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 ​"Il n'y a pas besoin de permission pour faire des choses belles."​

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Canal du Midi


Narbonne : le Canal du Midi redevient une voie pour les marchandises​


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L'aventure commence ce dimanche. PHOTO/O. G.​

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Canal du Midi

La péniche Tourmente part ce dimanche pour un fret en empruntant une partie du Canal Royal.
Le voyage commence ce dimanche pour la péniche Tourmente et Jean-Marc Samuel, son capitaine. Un fret qui s'engage sur le Canal du Midi à Roubia exactement et qui, les jours prochains, empruntera le canal du Rhône, direction Avignon. Un périple d'une semaine avec, à son bord, 40 tonnes de balles de carton que la société MP2 Environnement veut livrer. Pour Jean-Marc Samuel dit "Sam", c'est une petite victoire de débuter son trajet sur le Canal du Midi, déserté depuis près de trente ans par le commerce fluvial. "Transporter des marchandises était la fonction initiale du canal. Aujourd'hui, il ne sert qu'au tourisme fluvial". Cette livraison est alors un peu le voyage test pour "Sam" qui veut témoigner auprès des principaux acteurs qui gèrent ce patrimoine fluvial de 241 km reliant les "Deux Mers" (son surnom).
• Cohabiter sur le canal
Loin l'idée d'éloigner les touristes de cet héritage royal, un partage est possible. "On a le réseau navigable le plus grand d'Europe. Nous sommes aussi ceux qui l'utilisent le moins", affirme Sam. Une petite table au bord du canal pour regarder les péniches en plein fret "ça a du sens pour ceux qui se baladent tout le long". D'ailleurs, l'anniversaire des 350 ans de l'Edit de construction du canal (en 1 666) va rappeler la beauté des lieux et son entrée au patrimoine mondial de l'Unesco (en 1996), mais aussi, les raisons de sa construction. Autant de raisons pour "trouver les moyens de recréer des infrastructures de livraisons, aujourd'hui totalement disparues". Signe d'un changement imminent pour le capitaine du Tourmente, l'arrivée, la semaine dernière, de Marie-Thérèse Delaunay, directrice de projet en charge du Canal du Midi. La cohabitation est peut-être en marche. "Sam" veut retrouver l'utilité première du Canal du Midi : la livraison de marchandises.

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Privé de platanes, le Canal du Midi reste-t-il attractif ?

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La fréquentation touristique du canal va-t-elle pâtir de l'abattage des platanes ? PHOTO/Ph. L.

 

Le Canal du Midi. Ses eaux paisibles, ses bateaux de plaisance, ses platanes… Ses platanes? Plus aujourd’hui. En tout cas, plus comme avant. La campagne massive d’abattage dictée par la prolifération du chancre coloré a déjà modifié sensiblement le visage de cette merveille patrimoniale… et c’est loin d’être terminé. La fréquentation touristique du canal va-t-elle en pâtir? «Nous n’avons pas encore assez de recul pour le savoir», estime Didier Carlier, responsable de la base de location de bateaux Nicols au Somail. «Mais il est clair que tout le monde est au courant qu’on coupe les arbres: le bouche-à-oreille a fait son chemin».

Pendant un temps, la nouvelle aurait même (paradoxalement!) renforcé l’attractivité du site. «Il y a deux ans, juste avant le début de la campagne d’abattage, des clients sont venus exprès afin de profiter du canal avec les arbres, raconte le responsable. C’était une sorte de “tourisme de dernière minute”, soucieux de découvrir le site avant qu’il ne change d’aspect».

Clémence des vacanciers

Oui, mais maintenant? «Pour l’instant, aucun vacancier ne nous a dit, à l’issue de sa virée, qu’il ne reviendrait pas à cause des platanes abattus, affirme Didier Carlier. Les gens nous en parlent, mais sans plus. Les écluses, elles, sont toujours là! Après, il est clair que l’absence de cette voûte ombragée nuit au confort: c’est plus agréable d’accoster à l’ombre qu’en plein cagnard! Mais est-ce un aspect primordial pour les touristes? Cela nous fera-t-il du tort? A ce stade, on l’ignore encore».

Même constat à la base Le Boat de Narbonne. «Au début de la campagne, on s’est effectivement posé la question des possibles incidences sur notre activité», indique Nick Fielden, le responsable du site. «Mais cette année, ça ne s’est pas ressenti. Certains clients ont trouvé étrange de traverser des portions de canal sans platane, mais ils semblent comprendre les raisons de ces abattages». Le Boat apporte par ailleurs sa propre réponse à la problématique du manque d’ombre :«Tous nos bateaux ont été équipés d’une tonnelle en tissu de 12 m2, qui se déploie à l’avant du pont».

Une manière de compenser l’impact plus important du soleil… même si Nick Fielden souligne que les arbres ne constituent pas, à eux seuls, le canal. «C’est aussi les villages, les écluses, et la quiétude de ce voyage au fil de l’eau!» Soit d’autres arguments de poids en faveur de cette destination, dont la pertinence ne pâtirait encore pas de la disparition des platanes. «Ce fut vraiment une très bonne saison, souligne ainsi Didier Carlier. Non seulement les vacanciers européens ont eu tendance à rester en Europe, peut-être à cause des tensions actuelles au Maghreb, mais nous avons aussi accueilli énormément de Néozélandais, d’Australiens et d’Américains».

D’autant que les médias sont toujours au rendez-vous : «Lors du dernier reportage de TF1 consacré au tourisme fluvial sur le Canal du Midi, des gens appelaient en direct pour réserver un bateau!» Reste à savoir si la clémence des vacanciers survivra, l’année prochaine, au spectacle d’un site encore plus clairsemé: verdict à l’issue de la saison 2016.

 

 

Yves Bastié à Sallèles-d ’Aude.

 

 

L’abattage des arbres devrait donc se poursuivre.(Photo par PHILIPPE LEBLANC)

 

 

Abattage de platanes à Puichéric.(Photo par CHRISTOPHE BARREAU )

 

Le CETEV abandonne le projet de “vaccination” des platanes du Canal du Midi

 

Lassé des complications entourant un éventuel traitement contre le chancre coloré, le laboratoire toulousain jette l’éponge. Yves Bastié affiche sa déception.  

 

Le message électronique est parvenu à la mairie de Sallèles-d’Aude en début de semaine. Il contient tout le dépit du Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (CETEV) qui, de guerre lasse, abandonne son projet de “vacciner” les platanes contre le chancre coloré qui les ronge, en bordure du canal du Midi et de ses bras. Pourtant, un des derniers épisodes du long feuilleton des platanes malades autorisait à envisager une autre solution que l’abattage des arbres.

 

Des feux verts, mais...

 

Un arrêté-cadre du ministère de l’Agriculture annonçait en effet, en août dernier, la prochaine autorisation de l’expérimentation du produit imaginé par le CETEV. Ce “vaccin” contre le chancre coloré, des injections de fongicide, devait même être testé dès cet automne et sur une période de trois ans. Trois ans nécessaires pour une validation scientifique. Une collaboration entre les services de restauration de plantation de Voies navigables de France (VNF) et les équipes du CETEV de Philippe Beuste était également sur les rails. L’Agence nationale de la Santé (ANSES) avait également donné son feu vert. Bref, toutes les conditions étaient réunies pour que les tests commencent, dans des secteurs bien déterminés et tenus secrets. Or, cette campagne d’expérimentation n’a jamais débuté. Ni la ténacité d’Yves Bastié, le maire de Sallèles-d’Aude, de ses collègues de Ventenac et de Saint-Nazaire, ni les interventions appuyées du sénateur Roland Courteau n’ont pu la faire aboutir. Et des réponses ont encore tardé. Ce qui a entraîné la décision, douloureuse, du CETEV : « Les traitements ne se feront pas ». « L’Etat et VNF sont parvenus à leurs fins » estime Yves Bastié, « l’abattage des arbres pourra se poursuivre dans les années à venir ». Amer, ce combattant de la première heure contre la solution unique de l’abattage - « sauf quand l’arbre est mort, évidemment » - a multiplié les courriers, les interventions et les coups de colère pendant plus de trois ans. Aujourd’hui, il affiche sa tristesse en même temps que sa profonde déception. « Récemment, les candidats aux Régionales sont venus en visite. Je leur ai dit que le canal du Midi était la colonne vertébrale de la future grande région. Une colonne qui n’aura plus son charme demain ». Une carte postale déchirée... 

 

Le maire de Sallèles : « C’est une grande déception. A quoi va ressembler le canal dans l’avenir ? »

Il s’était levé pour dénoncer l’abattage systématique et pour que s’envisage une autre solution. Yves Bastié regrette bien entendu la décision du CETEV. Mais surtout que l’on ait poussé le Centre au découragement : « Ce traitement, depuis de départ, l’Etat et VNF n’en veulent pas. L’abattage et la replantation des arbres représentent beaucoup pour VNF économiquement, à raison de 3 000 euros par arbre financé par l’Etat. Dans 10 ans, il restera 0 platane sur les bords du canal. Il restait 25 000 à 30 000 arbres, on aurait pu essayer le vaccin. Mais l’échéance était à chaque fois retardée et le CETEV s’est logiquement découragé ». Se sentant « au pied du mur », le Centre de la région toulousaine a donc préféré arrêter les frais. Le CETEV interviendra « dans des pays frontaliers », sans doute moins enclins à freiner ses ardeurs... « Ce qui est lamentable, c’est qu’on se focalise sur les abords du canal alors qu’il ressemblera à quoi sans les platanes ? Il y a une contradiction » se demande Yves Bastié, qui déplore également « le manque de réaction des écologistes, plus prompts en d’autres circonstances ». Le CETEV se retirant, l’élu annonce : « Je lâche prise aussi. On va regarder les arbres tomber. Notre patrimoine abattu. Le temps que les arbres replantés poussent, il faudra plusieurs générations pour retrouver le charme du canal ».

 

 

Un tiers des platanes du Canal du Midi aura été abattu fin 2015

 

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La campagne d'abattage de cette fin d'été se déroule sur 20 communes de l'Aude et 10 communes de l'Hérault(Photo par Christophe Barreau)

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Chantier Puichéric

Au terme de la campagne qui a démarré lundi à Puichéric, ce sont 13 500 platanes malades sur les 42 000 du Canal qui auront été abattus à la fin de l’année.

Le spectacle est saisissant : au milieu de la ligne verte des arbres qui bordent le canal du Midi, un groupe d’une dizaine de platanes se détache. Effeuillés, livides, comme si toute vie les avait quittés : ils sont victimes du chancre coloré, ce champignon qui menace la voie d’eau de Riquet depuis sa découverte, à Villedubert dans l’Aude, en 2006. « Ce qui est terrible avec cette maladie, et qu’on ne comprend pas toujours, c’est qu’on va trouver, dix arbres touchés ici, quelques autres plus loin, sans explication plausible », souligne Jacques Noisette, chargé de communication de Voies Navigables de France, l’organisme public chargé de la gestion du canal classé depuis 1996 au patrimoine mondial par l’Unesco. Et ce qui est plus terrible encore, c’est que la « voûte » de branchages qui recouvre la voie d’eau, - même si elle n’existait pas à l’époque de Riquet -, fait partie de ce classement…

2 500 arbres replantés cet hiver

Les abattages de platanes malades sont systématiquement remplacés par des replantations d’essences résistantes au chancre coloré.
Pour l’instant, les variétés d’arbres qui seront replantées sur les chantiers ouverts ces jours-ci - et notamment à Puichéric - ne sont pas déterminées.
Lors des campagnes précédentes, VNF a planté des peupliers blancs, des chênes chevelus, des chênes à feuilles de châtaignier, des pins ou encore des micocouliers. L’hybride platanor, une essence de platane supposée résistante à la maladie, a été abandonnée car elle ne présentait pas de garantie de pérennité.


 Sécurité d’abord


Du coup, c’est un grand chantier de 200 M€ qui a été lancé, avec l’aide des Régions et des départements traversés, afin non seulement d’abattre, mais aussi de replanter avec des essences qui ne sont pas sensibles au chancre contre lequel, pour l’instant, il n’y a pas de remède. Deux fois par an, à la fin de l’été et au printemps, après un appel d’offres réservé à des entreprises ultra-spécialisées, des campagnes d’abattages sont menées en fonction des priorités. Les arbres malades qui menacent la sécurité des riverains ou des usagers du Canal sont ciblés principalement. C’est le cas de la campagne qui débuté hier à Puichéric (ou 31 platanes sont concernés), et qui va se focaliser sur 20 communes de l’Aude et 10 de l’Hérault (notre édition du 14 août 2015). Au total, 2 200 arbres malades vont être mis à terre, et soigneusement brûlés sur place pour éviter de propager le chancre.

Le "relogement" des oiseaux


À la fin de l’année, ce sont ainsi 13 500 arbres qui auront été abattus, - un tiers des 42 000 platanes du Canal -, dans le cadre de cette vaste opération de sauvetage du paysage, mais aussi de la biodiversité.
Car les abattages sont aujourd’hui gérés en fonction, aussi, de leur impact écologique sur les oiseaux migrateurs et sur les chauves-souris.
Avant de couper les platanes en effet, la faune qui les fréquente est étudiée, et des nichoirs installés en remplacement. « C’est notre “politique du relogement” », plaisante Jacques Noisette.

Quelle influence sur la fréquentation ?

Difficile, pour VNF, de dire si les abattages massifs de platanes le long du canal du Midi ont une influence sur la fréquentation de la voie d’eau. Celle-ci était en forte baisse l’an dernier (- 9 %), mais elle semble repartir à la hausse cette saison, avec 3 à 4 % de plus en juin dernier. En l’attente de la mise en place d’un observatoire, reste le pifomètre.
« Lors de la grande sécheresse de 90-91, la baisse était très forte. On savait qu’il se disait qu’il ne fallait pas aller sur le canal du Midi car il n’y avait plus d’eau, se souvient Jacques Noisette. Cette fois, on n’entend pas dire : n’y allez pas, il n’y a plus d’arbres », ajoute-t-il imputant plutôt la baisse de l’an dernier « à la météo et à la crise économique ».

Traitement des platanes du Canal du Midi : "Enthousiaste, mais prudent"

 

 Philippe Beuste, avec le maire de Sallèles-d'Aude Yves Bastié. PHOTO/ Midi Libre / Olivier Got

 

Philippe Beuste porte avec le Cetev le protocole qui pourrait préserver les arbres du canal du Midi du chancre coloré. Et attend l'officialisation de l'autorisation d'expérimentation.

Jeudi, alors que le sénateur Courteau et que le maire de Sallèles-d'Aude Yves Bastié se félicitaient de l'accord d'expérimentation délivré par l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Philippe Beuste attendait encore que son téléphone sonne. A la tête du centre d'expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev), il est pourtant depuis plus de deux ans le porteur du protocole de micro-injection de fongicides qui pourraient prévenir le chancre coloré. Et ainsi offrir une alternative à l'abattage qui, fin 2014, a déjà coûté la perte de plus de 10 000 des 42 000 platanes du canal du Midi.

  • La 7e version du protocole a été livrée en septembre 2014

Vendredi matin, il restait encore dans l'attente : "Tout le monde est au courant, sauf moi. Ce que je peux dire, c'est que la 7e version du protocole a été adressée fin septembre au ministère, qui l'a validé, puis transmis à l'Anses."Comme une dernière illustration des incompréhensibles lenteurs qui ont accompagné la gestion du dossier par le ministère de l'Agriculture, et tant irrité les élus. Prêt à apprécier la bonne nouvelle, Philippe Beuste attend donc son officialisation. Avec le lot de recommandations de l'Anses qui pourraient modifier le protocole initial, et notamment le nombre d'arbres nécessaires pour valider la valeur scientifique de l'essai, jusqu'alors fixé à 150 platanes.

  • Un mois pour choisir les sites

Engagé avec trois autres membres du Cetev sur le projet, Philippe Beuste ne cache pas que le temps presse : "On est mi-février et dans mon protocole, je dois démarrer le 15 mars. En un mois, il faut que je rencontre les Voies navigables de France, qu'ils me fournissent la liste des foyers d'infection, qu'on visite les sites, qu'on choisisse les lieux avec leur accord et celui des maires concernés. Le boulot préparatoire est colossal." Un insistant rappel en apportant une utile précision sur les enseignements qui pourraient être tirés dès l'année prochaine de l'essai : "La durée de trois ans qui ne cesse d'être rappelée, c'est uniquement le temps nécessaire pour une validation scientifique."

Car si les foyers se multiplient à une vitesse effrénée, la maladie met, elle, bien 3 à 5 ans pour venir à bout d'un platane : "Au bout des trois ans, on disposera de statistiques scientifiques valables, oui. Dès qu'on considère qu'un arbre est atteint, visuellement, il est peu ou pas récupérable. Le but du traitement est de protéger les arbres qui sont autour des platanes malades. Mais dès la première année, qui permettra d'ailleurs d'adapter la méthodologie d'injection ou sa période, on verra des effets… ou non."

Une façon de rappeler que la partie n'est pas gagnée. "Enthousiaste, mais prudent", Philippe Beuste ne veut surtout pas crier victoire. Un recul tout scientifique, et une éthique affirmée : "Ce projet, c'est 100 000 € investis de notre poche. Parce que si ça ne marche pas, on ne pourra pas nous accuser d'avoir 'pompé' de l'argent public."

Canal du Midi : le chancre coloré atteint la Haute-Garonne

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Marc Papinutti (en médaillon), directeur des Voies navigables de France. PHOTO/© D.R

 

Jusque-là limitée au Languedoc, la maladie est entrée en Haute-Garonne, où des platanes le long du canal du Midi vont être abattus. Le chancre coloré ne connaît pas de frontières.

La maladie des platanes du canal, longtemps cantonnée dans l'Aude et l'Hérault, ne dépassait pas Castelnaudary. Elle vient d'entrer en Haute-Garonne, où quatre foyers ont été détectés dans les communes de Montesquieu-Lauragais, Gardouch et Castanet-Tolosan, à l'entrée de l'agglomération toulousaine. Voies Navigables de France (VNF) l'a annoncé jeudi soir, en présentant les résultats de la campagne de mécénat. Ainsi, parmi les 4000 platanes qui doivent être abattus en 2015, 44 sont situés en Haute-Garonne. Ils seront coupés et brulés sur place par prophylaxie à partir de mars. Ce n'est pas étonnant car il y avait déjà des platanes atteints dans la région toulousaine, mais jamais le long du canal. « On sera donc vigilant cette année sur le repérage des arbres malades en Haute-Garonne », a indiqué Marc Papinutti, directeur général de VNF. La maladie pourrait arriver bientôt à Toulouse et s'étendre au canal latéral entre la ville rose et la Gironde, augmentant d'autant le coût de la replantation.

  • Mortel en deux ans

Découvert en 2006 le long du Canal du Midi, le chancre coloré (un champignon) se répand très vite et tue les platanes en deux ans. Du coup, VNF a lancé un vaste plan d'abattage et de replantation des 42 000 platanes pour un coût de 200 millions d'euros en 20 ans. Depuis 2006, 9 850 arbres ont été abattus et seulement 1 285 replantés. Cette année, VNF « plantera 1 000 arbres dans sept communes : Montréal, Trèbes, Marseillette, La Redorte, Azille, Paraza et Colombiers », a indiqué Marc Papinutti.

L'établissement public a sélectionné sept espèces dont le chêne à feuille de châtaigner, le micocouliers, le peuplier blanc, le tilleul argenté et le platanor, choisis pour leur haute taille et leur feuillage abondant à même de restaurer la voûte verte des platanes qui vaut au Canal du Midi son classement au patrimoine mondial de l'Unesco.

Pour le moment, il y a moins de replantations que d'arbres abattus car « il faut refaire les berges qui étaient protégées par les racines, et l'on n'a pas encore tous les arbres disponibles », explique Marc Papinutti. Il y a aussi le problème des « dents creuses » car il faut replanter la même espèce sur un bief. Au début, VNF arrachait sept platanes de chaque côté du malade, par mesure de prophylaxie. Des maires ont vertement protesté contre ce paysage de désolation et VNF ne coupe plus que les arbres malades, en concertation avec la commune. Mais «ce moratoire ne s'appliquera pas à la Haute-Garonne ».

Autre solution, des jeunes chercheurs toulousains ont élaboré un vaccin avec le Centre d'expertise en techniques végétales (CETEV). Mais l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) n'a pas encore autorisé le test du traitement sur les platanes en attendant d'évaluer les risques pour l'environnement.

 

Canal du Midi : enfin le feu vert pour tester l'alternative aux abattages de platanes

  

Yves Bastié, le maire de Sallèles d'Aude, premier à avoir défendu la piste préventive. PHOTO/CHRISTOPHE BARREAU

 

L’agence nationale de sécurité sanitaire a donné l’autorisation pour que l’injection de fongicide soit expérimentée contre le chancre coloré. Un espoir pour le canal du Midi.

Hier, en fin d’après-midi, c’est au bilan de la première année d’activité du Club des entreprises mécènes du canal du Midi que Voies navigables de France avait convié la presse à Toulouse.

Un peu plus tôt dans la journée, le sénateur Roland Courteau sortait du ministère de l’Agriculture avec en main un courrier enfin porteur d’espoir pour un monument ravagé par l’épidémie de chancre coloré. Noir sur blanc, Stéphane Le Foll lui confirmait le lancement au printemps 2015 de l’expérimentation du traitement curatif et préventif élaboré par Philippe Beuste et son équipe du centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev).

Une piste évoquée depuis deux ans et demi

Un feu vert attendu depuis deux ans et demi par Yves Bastié, le maire de Sallèles-d’Aude, le premier à avoir défendu une alternative à l’abattage qui a déjà privé le monument classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco de 10 000 platanes, abattus.

Hier, l’élu savourait l’autorisation d’expérimentation délivrée dans les derniers jours de janvier 2015 par l’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), à qui la direction générale de l’alimentation (DGAL) avait demandé une expertise sur le protocole du Cetev :"Il a fallu trois à quatre mois d’instruction à l’Anses, c’est normal. Ce qui l’est moins, c’est le temps qu’il a fallu au ministère, qui s’est toujours retranché derrière de possibles risques sanitaires, et qui a mis un an et demi à saisir l’Anses..."

"Hors de question d’abattre autre chose que les arbres morts !"

Une dernière pique en appréciant à sa juste valeur, enfin, "une lueur d’espoir. Il fallait y croire : j’y ai cru, le Cetev y a cru alors qu’il aurait très bien pu abandonner, et le sénateur Courteau a été un des rares élus audois à me soutenir, pour m’ouvrir les portes du ministère".

S’il faudra désormais attendre trois ans pour que la valeur scientifique de micro-injection de fongicides soit déterminée, Yves Bastié n’oublie pas de défendre le principe initié l’an passé, avec l’abandon des mesures de prophylaxie : "Dans la mesure où il y a un nouvel élan, hors de question d’abattre autre chose que les arbres morts !"

Un avertissement lancé à VNF, alors que le canal aura perdu à la fin de l’année le tiers de ses 42 000 platanes.

"Au moins, on n'aura pas de regrets"

Avec Yves Bastié, le sénateur Roland Courteau avait été l’élu audois le plus mobilisé pour défendre la piste du CETEV. Hier, c’est avec un précieux courrier signé par Stéphane Le Foll qu’il est sorti du ministère de l’Agriculture, deux jours après avoir été reçu par les membres du cabinet du ministre.

Une lettre dans laquelle la "mise en œuvre du dispositif au printemps 2015" est donc actée :"Et ce courrier, je vais le conserver précieusement", précisait le sénateur. De quoi satisfaire l’élu qui, pas plus tard que le 3 février dernier, avait posé en séance une question de plus à Stéphane Le Foll pour s’inquiéter de la lenteur observée sur ce dossier.

Hier, Roland Courteau rappelait donc la longue attente qui aura prévalu avant ce feu vert : "Ma première visite à Matignon sur le sujet remonte à plus d’un an.." Un motif d’étonnement, même si le sénateur préférait se réjouir d’avoir enfin franchi l’obstacle : "Si ça ne marche pas, au moins, on n’aura pas de regrets."

Et d’appeler, le temps des essais, à ce que "les replantations soient plus rapides, et à la hauteur des abattages des platanes infestés, qui ne s’arrêteront pas."

 

 

Canal du Midi : 4 000 arbres de plus seront sacrifiés en 2015

 

Trèbes, avant l'abattage.(Photo par CARCASSONNE CHRISTOPHE BARREAU)

 

 

La même vue, après.(Photo par CARCASSONNE NATHALIE AMEN VALS)

 

 Si les Voies navigables de France (VNF) n’ont toujours pas entre les mains la solution miracle pour stopper le massacre des platanes atteints par le chancre coloré, ils ont depuis 2006 su développer leur sens de la diplomatie. 

 

 

L’an passé, alors que se profilaient les municipales, l’annonce de l’abattage de1687 platanes entre les mois de février et avril avait déclenché une fronde générale des élus. Poussant VNF à une renégociation de la carte des sacrifices, pour passer de 1 700 à 1 200 arbres voués à l’abattage. Une réduction des dommages autorisée par la suspension des coupes d’arbres dans la zone de prophylaxie jusqu’alors toujours respectée, de 50 mètres de part et d’autre des foyers de chancre.

Si le principe reste encore à officialiser, VNF devrait reconduire le moratoire pour cette année 2015. En milieu de semaine dernière, Jacques Noisette, responsable de la communication de VNF Sud-ouest, donnait rendez-vous à la première quinzaine de février pour donner le détail des abattages commune par commune, mais aussi pour entériner la démarche : "On se dirige vers ce choix. Quant aux localisations et aux nombres très précis d’arbres concernés, les discussions sont encore en cours avec les maires du Languedoc-Roussillon."

A quelques mois de la fusion avec son voisin du sud-ouest, le Languedoc-Roussillon profiterait en effet d’un régime de faveur. Alors que les prospections de l’hiver 2014 ont débouché sur la détection des premiers foyers en Haute-Garonne, la prophylaxie sera bien appliquée sur les trois communes concernées : "Les mairies ont donné leur accord pour des abattages sur des longueurs de 50 mètres autour des foyers", précise Jacques Noisette. Malgré cette volonté de limiter au maximum les abattages, la voûte du canal sera une fois de plus lourdement touchée.

Les deux campagnes d’abattage, programmées de mi-février à fin avril, puis de fin août à mi-novembre, signifieront la disparition de 4 000 platanes de plus : "Parce que le chancre se développe de façon très très rapide, ne peut que constater Jacques Noisette. Il existe des zones où il faut intervenir de façon très urgente." 

Fin 2015, dix ans après la découverte du premier foyer de chancre, l’ouvrage aura donc perdu le tiers de ses 42 000 platanes. Une inexorable destruction à laquelle VNF ne peut répondre à part égale en matière de replantations.

Cette année, 1 000 nouveaux sujets (150 implantations restent encore à localiser, Ndlr) devraient être implantés sur les berges, de Montréal à Colombiers, dans l’Hérault.

Une fois l’étape longue de quatre à six semaines de préparation du sol achevée, c’est à partir 20 février que les premiers sujets, dont 520 sont issus des pépinières du conseil général de l’Aude, seront installés. De jeunes nouveaux venus, qui n’étaleront leurs ombres que dans plusieurs années.
Une perspective à très long terme, comme, malheureusement, celle des solutions alternatives à l’abattage pensées en Haute-Garonne, portée par le centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (CETEV) ou développée par les étudiants toulousains de l’Insa.

"Pour le CETEV, on ne voit rien venir, résume Jacques Noisette. Nous n’avons toujours pas d’accord officiel du ministère de l’Agriculture pour l’expérimentation. Quant au projet de l’Insa, il fait l’objet d’un rapport d’étude. Et nous réfléchissions à la possibilité de mettre à disposition des platanes." Avec une précision guère réjouissante pour le visage futur du monument : "On ne pourra pas tirer un bilan de ces expérimentations avant trois ans."
 

"Quand il n’y en aura plus, il faudra pouvoir se regarder dans une glace"

Fer de lance de la fronde des maires l’an passé, mais aussi ardent défenseur de la solution préventive, le maire de Sallèles-d’Aude Yves Bastié voit approcher la nouvelle campagne d’abattage avec amertume : "J’ai eu Philippe Beuste (directeur du Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales, Ndlr) il y a une quinzaine de jours. Il attend désespérément que le ministère donne son feu vert pour lancer son expérimentation. Même si c’est lamentable, je vais continuer à me battre. Mais je n’aime pas passer pour un imbécile : il y a un an, sur la foi d’annonces que l’on m’avait faites, je disais que les expérimentations étaient imminentes...A VNF, j’ai l’impression que M. Papinutti (directeur général, Ndlr) comprend les choses. Le problème, c’est qu’à Paris, au ministère, il faut passer par 15 ronds de cuir pour qu’un dossier aboutisse. Mais si un jour, enfin, on autorise ces essais, que la solution est efficace mais qu’il n’y a plus d’arbre, il faudra pouvoir se regarder dans une glace."
En attendant, Yves Bastié veut donc, comme les autres élus, limiter les dommages : "Je m’oppose toujours aux abattages dans la traversée de la commune. Au-delà, quand les arbres sont morts et représentent un danger, bien sûr qu’il faut les abattre. Pour ma commune, en tout cas, lorsque VNF vient, un rendez-vous est pris avec un des adjoints et une personne des services techniques : et ils se mettent d’accord, arbre par arbre. »
Pour tenter de ralentir l’inexorable.

 

Le transport fluvial se cherche sur le canal du Midi

Le 19 novembre à 6h00 par Caroline Lemaître | Mis à jour il y a 23 heures

  

Jean-Marc Samuel vient d'expérimenter le premier convoi de colis lourd sur le canal du Midi. Un succès.

 Certaines premières sont plus médiatiques que d'autres. Celle de Jean-Marc Samuel ne le sera peut-être pas, elle n'en est pas moins un véritable exploit. À bord de sa péniche Le Tourmente, l'unique batelier du canal du Midi vient de réaliser le premier transport exceptionnel de colis lourd sur le canal. Ce voyage test pour vérifier la faisabilité du projet, le transport de transformateur électrique, s'est parfaitement déroulé. "Cela a été possible grâce à un partenariat entre VNF, EDF, le transitaire, la région Aquitaine et ma société L'Équipage", explique Jean-Marc Samuel. "Le but était de vérifier le tirant d'eau et la hauteur sur tout le trajet", reprend-il.

 

  • La première fois depuis 1989

La péniche a mis 12 jours pour faire l'intégralité du parcours depuis Castets-en-Dorthe, près de Bordeaux, en suivant le canal de la Garonne, puis le canal du Midi jusqu'à Capestang. "Capestang est le pont le plus bas du canal, si ça passe à Capestang, ça passe partout", précise le batelier. Pour réaliser la simulation, la péniche était chargée de 140 tonnes de big bag de sable et surmontée d'un gabarit spécial pour reproduire le poids et l'encombrement de la charge prévue. "C'est la première fois qu'on faisait du transport de marchandises sur le canal du Midi depuis 1989, c'est historique", confie celui qui croit dur comme fer au transport fluvial depuis quinze ans. "Jusqu'à présent le transport fluvial était vu plus comme un outil de communication. Aujourd'hui, les choses bougent un peu. Les entreprises s'y intéressent vraiment et VNF réalise des études", explique-t-il. "Ma volonté est connue de longue date.

Pour EDF qui recherche des moyens de transport autre que la route, j'apporte une solution nouvelle qui répond - à la fois - à des contraintes techniques, financières et environnementales", analyse Jean-Marc Samuel. Le canal du Midi a malheureusement raté le coche du gabarit Freycinet, à la fin du XIXe siècle, qui a normalisé l'ensemble des canaux pour faciliter le transport de marchandises. À l'écart de ces routes, il est devenu un lieu touristique qui a perdu sa vocation économique. L'arrivée s'est faite à Sallèles, juste à côté de la minoterie de la zone de Truilhas. Un juste retour des choses pour le batelier. "C'est le seul quai de déchargement moderne sur tout le canal du Midi ! Il a été construit en même temps que la minoterie pour permettre au blé du Lauragais d'être transformé, puis à la farine d'être acheminée vers Port-La Nouvelle, mais il n'a jamais servi", raconte Jean-Marc Samuel. Maintenant l'heure est au bilan pour envisager la suite du projet et peut-être enfin créer une filière de transport fluvial de marchandises. Jean-Marc Samuel prouve que son pari est possible.

 

 

 

Les péniches ont pris leurs quartiers quai d’Alsace, entre les écluses de Gua et de la Charité.(Photo par Jérôme Lehuby)

 

 

Sur la Robine, seul le bief de Mandirac a été entièrement vidangé.(Photo par Jérôme Lehuby)

 

 

 (Photo par Jérôme Lehuby)

 

Depuis le 2 novembre et jusqu’au 24 décembre, les Voies Navigables de France (VNF) procèdent au chômage des canaux. L’occasion de réaliser des travaux sur les ouvrages.  

Depuis les Barques, difficile de ne pas remarquer l’état quelque peu inhabituel de la Robine. Plus aucune embarcation n’y vogue et surtout le niveau est extrêmement bas. Pas d’inquiétude. Le Canal est simplement... au chômage. Comme tous les ans, pour une période de deux mois. Explications avec Jacques Noisette, le responsable de la communication à la direction territoriale Sud-Ouest de VNF (Voies Navigables de France).

Qu’est ce que le chômage du canal et à quoi sert cette période ? Chaque année, à la fin de la saison touristique, les canaux du Midi, de Jonction et de la Robine sont fermés à la navigation. Cela nous permet d’effectuer des travaux qu’on ne peut pas faire lorsqu’il y a de l’eau ou des bateaux. C’est ce qu’on appelle le chômage du canal. Cette période dure deux mois, de début novembre à fin décembre. Certains biefs (secteurs entre deux écluses, ndlr) sont vidangés ou abaissés, et d’autres sont maintenus en eau. C’est dans ces derniers que sont placés les bateaux et les poissons.

Quels sont les travaux programmés cette année ? Sur le Canal de Jonction, plusieurs travaux d’entretien sont prévus. Pour les écluses de Truilhas et d’Argeliers, il s’agit de remplacer les “crics de vantelles” (ce sont les mécanismes qui permettent d’actionner les petites portes laissant passer l’eau). D’autre part, les écluses d’Empare et de Saint-Cyr feront l’objet d’un diagnostic d’étanchéité. En ce qui concerne la Robine, nous renforcerons les portes de garde (ces portes servent à protéger l’ouvrage en cas de crues de l’Aude) à l’écluse de Moussoulens et des conversions d’huiles seront effectuées aux écluses de Raonel, du Gua et de la Charité (cette dernière bénéficiera également d’un nettoyage des portes et du terre-plein ainsi que d’une mise en conformité électrique).

En quoi consiste le programme de conversion d’huiles ? Il s’agit d’un programme mis en place par VNF depuis trois ans pour répondre à un souci de développement durable et de respect de l’environnement. Il consiste à changer les huiles et lubrifiants par des huiles biodégradables. Cela permet de protéger la biodiversité du canal en cas d’accident ou de fuite. L’objectif : que l’ensemble des ouvrages soient convertis en huiles biodégradables d’ici fin 2015. Les deux tiers du programme seront achevés cette année.

Qu’en est-il de la qualité de l’eau ? Des analyses de l’eau sont régulièrement effectuées par la DREAL (la Direction Régionale Environnement Aménagement Logement). D’après les résultats que nous avons, l’eau est assez moyenne. Mais, si elle n’est pas forcément excellente, elle ne contient pas de métaux lourds. Les seules pollutions constatées sont dues aux végétaux présents dans le canal et aux rejets des bateaux. La meilleure preuve de la qualité de l’eau est la présence des poissons. Justement, qu’arrive t-il à ces poissons pendant le chômage ? Nous travaillons en collaboration avec la Fédération de pêche qui vient récupérer une grosse partie des poissons dans les biefs vidangés ou abaissés pour les mettre dans les biefs restant en eau.

Quels types d’objets trouve-t-on le plus souvent dans le canal ? En général, les divers objets que l’on peut repêcher sont signalés par les bateaux qui les touchent, on les récupère au fur et à mesure. On trouve beaucoup de gravats, des morceaux de briques. En ville, ce sont des barrières, des poubelles, mais aussi des canapés, machines à laver ou rouleaux de moquette...

Rien d’autre... ? Je vois où vous voulez en venir... Non, pas de corps. Ce n’était pas dans le secteur de la Robine mais il nous est arrivé de vider un bief sur commission rogatoire. Mais, en général, les corps remontent rapidement à la surface ».

Pour en savoir plus sur les trouvailles de l’année 2014, il faudra attendre la fin du chômage, prévue le 24 décembre.

Une soixantaine de péniches déplacée vers le quai d’Alsace

A la régie du port fluvial à Narbonne, c’est une période chargée. Une soixantaine de péniches à déplacer, ce n’est pas une mince affaire.

« C’est un gros chantier sur une semaine et demie », explique Franck Milone, le capitaine responsable du port fluvial. Avant le début du chômage, les dizaines d’embarcations amarrées sur le quai Vallière, entre l’ancien Vox et le quai Dillon ont en effet dû être déplacées vers le quai d’Alsace. L’endroit offre tout le confort nécessaire - branchement en eau et en électricité - pour les propriétaires des péniches, dont « les trois-quarts y vivent à l’année », précise le capitaine. Les embarcations retrouveront leur emplacement initial début janvier.

 Narbonne : 12.000 euros à des étudiants de Toulouse pour sauver les platanes 

 

 

 

Sauver les platanes, et particulièrement ceux du canal du midi du virus du chancre coloré : voilà le programme Subti'Tree de l'association iGEM à Toulouse.

Un groupe d'étudiants en microbiologie de l'Institut national des sciences appliquées de Toulouse compose l'association iGEM Toulouse 2014. L'objectif de ses recherches : développer une bactérie capable de tuer le champignon du chancre coloré.

Les étudiants, qui ont baptisé leur programme Subti'Tree, présenteront leur projet en novembre prochain à Boston, dans le cadre d'un concours international.

Le principe du traitement pensé par les jeunes de l'Insa : optimiser et développer une bactérie présente dans la sève des platanes, Bacillus subtilis, en la rendant capable de s'attaquer au chancre coloré. Cette bactérie ne peut transmettre son identité génétique aux autres cellules vivantes de l'arbre, et le programme respecte les normes environnementales.

Voies navigables de France (VNF) a décidé d'attribuer une subvention de 12 000 euros à l'association toulousaine pour l'aider dans l'aboutissement de ses travaux. Rappelons que le chancre coloré menacé les 42 000 platanes du canal du Midi et que des campagnes d'abattage ont été engagées pour limiter la progression de la maladie.

Avec les plantations mises en œuvre et la prochaine expérimentation (début 2015 a priori) menée par le Cetev de Toulouse sur les arbres malades, ministère de l'Agriculture, VNF et collectivités territoriales apportent des premières réponses. La solution préconisée par les étudiants pourrait constituer une nouvelle piste "pour la mise en place d'un processus". Et ainsi sauver des centenaires qui nous sont chers... Parviendra-t-on à sauver les platanes encore debout, le long du canal du Midi ?

 Canal du Midi : 1 000 arbres plantés d'ici mars 2015 mais encore 500 à abattre

 

  

 

Voies navigables de France a ouvert le marché pour la campagne de replantation de l'hiver 2014. Dix sites concernés d'Alzonne à Béziers. Après un premier semestre 2014 marqué par la fronde des élus contre des campagnes d'abattages jugées excessives, les Voies navigables de France (VNF) lanceront, en octobre 2014, des chantiers éminemment plus populaires. Le 23 juillet, VNF a ouvert les appels pour les marchés publics de "renouvellement des plantations du canal du Midi et ses annexes". Des opérations qui, depuis 2006, tentent, tant bien que mal, de répondre à l'inexorable progression du chancre coloré et les abattages en nombre : depuis 2006, quand 7 600 platanes malades ou menacés par l'épidémie sont tombés, 1 247 sujets ont ainsi été plantés en maigre compensation.

A Marseillette, Homps, Puichéric, Trèbes

Entre octobre 2014, avec la réalisation des fosses pour les nouveaux sujets, et mars 2015, où la plantation devrait être achevée, ce sont cette fois 925 arbres qui vont de nouveau occuper les berges. Près d'un millier de plants répartis sur dix sites, entre Aude et Hérault. Trois lots font l'objet d'un avis de publicité : de Castelnaudary à l'écluse de Marseillette, 242 arbres sont prévus pour les sites de l'écluse de Béteille (Alzonne), du pont aqueduc de l'Orbiel (Trèbes) et, enfin, au cœur de Marseillette ; de l'écluse de Marseillette à la Cesse, en incluant les canaux de jonction et de la Robine, ce sont cette fois 150 sujets, du micocoulier à l'orme, en passant par le chêne à feuilles de châtaignier, qui sont programmés à Puichéric, à l'écluse de Jouarres (Homps) et à Paraza. Le 3e lot, de la Cesse à Marseillan, se taille la part du lion, avec 533 plants destinés à deux sites héraultais, Colombiers et les neuf écluses de Fonséranes, à Béziers, destinataires à elles seules de 318 arbres.

318 arbres aux neuf écluses de Fonséranes

Un 'privilège' expliqué par les critères qui guident VNF pour le choix des sites bénéficiant des opérations de renouvellement de plantations : "L'ancienneté des abattages est prise en compte, explique Jacques Noisette, en charge de la communication à VNF. La nature du terrain, et les lieux qui favorisent une repousse plus rapide, est aussi prise en compte. Mais la 'qualité' du site est privilégiée : les traversées de villages ou les sites remarquables en matière patrimoniale font l'objet d'une attention particulière pour ces replantations." Une priorité affichée pour tenter de sauvegarder un ouvrage classé au patrimoine mondial de l'Humanité. Une chère ambition : le coût global des plantations est chiffré à 54 M€ (*). (*) Avec les abattages (68 M€), la défense des berges (72 M€) et les mesures de protection (6 M€), le coût global du projet de préservation du canal est chiffré à 200 M€. Trèbes, à nouveau concerné, au pont aqueduc de l'Orbiel.

Du mûrier blanc au micocoulier de Provence

Validé en 2012 par la Commission supérieure des sites, perspectives et paysages, le cahier de référence pour la restauration du canal du Midi “découpe” l’ouvrage en une dizaine de secteurs : pour chaque partie, des essences seront favorisées. Les plantations pour l’hiver 2014-2015 sont composées de huit essences : ormes, Platanor (platanes hybrides résistants au chancre), chênes à feuilles de châtaigniers, cyprès, olivier, mûrier blanc, noyer commun, micocoulier de Provence ou encore peuplier blanc figurent parmi les arbres que les entreprises en charge des marchés devront planter. Des choix qui, explique Jacques Noisette, sont également dictés par le pragmatisme : « Certaines espèces sont plus difficiles à trouver. C’est aussi une question de disponibilité des plants. » Pour preuve, les visites dans des pépinières européennes que prévoit le marché pour trouver les végétaux. Associé au projet de rénovation du canal dans le cadre d’un protocole d’accord avec VNF, le conseil général de l’Aude fournira, par le biais de ses pépinières, les peupliers blancs.

Encore 500 arbres à abattre

Interrompues au cours de l’été, les opérations d’abattage 2014 reprendront le 18 août : 500 platanes touchés par le chancre coloré doivent encore être sacrifiés. Une solution qui devrait encore durer. Le ministère de l’Agriculture n’a toujours pas donné son feu vert pour expérimenter le “vaccin” qui pourrait enrayer l’épidémie.

 

Canal du midi : la Région épaule les maires contre les abattages

 

 

 

Les berges du Canal du Midi, vierges de tout platane, vues du pont de Paraza.

 

Les élus de Roubia, Paraza, Homps et Argens, accompagnés de Christian Lapalu, étaient reçus à l'hôtel de Région à Montpellier mercredi dernier pour parler des abattages.

Bien connu dans le Lézignannais pour sa hargne et sa passion sur un terrain de rugby, l'actuel coprésident du FCL XIII et maire de Ventenac-Minervois n'a rien perdu de ces valeurs. Son combat contre les abattages des arbres sains le long du Canal du Midi commence à porter ses fruits. Dans de nombreux villages, ces abattages sont suspendus, et Voies Navigables de France (VNF) demande désormais l'autorisation à chaque premier magistrat quand il est question d'abattre des arbres le long des berges.

Christian Bourquin au soutien

Comme dans un sport collectif, le combat contre la destruction des berges du Canal du Midi ne peut se faire seul. Christian Lapalu l'a bien compris, multipliant les courriers aux maires des départements de l'Aude, de l'Hérault et de la Haute-Garonne (1370 communes contactées), ainsi qu'à de nombreux ministres, députés et sénateurs. Ce travail a porté ses fruits, puisque Christian Lapalu, accompagné d'élus de la Communauté de Commune de la Région Lézignanaise Corbières et Minervois (Émile Delpy, René Lazes et Gérard Boussieux, maires de Paraza, Argens et Roubia, ainsi que du 1er adjoint d'Homps), s'est rendu à l'hôtel de Région de Montpellier, suite à l'invitation du président Christian Bourquin. Entourés d'autres élus dont les communes jouxtent le Canal du Midi, notre délégation locale a pris acte du message fort porté par la Région Languedoc-Roussillon : Ne pas laisser VNF abattre les arbres sains. "La Région va peser, travailler, et représenter les communes pour lutter contre les abattages, et améliorer la replantation sur les berges déjà touchées", a expliqué en substance Christian Bourquin.

Une avancée et un agenda

Une autre réunion est prévue, avec le conseil général de l'Aude, qui lui aussi, va apporter son soutien. Pour Christian Lapalu, "il semble que VNF a pris conscience de la volonté des maires de sauvegarder leur patrimoine. L'arrivée à nos côtés du conseil général et du conseil régional nous permet d'avoir beaucoup plus de poids face à VNF". L'État est le prochain interlocuteur sur la liste, puisque l'ancienne sous-préfète de l'Aude Marie-Paule Bardèche est missionnée par le préfet de région pour s'établir en médiatrice dans ce dossier sensible. D'autres réunions sont d'ores et déjà prévues, avec comme sujet les plantations dans les intervalles, l'arrêt de la destruction des souches des platanes abattus (qui détériore la berge) et la question de l'urbanisation autour du Canal du Midi.

 

Le Canal du Midi malade de ses platanes

 in Sciences & Avenir

 Canal du Midi : le moratoire de VNF à l’épreuve des experts

 

 

Un comité scientifique va désormais se réunir pour étudier le périmètre d’abattage des platanes le long du canal du Midi. PHOTO/CLAUDE BOYER

 

Devant la fronde des maires, VNF n’abat plus que les arbres malades. Un comité scientifique va se réunir pour étudier le périmètre d’abattage.

L’apaisement après la polémique... En décembre, plusieurs maires de l’Aude et de l’Hérault ont dénoncé l’abattage massif des platanes du canal du Midi contaminés par le chancre coloré, quand Voies navigables de France (VNF) a présenté sa nouvelle campagne de coupe à la mi-février et à la mi-avril. Les maires mettent en cause l’abattage d’arbres sains situés autour des malades pour éviter la propagation de la maladie. Devant cette fronde, VNF a adopté un moratoire qui suspend la coupe d’arbres dans les zones de prophylaxie. « Cet hiver nous n’avons abattu que des arbres visuellement malades, a expliqué hier Patrick Butte, directeur territorial de VNF à Toulouse. 1 200 platanes ont été coupés sur les 1 700 prévus. Nous avons différé l’abattage des arbres situés à proximité pour faire comprendre notre stratégie. Chaque maire sera contacté pour valider les arbres qui seront abattus." 

7 600 arbres ont été abattus

Depuis la découverte de la maladie en 2006, 7 600 arbres ont été abattus parmi les 42 000 platanes du Canal du Midi. Seulement 1 247 arbres ont été replantés depuis 2011 et 1 200 le seront l’hiver prochain. VNF plante différentes espèces dont le platanor, un hybride résistant, le tilleul argenté, le peuplier blanc, le carya, etc. À Trèbes, 51 des 164 platanors plantés ont dû être remplacés il y a quelques semaines. Ils n’auraient pas pris à cause d’un déficit en eau précoce. Mais à Villedubert, les 210 tilleuls argentés ont bien pris. Pour le moment, la maladie ne dépasse pas Castelnaudary, probablement parce qu’il y a moins de bateaux vers Toulouse. Ceux-ci propagent la maladie en s’arrimant aux berges.

Devant la fronde des élus, le préfet de Midi-Pyrénées, qui est le coordonnateur du Canal, a décidé de réunir le comité scientifique composé d’une vingtaine d’experts de la maladie et de représentants de l’État. Le comité se réunira « courant avril », puis le préfet ou le ministère de l’agriculture prendront une décision. VNF espère qu’elle interviendra avant la prochaine campagne de coupe, de fin août à mi-novembre. Mais l’on voit mal comment le comité scientifique pourrait changer d’avis. Il s’est déjà réuni en 2008 et 2011. Il a agrandi la zone de prophylaxie à 50 mètres autour des foyers de maladie « parce que l’on s’était aperçu que 20 ou 30 mètres ne suffisaient pas », dit Émilie Coulet, chargée de l’environnement à VNF.

La maladie, qui progresse vite, se transmet par les racines enchevêtrées. « Quand on coupe des arbres visuellement sains, on s’aperçoit souvent qu’ils avaient la maladie dans la souche », dit Patrick Butte. Autre demande forte des maires, la recherche de traitements contre la maladie sera prise en compte. VNF a reçu plusieurs propositions et transmis trois protocoles scientifiques au ministère de l’agriculture. Parmi ceux-ci, le Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev) de Toulouse veut expérimenter la micro-injection de fongicides, dont il a transmis une liste le 16 février. Le ministère de l’agriculture estime que cela mérite un approfondissement et VNF mettra à la disposition des sites d’expérimentation.

Mais les premières évaluations ne sont pas attendues avant trois ans et les abattages se poursuivront pendant ce temps.

220 M€ sur 20 ans

L’abattage et la replantation des platanes du canal du Midi sont estimés à 220 M€ sur 20 ans par VNF, dont un tiers à la charge de l’État et de VNF, un tiers des collectivités locales et un tiers de « financements innovants », dont 30 M€ attendus du mécénat. VNF communiquera les résultats de la campagne de mécénat avant l’été. L’établissement n’a fait appel aux collectivités locales qu’à partir de 2013. Seul le Conseil régional du Languedoc-Roussillon a apporté 711 000 € pour le 2e semestre 2013. Le conseil général de l’Aude n’a pas payé mais il met sa pépinière à la disposition de VNF. Celui de l’Hérault paiera en 2014. VNF a donc financé l’essentiel des 11 M€ dépensés depuis le début. La replantation coûte cher car VNF a choisi des arbustes assez grands pour reverdir les berges : les plants de 3 à 5 mètres coûtent de 500 à 700 €. Plus, de 600 à 1 000 € selon les essences.

 Narbonnais : le traitement expérimental des platanes va commencer

 

 

 

Philippe Beuste, le directeur du Cetev, espère guérir des arbres encore peu touchés par la maladie. PHOTO/Ph. L.

 

Cette fois, on y est. Après des mois de procédures, le ministère de l'Agriculture a donné son aval au Centre d'expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev) pour le traitement expérimental des platanes touchés par le chancre coloré. L'affaire passe donc enfin de la revendication politique à la concrétisation scientifique : jeudi 13 mars, la plupart des médias locaux se sont ainsi retrouvés à Sallèles, au bord du canal, pour en savoir davantage sur cette méthode susceptible de sauver des milliers d'arbres de l'abattage.

300 platanes sur trois ans

Directeur du Cetev, Philippe Beuste est d'abord un chercheur. L'homme n'est pas là pour susciter de faux espoirs ou vendre quelque recette miracle. Alors il annonce d'emblée la couleur : "Ce n'est pas un vaccin, vous pouvez rayer ce mot. Un arbre n'est pas un être humain". De même, le Cetev "n'a pas concocté un remède inédit" pour l'occasion. "Nous allons employer des produits phytosanitaires homologués, présents sur le marché depuis 1977", explique Adeline Rénier, docteur en physiologie végétale. "Ils sont utilisés pour enrayer des maladies proches du chancre, mais n'ont jamais été testés sur le chancre lui-même".

Avant de se lancer, l'équipe du labo a d'abord étudié de près ce champignon ravageur. "Nous avons cherché des moyens de détecter un arbre malade le plus tôt possible, à son seul aspect visuel", indique Philippe Beuste. "Nous avons aussi travaillé sur l'ADN du chancre coloré, afin de mieux connaître ce parasite". Des traitements sont ensuite testés en laboratoire : il y aura "de bons résultats".

C'est sur cette base que le Cetev mènera son expérimentation de terrain. Le début est imminent, mais on ne saura ni dates, ni lieux. "Nous allons consulter les plans de VNF pour déterminer nos zones d'action", poursuit le responsable. "Réaliser un essai officiel nécessite un échantillon d'arbres représentatif". Soit, le plus souvent, un platane condamné entouré de congénères potentiellement atteints. "On ne soignera pas les arbres lourdement touchés", avertit Philippe Beuste. "Il s'agit d'un traitement préventif et curatif à un stade précoce, c'est-à-dire un stade où la maladie est visible sur les feuilles mais pas encore sur l'écorce".

Entre 200 et 300 platanes seront ainsi traités durant trois ans, durée nécessaire pour juger de l'efficacité du process. Mais le directeur est déterminé : "En laboratoire, quand on met le champignon au contact de ces produits, il meurt". Une bonne raison d'y croire.

 Narbonne : ce laboratoire qui pourrait sauver les platanes

 

 

 

Un travail de longue haleine. PHOTO/Ph. L.

 

Né en 2006, le Centre d'expertise en techniques environnementales et végétales est basé à Le Faget, village du Lauragais situé à une trentaine de kilomètres de Toulouse. Agréé par le ministère de l'Agriculture, il fait l'objet de contrôles réguliers. Sa spécialité ? "Mettre au point des méthodes de lutte et des traitements préventifs à l'encontre de maladies, pathologies ou parasites touchant le monde végétal en zone non agricole".

Ce domaine d'activité a valu au Cetev d'être mandaté par VNF en 2008, alors que le chancre coloré commençait à faire parler de lui. "Nous devions alors cerner la progression de la maladie le long du canal", explique le directeur Philippe Beuste. "J'ai prospecté durant deux ans, y compris d'ailleurs à Sallèles". Cette période offre au responsable une première opportunité d'"analyser le problème, le fonctionnement du champignon, les circonstances de son arrivée, sa propagation…" Partir en quête d'un traitement devenait la suite logique : le staff du Cetev se met au travail dès 2010.

Quatre ans plus tard, tout est enfin réuni pour confronter le fruit de ces recherches au milieu naturel. "Nous n'inventons rien", insiste Philippe Beuste. "On ne fait qu'appliquer des protocoles officiels". Certes. Mais sur un terrain où personne ne s'était encore jamais aventuré.

 Traitement par micro-injections

 

Le dispositif de cette expérimentation est inversement proportionnel à son enjeu. "Nous injecterons les différents produits directement dans le tissu du bois", détaille Adeline Rénier. "En fait, on parle ici de micro-injection : l'aiguille n'est pas plus grosse que celle utilisée pour une prise de sang".

Le Cetev a d'ailleurs conçu de toutes pièces un équipement spécifique : "Une machine permettant d'introduire l'aiguille en faisant le trou le plus petit possible. Un trou trop large, c'est une porte d'entrée pour le chancre !" Un exercice de grande précision, quasiment chirurgical. "Il faut injecter le traitement dans le bon arbre, au bon endroit, au bon moment", résume Philippe Beuste.

Seul point noir : "Même si ça marche, nous serons obligés d'abattre quelques arbres soignés pour pouvoir faire valider scientifiquement le résultat".

 Narbonnais : le traitement des platanes va commencer

 

 

 

Pourra-t-on guérir certains arbres du chancre coloré ? PHOTO/PHILIPPE LEBLANC

 

C'est fait : le ministère de l'Agriculture vient d'autoriser les scientifiques du Cetev à entamer un traitement expérimental sur les platanes du Canal du Midi touchés par le chancre coloré. Ce jeudi 13 mars, à Sallèles d'Aude, plusieurs membres du laboratoire ont ainsi détaillé les modalités de cette étape très attendue.

Le traitement, à base de produits phytosanitaires, sera introduit par micro-injections dans le tissu d'arbres encore seins ou récemment atteints par la maladie. Trois cents platanes "participeront" à cette expérimentation étalée sur trois ans : une durée nécessaire pour jauger de l'efficacité de cette méthode sur le long terme.

 Canal du Midi : Christian Lapalu obtient la sauvegarde des arbres sains

 

 

Toute la rive gauche a été défigurée par les abattages de VNF(Photo par G.C.)

 

Le co-président du FCL, très actif sur le front de la lutte contre l'abattage des platanes jouxtant les arbres atteints par le chancre coloré, a vu VNF abandonner son plan.

La semaine dernière Marc Pappinutti, président de Voies Navigables de France (VNF) a annoncé : "Les abattages préventifs systématiques autour des arbres malades sont suspendus"Il explique son revirement par la fronde de nombreux maires de communes touchées par les abattages. Au centre de cette mobilisation, l'ancien joueur, du FCL XII et maire de Ventenac en Minervois, Christian Lapalu. Depuis plusieurs mois, l'édile bien connu à Lézignan se démène pour limiter les abattages qui ont défiguré de nombreuses communes, dont la sienne. "Je sentais le manque de sérénité des gens de VNF, confie-t-il. Personne n'avait de vraies réponses. Scientifiquement, rien ne justifie l'abattage des 6 à 7 arbres de part et d'autre d'un platane contaminé". Ses courriers à tous les maires et à tous les parlementaires des trois départements traversés par le Canal (Aude, Hérault et Haute-Garonne) ont porté leurs fruits. Ainsi, en plus des très nombreuses délibérations de soutien en provenances des communes qu'il reçoit tous les jours, il a obtenu un rendez-vous capital avec le conseiller du Premier Ministre à Matignon.

Grâce à la suspension de cette mesure, les arbres centenaires* dont l'ombre apaise les chemins de halage du Canal du Midi peuvent espérer un sursis de plusieurs années. "Cela va aussi permettre de baisser le budget abattage et donc de remonter celui des plantations de nouvelles essences dans les intervalles et les cœurs de villes, explique Christian Lapalu, et surtout cela nous donne le temps d'envisager et d'expérimenter d'autres solutions contre le chancre coloré".

Problème d'urbanisme autour du Canal

Ce premier dossier étant provisoirement réglé, celui qui se fait parfois appeler «M. Platane» par ses amis peut se consacrer à son second cheval de bataille : la lutte contre le périmètre de 500 mètres autour du Canal, dans lequel il est presque impossible de faire construire. "Dans cette zone-tampon, les règles sont si strictes qu'elles découragent toute implantation. Pourtant, les villages sont les acteurs essentiels du Canal, et devraient être associés à son développement. Ici à Ventenac, cette rigidité réglementaire a fait perdre plus d'1 million d'euros, et presque autant à l'économie locale".

Dans l'esprit de Paul Riquet**, le Canal était d'ailleurs complètement adapté à la vie des villages qu'il traversait. Ses utilisations étaient nombreuses, de la pêche aux jeux nautiques lors des fêtes municipales, en passant par les lavoirs fréquentés par femmes et enfants.

Si VNF semble privilégier un principe de précaution exagéré à l'extrême, il faut garder à l'esprit que la préservation du Canal du Midi est primordiale pour notre région. Elle sauvegarde l'environnement, tout en maintenant le tourisme, pilier incontournable de l'économie locale.

 

*L'âge des platanes du canal est estimé à 125 ans pour une espérance de vie de 250 ans. Toute la rive gauche du canal a été mise à nue par les abattages de VNF.

** Pierre-Paul Riquet a conçu et réalisé le canal du Midi.

 Canal : seuls 40 arbres seront abattus à Carcassonne

 

 

 

Voies navigables de France (VNF) avait annoncé son intention d'abattre 140 platanes bordant le canal du midi, à Carcassonne. Ces arbres étaient considérés comme atteints par le chancre coloré ou en voie de l'être. Quelques arbres sains situés de chaque côté des foyers devaient aussi être abattus par précaution.

Mais l'intervention du sénateur Roland Courteau auprès des conseillers du ministère de l'Agriculture et de Matignon a infléchi la position de plusieurs élus, dont Jean-Claude Pérez. Vendredi dernier, le député-maire de Carcassonne avait déclaré que seuls les arbres présentant un danger pour la sécurité des gens seraient abattus.

Ce lundi, Michel Cornuet, adjoint à l'environnement, a précisé que seuls "40 arbres seront abattus à Carcassonne, dont 27 qui sont morts (11 route minervoise en face du quai Riquet, 8 au niveau de la Someca, et 8 à l’écluse Saint-Jean), et 13 qui présentent les signes d’une attaque irréversible. Pour les 100 autres, il faut fixer un moratoire".

 Canal du Midi : "Nous suspendons l’abattage préventif" des platanes

 

 

Marc Papinutti. (Photo DR)

 

Marc Papinutti, directeur général de VNF, répond aux maires hostiles à une lutte radicale contre le chancre. 

La probable expérimentation d’un vaccin contre le chancre a conduit beaucoup d’élus à réclamer un arrêt de l’abattage. Tenez vous compte de ce qu’ils disent ?

J’écoute les demandes des élus. La règle, fixée par arrêté, était d’avoir des abattages préventifs systématiques autour des arbres malades. Des maires hostiles à cette pratique m’ont contacté. J’ai convenu avec eux de n’abattre que les arbres dangereux, c’est-à-dire les arbres morts.

Il n’est donc plus question d’abattre des arbres sains inclus dans un périmètre de 50 mètres de part et d’autre de l’arbre infesté ?

Je dis que j’ai suspendu ces abattages de précaution. Je n’ai pas dit qu’il n’y en aura plus. Je les ai suspendus parce que la période n’est pas la plus propice pour y procéder, en raison des réactions hostiles. Mais il faudra que je respecte les règles de prophylaxie qu’impose l’arrêté préfectoral.

Des arbres peuvent ne pas être morts mais présenter des signes d’infection. Seront-ils épargnés ?

Il y a plusieurs étapes dans la maladie. Le stade extrême où l’arbre est mort, ses branches risquent de se détacher. Ceux-là seront abattus. Puis il y a les arbres qui présentent les signes de la maladie et ceux qui sont encore sains mais qui se trouvent dans le périmètre de protection. Pour ces deux catégories, nous suspendons l’abattage.

Cette suspension est bien sûr valable sur la totalité du canal...

Pour l’instant mes services l’appliquent sur trois communes : Castelnaudary, Carcassonne et Sallèles-d’Aude.

Mais ce ne sont pas les seules à être concernées par les chantiers d’abattage. Pourquoi elles et pourquoi pas les autres ?

Parce qu’il y a des sites qui provoquent beaucoup de réactions, notamment lorsque le canal passe en centre-ville, et d’autres moins. Je pense que nous avons dû manquer de pédagogie. J’ai donc accepté qu’on limite l’abattage aux arbres morts dans ces centres-villes. On a tout de même l’impression que la stratégie de VNF varie en fonction de l’attitude, plus ou moins virulente, des maires...

Non. Je vous le dis. La réactivité aux abattages préventifs se pose surtout dans les centres-villes. J’ai donc discuté avec les maires de ces communes qui ne supportaient pas l’idée de tels abattages. Trois m'ont saisi, les maires de Castelnaudary, de Carcassonne et de Sallèles-d’Aude.

Mais si d’autres élus vous le demandent, vous serez bien obligé d’opter pour la même solution...

Dans un premier temps oui. Je ne peux pas appliquer des règles différentes d’une commune à l’autre. La priorité est donc désormais la sécurité des populations et non plus l’expansion du chancre coloré...

Quand des maires veulent interdire l’abattage, je ne peux pas les ignorer. Je préfère donc temporiser, attendre que la végétation réapparaisse pour évaluer la progression et faire le point avec tout le monde.

Il y a quelques jours VNF annonçait l’abattage de 1 127 arbres d’ici mi-avril. Ce chiffre va donc être considérablement réduit.

À combien ?

Nous ne disposons pas encore de cet élément.

Vous parlez d’une suspension. Jusqu’à quand ?

Je veux contenir les foyers mais je ne veux pas être le seul à le faire. Nous voulons partager cela avec tout le monde. L’abattage n’est pas une volonté de VNF. Je préfère donc qu’il y ait un moratoire tel que je l’ai défini pour laisser du temps au débat. Je veux partager avec tout le monde les objectifs et les contraintes. S’il y a un rejet du plan d’abattage, il faut donc rediscuter.

Les résultats de l’expérimentation de ce que l’on appelle un vaccin définissent-ils votre horizon ?

J’ai simplement tout fait pour qu’on réalise cette expérimentation. Il faut que nous soyons totalement crédibles.

En stoppant les abattages préventifs, ne vous mettez-vous pas en contravention avec l’arrêté ?

J’ai un sujet auquel, il faut que je réponde. Je souhaite aujourd’hui que les enjeux et les choix soient partagés.

(Voies navigables de France est l’établissement public concessionnaire du réseau fluvial et des canaux du pays.)

 

 

 

Les commerçants du Somail se mobilisent 

 

 

Le port du Somail, étape incontournable du canal du Midi. (© D.R)

 

 

Une association de professionnels du tourisme proposent des "mesures d'urgence" aux élus concernant les platanes.

Au Somail, halte incontournable sur le canal du Midi, on suit de près les traitements apportés - ou infligés, c’est selon - aux platanes.

En première ligne, les membres de l’association Somail Bienvenue, un collectif de commerçants du hameau. Si ces derniers disent se réjouir "de voir des élus se saisir de leurs préoccupations concernant la dégradation de leur environnement", ils s’inquiètent néanmoins "des résultats escomptés, incertains et éloignés dans le temps".

"Sauvegarder l'économie et les emplois

Le collectif rappelle ainsi sa réflexion engagée dès l’été dernier, dont le fruit a déjà été communiqué aux élus audois : "Des mesures d’urgence, d’une mise en œuvre facile et peu onéreuse" pour anticiper la disparition potentielle de la voûte végétale du canal, un de ses principaux attraits - surtout lors des chaleurs estivales.

En l’espèce, l’aménagement des ports et autres haltes, avec des pergolas, des tonnelles, des aires d’accueils ou encore des fontaines.

Autant d’éléments pour compenser l’absence redoutée des platanes au cours des saisons touristiques à venir afin de "continuer d’offrir un accueil attrayant dans un environnement restauré et sauvegarder l’économie et les emplois", selon Somail Bienvenue.

 Le Canal du Midi en danger : "Il est urgent de se mobiliser!"

 

 

Pour éviter la propagation du chancre coloré, la coupe des platanes va bon train : c'est la fin des balades ombragées .(Photo par © F.P.)

 Christian Lapalu, maire de Ventenac-en-Minervois, interpelle pour stopper "l'abattage massif des platanes" et accélérer la replantation.

 

"La mort du Canal du Midi à très court terme" : telle est la prédiction de Christian Lapalu. Premier magistrat de Ventenac-en-Minervois, il dénonce "le massacre à la tronçonneuse pratiqué sur les arbres sains : pour un arbre atteint du chancre coloré, il faut en abattre 6 ou 7 de part et d'autre". Surtout, il pointe "le déséquilibre entre le budget accordé pour la coupe des arbres et celui destiné à la replantation". En ce sens, il craint "une catastrophe économique qui impactera très rapidement les trois départements traversés par le Canal du Midi".

D'autant que cette année, "10 000 arbres devront être abattus sur les 42 000 que compte l'ouvrage". Mais ce combat, il ne veut pas le mener seul. Pour être entendu, il lance un appel à la mobilisation et à la solidarité, tant aux communes, aux élus qu'aux associations et aux citoyens.

 

"Ce n'est pas une fatalité !"

 

Christian Lapalu prône ainsi "une mutation en douceur du Canal du Midi". Il ne conteste pas la nécessité d'abattre les platanes malades, "c'est une question de sécurité car ces arbres sont dangereux".

Mais il s'interroge sur les coupes massives des arbres non atteints par le chancre coloré. "Personne ne peut dire combien de temps ces platanes vont vivre : 5 ans, 10 ans, 15 ans ? Or, leur abattage représente un coût énorme qu'il faudrait diminuer pour permettre la replantation de nouvelles essences dès maintenant. S'il n'y a plus d'ombre, plus personne ne fréquentera le canal. Pourquoi ne pas replanter dans les intervalles des arbres abattus ? Cela permettrait de consolider les berges et de laisser un canal qui amène toujours de la vie et de la richesse d'ici 15 ans". Dès lors, pour Christian Lapalu, le sort du canal "n'est pas une fatalité !".

Ce serait même "une question de bon sens et de pragmatisme lié à l'économie et à l'environnement". En ce sens, il s'inquiète également "des zones tampons que l'on voudrait nous imposer : il deviendrait impossible de construire à proximité du canal. Il faut rester dans l'état d'esprit de Pierre-Paul Riquet qui préconisait de construire au plus près du canal car ce dernier joue un rôle de lien social. Il est préférable d'encadrer l'urbanisation et non de l'interdire. D'autant que certains projets sont déjà à l'étude comme la création d'une voie verte par le conseil général... La mutation du canal doit avoir lieu en prenant en compte les aménagements qui servent à sa richesse".

 

La solidarité s'organise

 

Mais ce combat pour le Canal du Midi "ne doit pas être celui d'un homme seul, car l'impact de la disparition des platanes se fera vite ressentir sur les 240 km de canal et donc sur plusieurs départements : toutes les communes doivent être solidaires !", estime Christian Lapalu.

Après avoir interpellé les pouvoirs publics et les élus lors de l'assemblée générale de l'Association des maires de l'Aude, il a récemment envoyé un courrier à toutes les communes du département audois, de l'Hérault et de la Haute-Garonne. "De nombreux maires ont voté une délibération en conseil municipal pour soutenir cette action et nous recevons des messages tous les jours à la mairie de Ventenac".

Fin 2013, Christian Lapalu, accompagné du sénateur Roland Courteau et de la député Marie-Hélène Fabre, a été reçu à Matignon par le conseiller du premier ministre. "Ce fut l'occasion de faire passer le message. Mais plus nous serons nombreux, plus vite nous ferons remonter l'information... Tout le monde doit se sentir concerné et il est urgent de se mobiliser avant qu'il ne soit trop tard", reprend-il.

 

Pour contacter la mairie de Ventenac-en-Minervois : mairie.de.ventenac.minervois @wanadoo.fr

 

 Pierre-Paul Riquet a désormais son film-documentaire

 

 

 

Bernard Le Coq, l'écrivain Michèle Teysseyre, le réalisateur Jean Périssé et Jacques de Grenier ('Un film sur Riquet'), lors de l'avant-première. PHOTO/© D.R

 

Le projet, impulsé par une association salléloise, est arrivé à terme : 'La fabuleuse histoire de Monsieur Riquet' a été projeté en avant-première à Tournefeuille.

La morale de cette aventure, c'est qu'une idée, même utopique, peut toujours se concrétiser si l'on y met suffisamment de force et de foi". Jacques de Grenier et l'association salléloise 'Un film sur Riquet' viennent d'en faire l'éclatante démonstration. Quelques années auront suffi à ces passionnés du Canal du Midi pour accomplir leur défi : donner naissance à un long-métrage consacré à Pierre-Paul Riquet.

Partis de zéro, les bénévoles ont convaincu un réalisateur (Jean Périssé) et une écrivain (Michèle Teysseyre). Un comédien a ensuite rejoint le navire, et pas des moindres : Bernard Le Coq. C'est lui qui donne sa voix au film-documentaire La fabuleuse histoire de Monsieur Riquet, dont l'avant-première a eu lieu dimanche dernier, tout près de Toulouse.

Le terme 'film-documentaire' n'a rien d'un effet de style : jamais une production de ce type ne s'est à ce point rapprochée de la narration cinématographique. Le tout sans ces reconstitutions poussives dont certains se sentent obligés d'abuser. "De cela, je ne voulais pas", lance clairement Jean Périssé. "En revanche, je tenais vraiment à conter une histoire, menée comme une véritable enquête. De Riquet, je n'en savais pas plus que la plupart des gens. C'était 'le père de la sécu' et ce type de choses, qui constituent les aspects les moins intéressants du personnage. En répondant à la proposition de l'association, j'ai eu l'opportunité d'explorer ses zones d'ombre".

De l'idée même du Canal jusqu'à sa réalisation bourrée d'obstacles, La fabuleuse histoire… tente de tirer le vrai du faux en convoquant de nombreux spécialistes dont les témoignages se répondent à un rythme haletant. Un montage ciselé à la seconde près : le résultat d'un travail d'orfèvre. "J'avais une quarantaine d'heures d'interviews", s'exclame Jean Périssé. "Le plus difficile pour moi était de donner toutes les informations sans perdre en énergie et en dynamisme".

Pour y parvenir, le réalisateur avait un autre atout dans sa manche. Une trouvaille aussi simple que géniale, qui transforme définitivement ce documentaire en véritable récit. Au lieu de rajouter simplement les commentaires de Bernard Le Coq sur les images du Canal, Jean Périssé filme en effet le comédien dans le studio d'enregistrement. "Peu à peu, il entre dans la peau de Riquet". Et pour cause : Le Coq lit aussi nombre des missives que le bâtisseur avait adressées à Colbert… 'incarné' par l'acteur François-Henri Soulié (tout aussi formidable). "Il n'y a pas de jeu à proprement parler", souligne le metteur en scène. "C'est juste une évocation, mais cela suffit pour oublier l'anachronisme du studio et pénétrer dans ces échanges de lettres". Un duel jubilatoire, point d'orgue d'une histoire fabuleusement bien racontée.

Bernard Le Coq : "Il y a quelque chose d'universel dans cet homme qui va au bout de son rêve"

Le plaisir qu'il prend à 'jouer' dans ce documentaire crève l'écran. Bernard Le Coq a vécu avec délice cette transition progressive du narrateur vers son personnage. "C'était vraiment très amusant à tourner", confie le comédien. "Jean commence par filmer des acteurs en plein travail, puis les frontières se brouillent petit à petit et les artistes s'identifient à ceux dont ils parlent"

Tout en prenant soin de ne pas aller trop loin… "Il ne fallait pas tomber dans un jeu ampoulé, théâtral dans le mauvais sens du terme", explique-t-il. "Nous avons voulu faire les choses simplement, et j'ai confiance pour cela dans l'œil de Jean car nous sommes sur la même longueur d'onde. Quand il me dit que quelque chose ne va pas, il vise toujours juste".

Une complicité de longue date, Jean Périssé ayant déjà dirigé Bernard Le Coq dans le film L'Occitanienne. Le comédien incarnait alors Chateaubriand : avec La fabuleuse histoire…, le metteur en scène lui offre d'approcher une autre personnalité hors norme. C'est d'ailleurs le parcours exceptionnel de Riquet qui a poussé Le Coq à s'embarquer au fil du canal. "Il y a quelque chose d'universel dans cet homme qui va jusqu'au bout de son rêve", confie l'artiste. 

"La force de ce documentaire tient justement dans le fait qu'il se regarde comme un film : on ne s'ennuie pas une seule seconde, et on se laisse ainsi porter par la folie de ce personnage lancé dans un projet insensé". Toutes proportions gardées, on pourrait faire aisément le parallèle avec le destin de ce long-métrage né en Narbonnais, d'un simple pari. 

Prochaine étape le 5 février prochain, date de la sortie nationale. Le réseau 'salle et essai' étant dans un premier temps privilégié, on espère que le film fera escale au cinéma du Théâtre : ce serait d'autant plus réjouissant que la salle en question est pour ainsi dire au bord de l'eau.

 

 Canal du Midi : avancée sérieuse pour la "vaccination" des platanes

 

 

Le traitement phytosanitaire du chancre coloré se prépare. (Archives)

 

Une réunion cruciale pour envisager l'option "vaccination" est programmée le 15 janvier au ministère de l'Agriculture à Paris.

"C’est une avancée sérieuse, même si ce n’est pas gagné". C’est ainsi que le sénateur Roland Courteau a commenté, jeudi soir, l’organisation d’une réunion au ministère de l’Agriculture, le 15 janvier, pour définir le protocole de traitement à mettre contre le chancre coloré qui décime les platanes du canal du Midi.

Ce traitement phytosanitaire innovant, alternative à l’abattage déjà pratiqué, est ardemment soutenu par des maires, à l’instar de Patrick Maugard, à Castelnaudary, et Yves Bastié, à Sallèles-d’Aude.

Incidence du traitement

Le 15 janvier, des représentants de Voies navigables de France, gestionnaire ; du Cetev (Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales) ; de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et du ministère de l’Agriculture, pilote de l’opération, étudieront les zones à traiter, le calendrier, mais aussi l’incidence du traitement sur l’environnement, les riverains et les professionnels qui auront la charge de l’appliquer. "C’est à partir de ce protocole que la deuxième étape s’enclenchera, notamment la mise en œuvre opérationnelle, en liaison avec les élus locaux", souligne le parlementaire audois, qui a ardemment soutenu le dossier à Paris.

 Le Canal du Midi a ses premières entreprises mécènes

 

 

VNF abat aussi des platanes sains proches des malades. PHOTO/Archives L'Indépendant

 

VNF a lancé le Club des entreprises mécènes du Canal du Midi. A ce jour, onze sociétés ont donné dont EADS, la coopérative Arterris et Val d'Orbieu.

Après les publicités en direction du grand public, la campagne de dons pour replanter les platanes malades du Canal du Midi s'attaque au milieu professionnel. Le Club des entreprises mécènes du canal a été lancé avant-hier dans les salons de la chambre de commerce de Toulouse par Marc Papinutti, directeur de Voies navigables de France (VNF), et René Bouscatel, président du Stade Toulousain et du club. Il est flanqué de deux vice-présidents, le sénateur-maire de Revel, Alain Chatillon (UMP), auteur d'un rapport sur la sauvegarde du canal en 2012, et le maire de Blagnac Bernard Keller (PRG).

"Le Club des entreprises mécènes comprend déjà une dizaine d'entreprises s'engageant à apporter entre 2 500 et 50 000 euros pour sauvegarder le Canal auquel elles sont viscéralement attachées", a indiqué René Bouscatel, sans révéler le montant récolté. Parmi celles-ci figurent le groupe d'aéronautique EADS à travers sa filiale spatiale Astrium dont les locaux toulousains bordent le canal, la coopérative agricole Arterris du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, le Crédit agricole du Languedoc, l'entreprise toulousaine de matériaux de construction Malet, le groupe viticole Val d'Orbieu, la société d'énergie renouvelable Raz, le fournisseur d'équipements de laboratoires VWR et des acteurs du canal : trois loueurs de bateaux (Le Boat, Les Canalous et Locaboat Holidays) et le constructeur et loueur Nicols.

Il en faudra beaucoup d'autres pour atteindre l'objectif de VNF de récolter 30 millions d'euros en quinze ou vingt ans. Mais c'est un début. Après les campagnes de publicité de l'été et de l'automne, VNF annonce avoir reçu de nombreux dons de particuliers de 50 à 70 euros, qui sont déductibles des impôts à 66 % (60 % pour les entreprises). L'établissement public communiquera les montants recueillis début 2014, mais Marc Papinutti estime que "80 % des recettes du mécénat devraient venir des entreprises".

200 millions d'euros

"En tant qu'acteur sur le terrain, les entreprises locales ont un rôle majeur à jouer dans la sauvegarde du canal", a indiqué Marc Papinutti. Les entreprises touristiques de la région tireront un bénéfice direct de la sauvegarde du canal. Les autres auront "un retour en terme d'image", mais il reste à en préciser la forme car il n'est pas question d'installer des panneaux publicitaires le long du canal classé à l'Unesco.

Le club permet de rassembler les entreprises donatrices, qui pourront y nouer des relations. L'arrachage et la replantation des 42 000 platanes du Canal du Midi coûtera 200 millions d'euros sur 20 ans selon VNF. L'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) a partagé la facture en trois tiers entre l'Etat, les collectivités territoriales et les "financements innovants" dont le mécénat. Si le mécénat apporte 30 millions d'euros, ce qui n'est pas assuré, il restera encore à trouver 40 millions de financements "innovants". "Les agences de l'eau pourraient compléter le mécénat et l'instauration d'une taxe de séjour est en réflexion", a estimé Marc Papinutti dans le passé. Enfin, les collectivités territoriales devront payer 70 millions d'euros environ, dont 60 millions en Languedoc-Roussillon et 13 en Midi-Pyrénées. 

 

Canal du Midi: un vaccin pour les platanes sera testé à Castelnaudary et à Sallèles d'Aude

 

 

Si l'expérience est concluante, des milliers d'arbres pourront être sauvés. PHOTO/CLAUDE BOYER

 

 

Au printemps prochain, un vaccin contre le chancre coloré qui touche les platanes du Canal du Midi sera testé à Sallèles-d'Aude et à Castelnaudary. Une délégation audoise a présenté jeudi à Matignon, à un conseiller spécial du Premier ministre, l'expérimentation du CETEV de Toulouse que le maire de Sallèles-d'Aude, Yves Bastié, soutient depuis des lustres, avec notamment l'appui de son collègue de Castelnaudary Patrick Maugard. Voies navigables de France (VNF) a donné son accord pour que ce test soit lancé.

Il faudra toutefois deux à trois ans pour que cette expérience livre ses résultats.

Le chancre coloré a condamné cette année 3000 arbres et concerne plus de 10000 platanes sur les 42000 du tracé.

 

Replantons le Canal du Midi

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Des chercheurs affirment être proches d'un vaccin pour les platanes du Canal du Midi.

 

 

 

 

Un centre de recherche de Toulouse, le CETEV, affirme avoir avancé sur la mise au point d'un vaccin contre le chancre coloré. Pour le valider, il faut le tester sur les arbres du canal. VNF semble s'y opposer.

Le bilan de la campagne 2013 d'abattage des platanes du canal du Midi est sans appel. 3 000 arbres auront été coupés et brûlés cette année. 10 000 sur les 42 000 platanes, qui font le décor bucolique de l'ouvrage de Riquet, seraient atteints par le chancre coloré débarqué accidentellement des caisses de munitions américaines en 1945.

 

Plusieurs essences pour les plantations

Le principe adopté pour la replantation, est la diversité des essences afin d'éviter de reproduire le même problème connu aujourd'hui avec le chancre coloré s'attaquant aux seuls platanes. 60 % du linéaire sera replanté avec des essences éprouvées dans la région (chêne chevelu, orme résistant, peuplier blanc, micocoulier, pins, cyprès...). Pour les 40 % de linéaire restant, VNF sélectionnera une essence dite jalon à choisir parmi une liste de 7 espèces venant essentiellement d'Amérique du nord et de Turquie (pacanier, carya à feuille cordée, chêne des canaries, copalme d'orient, chêne à feuille de châtaignier...). Le choix de cette essence interviendra au terme d'une expérimentation sur une dizaine d'années.

Aujourd'hui, la voix d'un homme s'élève pour demander aux pouvoirs publics de surseoir à cette "catastrophe organisée". Le maire de Sallèles-d'Aude, Yves Bastié vient de s'opposer à l'abattage, dans sa propre commune, de 40 platanes dont deux malades. Il vient même d'écrire au Président de la République (lire notre édition d'hier) et met en lumière des solutions à tester comme celle proposée par le centre d'expertise en techniques environnementales et végétales de Toulouse.

Un test gratuit

Depuis quatre ans, cette société privée mène des recherches pour lutter contre le chancre coloré et demande, désespérément à VNF, de tester son traitement sur les arbres malades du canal. "Les résultats que j'ai obtenus m'encouragent à continuer. Il y a des choses qui marchent et qu'il faut valider sur des centaines de sujets." Mais Philippe Buste, gérant de CETEV, se heurte au silence de VNF depuis plus de trois ans. Yves Bastié a déjà proposé à VNF de passer une convention avec cette société, qui s'engage à réaliser ces tests gratuitement.

Le dossier serait entre les mains du ministère de l'Agriculture qui n'a toujours pas donné son accord. "Le ministère a le protocole de recherche en main, précise le patron de CETEV. Pour démontrer l'efficacité du traitement, on pourrait créer un périmètre de sécurité sur les 400 arbres qui vont être abattus entre Carcassonne et Trèbes. Notre démarche est scientifique et il faudra trois ans au moins pour valider le traitement".

Le gérant de CETEV voudrait comprendre les raisons du veto de VNF. "On m'a répondu, à VNF, que ce choix est politique. Je ne comprends pas". Yves Bastié, lui, a demandé également le soutien du président de l'association des maires de l'Aude, Patrick Maugard, concerné lui aussi, en tant que maire de Castelnaudary.

 

Canal du Midi : "Un traitement peut sauver des platanes et on tergiverse !"

 

 

 

 

Yves Bastié, le maire de Sallèles-d 'Aude, affiche sa colère face à ce qu'il considère comme "une non-assistance à arbres en danger". Lui est prêt à expérimenter.

Un plan d'abattage massif de platanes vient d'être annoncé. Le chancre coloré promet à 4 000 arbres au total, plus peut-être, une destruction prochaine. Ce plan concerne plusieurs communes de l'Aude situées en bordure du Canal du Midi, dont Sallèles-d'Aude, qui refuse de défigurer son décor naturel. D'autant qu'une solution se dessine...

Le Centre d'expertise en techniques environnementales et végétales (CETEV) basé en région toulousaine, possède un traitement a priori capable de juguler le mal qui affecte les platanes. Il consiste à injecter un produit spécifique dans le tronc, tous les 10 centimètres, à hauteur d'homme. "Nous ne pouvons rien garantir, mais j'estime que cela vaut le coup d'essayer plutôt que de rester les bras croisés en train de regarder les arbres tomber"? lance Yves Bastié.

Problème : "Pour mener des essais de ce type, il faut une autorisation ministérielle. Et maintenant, il faut aussi le feu vert de l'Europe ! On perd du temps". Le maire de Sallèles est lucide : "Dans ma commune deux ou trois arbres sont secs, côté Cuxac-d'Aude. Ils seront abattus. Mais les autres, qui ont du feuillage et donc un espoir de vie, ils resteront !". Il soutient à fond l'expérimentation d'un traitement : "Si chaque fois, par précaution, on abat 50 arbres autour d'un arbre malade, c'est sûr, ça rira très vite. Ce qui n'a pas l'air d'émouvoir VNF. Mais un arbre malade n'est pas condamné, surtout si un traitement agit sur lui".

Autre réticence : "Les premiers tests, menés près de Castelnaudary, n'ont pu aboutir, les arbres traités ayant été... abattus !". Yves Bastié regrette "que l'on ne dégage pas de l'argent pour des essais, ce qui coûterait sans doute bien moins cher que l'abattage et la replantation. C'est une non-assistance à arbres en danger". Il est bien décidé à faire "de Sallèles un site expérimental qui serve à tout le monde ensuite". Et à se battre pour les platanes, pan de patrimoine et témoins des deux derniers siècles. 

 Canal du Midi : 2 200 platanes abattus à partir de lundi

 

 

 

 

Du 19 août au 15 novembre, Voies Navigables de France va poursuivre son programme de lutte contre le chancre coloré. A Roubia et La Redorte (Aude), les platanes vont commencer à tomber, la semaine prochaine, sur les bords du canal du Midi. Abattus, brûlés sur place : ainsi finiront des arbres vénérables et emblématiques, plantés entre 1850 et 1880. D’ici le 15 novembre, 2 200 spécimens seront ainsi sacrifiés, au nom de la nécessaire lutte contre le chancre coloré.

En début d’année, une première campagne menée par Voies Navigables de France (VNF) en avait déjà concerné 1 600. Depuis 2006, quand le premier foyer de cette maladie causée par un champignon a été détecté à Villedubert, 4 000 arbres ont été enlevés du paysage. Et on estime qu’il reste encore 10 000 platanes malades, sur les 42 000 qui composent l’ombrage séculaire du canal. Contamination freinée Il s’agit donc d’une lutte au long cours, mais déjà, certains signes encourageants fleurissent. « Le recensement mené en 2012 a montré qu’il y avait une extension des foyers anciens, mais aussi une relative accalmie sur la progression de la maladie », note Jacques Noisette, porte-parole de VNF. Le secteur Toulouse-Castelnaudary reste ainsi à l’abri de la contamination, qui touche ensuite le canal jusqu’à l’étang de Thau. A VNF, on est cependant clair : « La maladie est là, même si elle ralentit, ce que l’on ne peut pas dire encore, et le programme de replantation se poursuit », dit Jacques Noisette.

Les communes concernées

Entre le 19 août et le 15 novembre, 400 arbres seront abattus de Castelnaudary à Marseillette (Aude), et 1800 jusqu’à Marseillan. Voici les communes concernées par le chantier.

Aude. Castelnaudary (Gay, Vivier), Saint-Martin Lalande (Guilhermin, Saint-Sernin, Guerre, Peyruque), Lasbordes (Tréboul), Pexiora (Tréboul), Villepinte, Bram (Sauzens), Trèbes, Marseillette, Blomac (l’Aiguille), Puichéric (jusqu’au pont de La Redorte), La Redorte (Jouarres), Homps, Pechlaurier, Roubia (jusqu’au village de Paraza), Argeliers (Pont de la D5-La Minervoise).

Hérault. Quarante (pont de Pigasse), Poilhes (pont de Régimont), Béziers (pont de Gourgasse, écluses de Fonsérannes), Villeneuve-lès-Béziers (Arièges, pont de l’A9), Agde (écluse du Bassin Rond, pont Saint Bauzille à l’écluse du Bagnas).

Avec un coût estimé à 3000 euros par arbre (entre abattage et replantation), 200 millions sur 20 ans seront nécessaires au sauvetage de ce patrimoine végétal. Un tiers est financé par VNF, l’autre par les collectivités. Pour réunir le troisième, un appel aux dons a été lancé auprès du public à la mi-juillet« Depuis, on a reçu une cinquantaine de chèques, d’une valeur de 70 euros en moyenne, ce qui est très bien », se félicite VNF, qui lancera en octobre un second appel, à l’adresse des entreprises cette fois. Rapport à l’Unesco Bref, on ne pourra pas dire que rien n’est fait pour sauver le canal. Notamment à l’Unesco.

L’ouvrage de Riquet est en effet inscrit depuis 1996 au patrimoine de l’Humanité, et l’ombre d’un déclassement plane. « La plus grosse menace aurait été si l’on n’avait rien fait », estime Jacques Noisette, qui souligne aussi comment un éventuel déclassement « est une procédure sur le long terme ». Comme elles le font tous les six ans, les VNF ont ainsi envoyé fin juillet un rapport à l’Etat, qui transmettra à l’Unesco. L’organisme, qui a un an pour examiner ce pavé d’un millier de pages, peut ensuite envoyer une mission d’experts sur le terrain. « Ils peuvent faire des recommandations, qui, si elles ne sont pas suivies, peuvent conduire à une procédure de mise en péril, et si l’on ne réagit toujours pas, au déclassement », détaille Jacques Noisette. D’ici là, beaucoup d’arbres seront tombés, d’autres auront poussé... 

On replante aussi

Sur les bords du canal, on ne fait pas qu’abattre, on replante aussi. Depuis 2011, 400 arbres ont été plantés par VNF sur les sites audois les plus touchés. Des platanes résistants (Platanor) ont ainsi rejoint les bords du canal à Trèbes et Castelnaudary, et des tilleuls argentés poussent désormais à Villedubert. Dès l’hiver prochain, d’autres plantations seront menées : celles de platanes résistants à Villeneuve-lès-Béziers, de micocouliers à Capestang, de peupliers blancs à Puichéric, Argens ou Olonzac. D’autres essences dites “jalons” seront choisies pour Argens et Saint-Nazaire, du chêne à feuilles de châtaignier à celui des Canaries en passant par le copalme d’Orient et le pacanier.

 24 000 arbres cultivés par le Département pour le canal du Midi



La convention signée, hier à Bram, entre le conseil général et les Voies Navigables de France en vue de la plantation de 24 000 plants d'essences variées est symbole d'espoir. Depuis 2006, les platanes séculaires qui bordent le canal du Midi, et font partie du décor, sont frappés par la maladie du chancre coloré. Et les séries d'abattage dont les Audois ont pu déjà constater les effets, sont autant de coups de canif portés à ces paysages de toute beauté. L'Etat, VNF et les collectivités locales sont face à un vaste défi, celui de replanter les berges du canal du Midi. Double défi en réalité puisqu'il s'agit, d'abord, de réunir les plus de 220 M€ estimés pour réaliser l'abattage, les plantations de remplacement, leur entretien les deux premières années et la reprise des berges endommagées du fait de l'enlèvement des racines des platanes. Défi technique aussi puisqu'il faut trouver les espèces (lire ci-dessous) capables de s'implanter durablement sur les berges du canal du Midi. Le Département de l'Aude n'entend pas rester spectateur comme l'a souligné, hier, le président du conseil général, André Viola : "On ressent un véritablement attachement à ce canal, des élus concernés." Un lien affectif mais aussi une vraie conscience de l'enjeu touristique et économique de cet épineux dossier.

700 000 € investis

Le conseil général de l'Aude passe donc à l'offensive, dès à présent au travers de cette convention, en apportant une aide en nature. Ce sont les services des deux pépinières départementales de Nébias et Lézignan-Corbières qui vont cultiver et suivre la pousse de ces 24 000 plants. Une intervention en nature estimée à 700 000 €. Les premières plantations ne devraient pas avoir lieu avant 2014. Pour le directeur général de VNF, Marc Papinutti, présent hier, l'action du conseil général de l'Aude est exemplaire. "VNF seul n'arriverait pas à tout faire. Les deux partenaires développeront des actions pédagogiques de sensibilisation des populations, notamment auprès des scolaires. Reste cependant la question cruciale du financement des 220 M€ nécessaires à la réalisation de l'ensemble de l'opération. Pour l'heure, les négociations se poursuivent. Un tiers devrait provenir du Département et des intercommunalités, un autre par l'Etat et VNF et un dernier tiers en faisant appel au mécénat. "On a fait un business plan, a confié le directeur de VNF. Et on prépare une première campagne pour la mi-juillet. Mais on a senti un vrai intérêt pour le sujet." Le canal du Midi, un enjeu touristique et économique pour le département.

 

Les collectivités paieront pour la replantation du Canal du Midi 

 

 

 

Les collectivités locales sont tombées d'accord pour payer un tiers du coût de 200 millions d'euros de la replantation des arbres malades du chancre coloré. Une étape importante du financement de la replantation des platanes du Canal du Midi a été franchie par le comité de pilotage de la charte interrégionale du canal des Deux-Mers qui s'est réuni avant-hier à la préfecture de Toulouse. Voies navigables de France (VNF) a chiffré à 200 millions d'euros (hors maîtrise d'œuvre) le coût de l'abattage et de la replantation des arbres pendant vingt ans sur les 275 kilomètres de berges où les platanes sont touchés par le champignon du chancre coloré. Un tiers du montant sera supporté par VNF, un tiers par du mécénat et un tiers par les collectivités locales. La réunion d'avant-hier a permis de trouver un accord sur le montant acquitté par chaque collectivité en fonction du territoire concerné. C'est une avancée car il n'est pas simple de trouver l'argent en période de disette budgétaire.

60 millions d'euros des collectivités du Languedoc-Roussillon

Les collectivités de Languedoc-Roussillon paieront 60 millions d'euros et celles de Midi-Pyrénées 13 millions. Les conseils régionaux en acquitteront la moitié, soit 30 millions pour celui du Languedoc-Roussillon et 6,7 millions pour celui de Midi-Pyrénées. L'autre moitié sera payée par les conseils généraux qui pourront partager le coût avec les communes riveraines. Le conseil général de l'Aude devra débourser 21 millions car c'est le département qui a le linéaire de platanes malades le plus important (157 kilomètres), celui de l'Hérault 9 millions et celui de Haute-Garonne 6,7 millions. "Nous avons obtenu les accords, mais il faut encore mettre en œuvre des conventions financières annuelles car les collectivités ne s'engagent pas sur vingt ans. Par exemple, le Conseil régional du Languedoc-Roussillon s'est engagé à verser 1,5 million d'euros cette année", explique Vincent Roberti, secrétaire général aux affaires régionales de Midi-Pyrénées. "C'est un accord de principe à confirmer par la contractualisation, précise Jacques Noisette, chargé de la communication à VNF. Les collectivités du Languedoc-Roussillon ont confirmé leur accord, mais le Conseil général de la Haute-Garonne et le Conseil régional de Midi-Pyrénées ne l'ont pas encore fait." Ils se sentent moins concernés parce que le chancre coloré s'arrête pour le moment à Castelnaudary et ne frappe pas le territoire Midi-Pyrénées.

Collecte de fonds

Une autre incertitude porte sur les mécènes qui doivent financer un tiers de l'opération. Aucune fondation n'a encore montré son intérêt mais Voies Navigables de France lancera trois campagnes de collecte de fonds en 2014 auprès des grands mécènes nationaux et internationaux, des entreprises régionales et du grand public. "Nous avons fait une étude auprès de 1 000 personnes en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées en 2012, qui montre que les gens sont attachés au canal et ne sont pas hostiles à participer financièrement à la replantation", affirme Jacques Noisette. Voies navigables de France a chiffré à 200 millions d'euros le coût de l'abattage et de la replantation des arbres. 

 
 

 Samedi 14 Juillet 2012

L'Etat veut élargir le périmètre de protection du Canal du Midi

Le 14/07/2012 à 06h00

Le projet de classement consiste à protéger les abords immédiats du canal.  © Photo Ch. Barreau
 

L'Etat veut élargir le classement du Canal du Midi au patrimoine mondial de l'Unesco aux abords du célèbre ouvrage de Pierre-Paul Riquet afin de préserver la qualité du site et donc son label, et a lancé une procédure en ce sens. "Il s'agit de consolider, de préserver notre inscription à l'Unesco", a expliqué le secrétaire général aux Affaires régionales de la préfecture de région Midi Pyrénées, Vincent Roberti.

En 1996, l'Unesco avait classé l'ouvrage, long de 240 km de Toulouse à l'étang de Thau, conçu et construit au XVIIe siècle dans le but de relier la Garonne à la Méditerranée, ainsi que ses équipements et son système d'alimentation. Mais le cahier des charges impose à la France de préserver la physionomie de l'ouvrage et donc de protéger ses abords d'éventuelles constructions intempestives.

 

 

Zones sensibles 


"On anticipe sur l'avenir et sur les constructions qui pourraient intervenir" en tentant de définir des zones tampon qui pourraient elles aussi être classées, a ajouté M. Roberti. Une étude vient donc d'être réalisée, afin de définir mètre par mètre tout le long du canal les abords à préserver, selon une notion de co-visibilité. Que l'on soit sur le canal en bateau ou sur les rives, il ne doit pas y avoir d'élément qui vienne perturber l'oeil et l'image de l'ouvrage.

Ces zones de protection s'étendent de part et d'autre du canal sur quelques mètres, par exemple en zone urbaine, ou sur quelques centaines de mètres, pouvant aller, en deux ou trois endroits, jusqu'à 10 km.

A l'intérieur de ces limites sont déterminées des zones sensibles au plus près du canal, où l'on ne pourra pas construire de hangar, par exemple, et des zones plus éloignées, dites d'influence, où ce hangar pourrait être édifié à certaines conditions.

Ce projet sera discuté à partir de l'automne avec les collectivités locales et les chambres consulaires, dans l'objectif de parvenir à un classement au printemps 2013, ou à la mi 2013 au plus tard.

Les 42 000 platanes du Canal du Midi sont par ailleurs menacés par un champignon tueur, le chancre coloré. Des programmes d'abattage et de replantation, qui sont estimés à un total de 200 millions d'euros et qui restent à financer, ont déjà commencé.

 
 
 
 

Canal du Midi : une co-gestion pour sauver les platanes malades

Le 22/06/2012 à 06h00 | Mis à jour à 09h25
 Le site classé au Patrimoine mondial de l\'Unesco est menacé par la maladie des arbres.
Le site classé au Patrimoine mondial de l'Unesco est menacé par la maladie des arbres.

La gestion du Canal du Midi, dont la voûte arborée est ravagée par un champignon tueur de platanes, devrait être partagée entre toutes les parties intéressées à la survie de ce joyau classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a dit hier l'auteur d'un rapport sur le sujet. Alain Chatillon, sénateur-maire UMP de Revel (Haute-Garonne), qui présentait à Toulouse les conclusions de son rapport "pour le financement du renouveau du Canal du Midi", souhaite que les agences de l'eau, avec leurs importantes ressources, contribuent au financement, au même titre que l'Etat, les régions et les communes.

"En parler avec la nouvelle ministre de l'Ecologie"

 

Le maire de Revel, dont le bassin de Saint-Ferréol nourrit tout le canal depuis son creusement par Pierre-Paul Riquet au XVIIe siècle, "n'a pas hésité un seul instant" quand le précédent gouvernement lui a confié cette mission. M. Chatillon avait remis son rapport il y a trois mois à l'ancien Premier ministre François Fillon et à sa ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Désormais, il "souhaite en parler le plus tôt possible" avec la nouvelle ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq.

Face aux ravages du chancre coloré, il est désormais nécessaire d'abattre 4 000 arbres par an, sur un total de 42 000, entre Toulouse et Agde (Hérault), pour un budget évalué, par les pouvoirs publics comme par le rapport Chatillon, à 200 millions d'euros en 10 à 15 ans. Le précédent gouvernement envisageait un financement par tiers entre l'Etat, les régions et des mécènes. Les régions socialistes concernées, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, avaient alors mis en cause le "désengagement" de l'Etat.

M. Chatillon estime que, "dans un contexte économique très dur, il faut réduire la voilure quant au montant espéré du mécénat". Il considère aussi que, "pour convaincre les collectivités, il faut qu'à l'avenir elles soient autour de la table dans la gestion du canal". Il se prononce pour la création d'un Groupement d'intérêt public (GIP). Celui-ci se substituerait à l'établissement public Voies navigables de France (VNF) dont les moyens sont trop faibles.

 

Une voie verte sur le Canal du Midi Une étude sur la fréquentation

Le 8/06/2012 à 06h00 parSéverine Troucat
 Dans l\'Aude, il y aura 150 kilomètres de chemins à aménager pour permettre la pratique de la randonnée pédestre, cycliste ou équestre le long du Canal.
Dans l'Aude, il y aura 150 kilomètres de chemins à aménager pour permettre la pratique de la randonnée pédestre, cycliste ou équestre le long du Canal.

Après les demandes d'emploi, le mauvais état du chemin le long du Canal du Midi dans l'Aude est le deuxième sujet qui suscite le plus de courrier au conseil général". Pour André Viola, comme pour les élus et les usagers, le sentiment est unanime : tout est à faire pour permettre de circuler librement au bord de l'ouvrage classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Les 46 communes
Si le constat ne date pas d'hier, le dossier semble enfin sur le point de trouver une issue favorable. "Nous avons sollicité les élus des 46 communes qui bordent le Canal il y a un mois, explique André Viola, président du conseil général de l'Aude. Tous acceptent de prendre en charge la création d'une voie verte le long du Canal du Midi, de la Robine et des sources".

 

"Le Canal est l'épine dorsale de l'Aude"

Cette voie verte doit être un espace d'accueil pour les pratiques de randonnée pédestre, cycliste, équestre, accessible aux personnes à mobilité réduite.

"Aujourd'hui, le chemin de halage ne répond pas aux besoins de ces pratiques, précise André Viola. D'autant qu'en théorie, son accès devrait être interdit".

Au-delà de l'agrément pour les usagers, ce projet d'aménagement aura un impact touristique et économique incontestable pour le département. "Le Canal du Midi, c'est l'épine dorsale de l'Aude. Il est donc important de construire une stratégie autour", ajoute le président du conseil général.

Trois fois plus de visiteurs et de retombées
Et de comparer avec les départements voisins, qui ont déjà aménagé le Canal : "En dehors du volet fluvial, des études ont montré que sur les secteurs aménagés comme la Haute-Garonne, il y a trois fois plus de trafic de personnes que dans les secteurs non aménagés, comme le nôtre. Quand nous avons 30 000 visiteurs par an, la Haute-Garonne en a 90 000. Même chose sur le plan économique. Elles sont estimées à 60 000 € par kilomètre et par an dans l'Aude actuellement et elles devraient être multipliées par trois une fois le chemin aménagé".

Bien sûr, le succès du projet est soumis à la replantation des platanes abattus pour cause du chancre coloré. "Tout ça incombe à l'Etat et nous veillerons à ce que ce soit fait, insiste le président du conseil général. Nous n'envisageons même pas que ça ne se fasse pas !".

D'ici trois ou quatre ans, les Audois et les visiteurs auront alors peut-être la chance de pouvoir se promener le long du Canal du Midi, à l'ombre des platanes…

 

 
 

Midi Libre, Mercredi 17 Août 2011

 

 
 
 
 
 
 
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