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​Automne Corbières
 ​"Il n'y a pas besoin de permission pour faire des choses belles."​

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Les salins de Lapalme ont amorcé leur résurrection

 

 

 L'un des sites en cours de dépollution. Les gravats sont retirés en vue d'être traités.

Repris en main par les Salins de l'Aude, le site va renouer avec la production de sel, doublée d'une activité écotouristique. Les travaux de réhabilitation ont débuté. Le site est magique, perdu entre ciel et mer. Mais sa fermeture, survenue en 2006, lui a fait très mal… le laissant presque défiguré. Squattés, dégradés, pollués, les anciens salins de La Palme furent même un temps promis à la démolition. Jusqu'à ce que les Salins de l'Aude (déjà gestionnaires du site de Gruissan) ne décident de reprendre l'affaire en mains, soutenus par les élus locaux, le Parc naturel mais aussi l'État… l'exploitation se trouvant sur le domaine public maritime. Les travaux de réhabilitation ont débuté la semaine dernière : hier après-midi, c'était visite de chantier, en présence notamment de la sous-préfète.

Dépollution et prise d'eau

"Cette remise en état répond à des objectifs environnementaux, patrimoniaux, culturels et économiques", affirme Marie-Paule Bardèche. "Toute activité liée au sel et à la mer doit être revalorisée". Mais l'intéressée le concède : pour les salins de La Palme, la chose n'est "pas simple". La faute aux dégâts constatés sur place, sources de pollutions localisées. Un nettoyage complet était exigé par l'État avant toute concession : ce gros chantier est déjà bien avancé. "Le diagnostic réalisé en 2011 a mis en évidence des impacts de pollution au niveau de trois transformateurs ainsi que dans un atelier désaffecté, au niveau d'une chape de béton recouvrant le sol", précise Céline Plagne, chef de projet pour la société spécialisée Ortec. Les trois transformateurs ont été détruits et la chape en question retirée : la terre et les morceaux de béton pollués partiront pour des filières de traitement agréées. Fin de l'opération la semaine prochaine.

"L'électrification du site a également commencé, avec l'enfouissement du réseau", indique Patrice Gabanou, le président des Salins de l'Aude. "Une étude est en cours pour la restauration des bâtiments". Mais les travaux ne se limitent pas aux seules infrastructures : un autre chantier crucial a également été lancé au bord de la mer. C'est sur la plage du Rouet, en effet, que la prise d'eau permettant de réalimenter les étangs des salins est en train de connaître une seconde jeunesse. Si tout se passe bien jusqu'au bout, l'exploitation de sel pourra repartir en 2014 : économie et environnement n'auront alors jamais aussi bien fait bon ménage.  

 

Une vingtaine d'emplois d'ici 4 ou 5 ans

 

 

Sel de déneigement pour se lancer PHOTO/© D.R 

Les nouveaux salins de La Palme occuperont dans un premier temps une surface de 350 ha. Lorsqu'ils auront atteint leur rythme de croisière, ils produiront 20 000 tonnes de sel par an… destinées dans un premier temps au déneigement. Partenaire du projet, Quadrimex est le numéro 2 français de ce secteur : le site palmiste fournira 20 % de ses besoins. "Par la suite, nous nous donnons la possibilité de concevoir des produits plus élaborés", précise toutefois Patrice Gabanou. Sel de table, fleur de sel… Rien n'est exclu, d'autant que ces offres seraient en parfaite adéquation avec le volet écotouristique du projet. "Nous allons nous appuyer sur l'expérience gruissanaise, qui fonctionne plutôt bien, pour ouvrir une petite boutique, proposer des dégustations…" Les responsables veulent même aller plus loin : "A terme, nous souhaiterions créer à proximité une base nautique liée au kitesurf".

Dans le même temps, le Parc naturel régional supervisera la réalisation de petites îles sur les étangs du site, afin de permettre à certaines espèces de nicher. "L'eau empêche les prédateurs de s'en prendre aux petits dans les nids", explique le président Richard Sevcik. Voici donc un projet complet, aux facettes aussi multiples que complémentaires… et qui pourrait générer la création d'une "vingtaine d'emplois d'ici quatre ou cinq ans". Ce n'est pas le moindre de ses atouts.