert >


*– La Villa Gallo Romaine de Milianum (Emilianum) est à l’origine de deux prieurés: Saint André de Millegrand (Trèbes) et Saint Pierre de Milleret (Badens), et aujourd’hui Millegrand et Sainte Eulalie de Sept-Sérous.

 

Le roi Charles le simple (893-929) continua à favoriser les églises et les abbayes.

Ce n’est qu’au 10ème siècle que commence l’émergence d’un pouvoir laïc au détriment des religieux, avec la construction des premiers châteaux. Les maîtres de la Septimanie sont alors, les évêques, les Comtes de Provence et les Ducs d’Aquitaine.

A l’époque féodale, les Comtes de Toulouse , dont le domaine s’étendait de la Garonne jusqu’au Rhône à Saint Gilles, seront les suzerains de puissants vassaux tels,les Vicomtes de Narbonne (Lara) et les Trencavel,Vicomtes de Carcassonne, Albi et Béziers.

La croisade contre les Albigeois , commencée en 1209 par le sac de Béziers scellera le sort de la Septimanie en tant que Province , ainsi que celui du Comté de Toulouse.

En 1215, le 4ème Concile de Latran avalise les conquêtes effectuées par les Croisés. Simon de Montfort succède aux Trencavel à Carcassonne et défendra ses nouveaux domaines. Il mourra devant Toulouse en 1218.

En 1229, la Croisade Royale est victorieuse. Carcassonne devient une sénéchaussée royale.

Le comte de Toulouse se soumet(Traité de Meaux-Paris, 1229).

 

En 1240, Raymond Trencavel et ses Chevaliers faydits ne parvient pas à reprendre Carcassonne.

En 1242, Raymond VII de Toulouse soulève le pays mais ne parvient pas à nouer une coalitionassez puissante et se soumet en 1243.

 

C’est en 1244 que les croisés s’attaqueront à Montségur dont la capitulation marquera la fin officielle de l’Eglise Cathare.



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Olivier de Termes, qui avait mené le siège pour reprendre la Cité de Carcassonne aux côtés de Raymond Trencavel, se met au service du roi de France, Saint Louis en 1245.

En 1258, la France et l’Aragon établissent une frontière que les rois de France hérisseront de Châteaux (Aguilar, Quèribus, Peyrepertuse, Puylaurens).

En 1271, Jeanne de Toulouse héritière de Raymond VII, ainsi qu’ Alphonse de  Poitiers auquel elle était mariée,décéderont sans descendance.

Toulouse deviendra une sénéchausséedu Royaume de France.                                     Château d’Aguilar

 

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