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 ​"Il n'y a pas besoin de permission pour faire des choses belles."​

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Vin Tourisme en Méditerranée


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DOMAINE DES 2 ÂNES : la sécheresse, en vigne, c’est relatif​



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Narbonnais : la révolution viticole des cépages résistants est en marche

La “résistance” des chercheurs de Pech Rouge permet de lancer l’expérimentation en Région. PHOTO/PHILIPPE LEBLANC

La vigne occupe 3 % de la surface agricole française et reçoit à elle seule 20 % de produits phytosanitaires ! C’est dire l’intérêt des cépages résistants aux maladies.
Mildiou, oïdium et botrytis n’ont pas de prise sur les souches robustes et épanouies depuis dix ans au soleil de Gruissan. À Pech Rouge, haut lieu de la recherche expérimentale en lien avec la recherche fondamentale de l’INRA, le travail acharné d’Alain Bouquet s’expose au grand jour. Cet irréductible chercheur généticien a, contre vents et marées, poursuivi ses recherches tout d’abord à Bordeaux, puis à Montpellier. Et il a mis au point des variétés résistantes capables de produire des vins de qualité.
« C’est le chercheur mondial qui est allé le plus loin dans la gestion d’un programme, mais malheureusement il n’a pas été soutenu », explique Alain Carbonneau professeur honoraire à Montpellier Sup Agro. « Il a été dépossédé de sa mission et est décédé en 2010. Il nous a laissé un héritage exceptionnel : des raisins de génotype résistants dont on a affiné la connaissance. Nous les avons tous plantés sur le terrain à Pech Rouge il y a dix ans. Aujourd’hui, nous pouvons attester de leur durabilité ».
Du bon vin
Le génie d’Alain Bouquet est d’avoir réussi à croiser un cépage résistant avec un cépage “vitis vinifera”, variété noble de la vigne, qui confère au vin les qualités organoleptiques recherchées. Il a utilisé un géniteur particulier : une vigne sauvage extrêmement résistante muscadiniarotundifolia (qui ne donne pas de bons raisins pour la consommation), dont il a extrait la quintessence : son extraordinaire capacité de résistance.
Au gré de dizaines d’années de recherches, Alain Bouquet est parvenu à obtenir des hybrides fertiles et les a recroisés avec des vitis vinifera, pour augmenter le potentiel qualitatif des futurs hybrides. « On appelle cela des croisements retours. Et ce qu’il a obtenu, c’est un cépage 99 % vitisvinifera et 1 % muscadinidia résistant. C’est sa force et c’est ce qui différencie ces cépages de l’INRA des autres cépages, qui, eux, sont tolérants et n’ont pas le potentiel qualitatif des cépages INRA. De plus, ils s’acclimatent parfaitement bien ici », précise le professeur Carbonneau. « Nous, INRA Pech Rouge et les associés de Sup Agro, nous estimons que nous avons assez de références, avec les variétés résistantes, pour l’inscription au catalogue français. On est prêt ! »
Au décès d’Alain Bouquet en 2010, l’Inra a bloqué le processus d’inscription au catalogue au nom du principe de précaution, pour mieux appréhender la durabilité des résistances au mildiou. Les chambres d’agriculture ont reçu la consigne d’arrêter en 2010 les expérimentations commencées chez elles sur les variétés Bouquet, pour se tourner vers les variétés allemandes. À Pech Rouge, l’Inra a planté l’ensemble de la collection, soit 31 variétés, pour mieux les étudier, puis en a planté 10 sur 0,5 ha chacune il y a 5 ans, un programme viti durable en lien avec le CIVL. C’est l’ensemble de ces vins qui sont expertisés et proposés en déploiement à raison de 20 ha/bassin de production. Un parti pris adopté par la chambre d’agriculture de l’Aude, qui fait que la France possède aujourd’hui ces précieux plants Bouquet… avec le recul nécessaire pour l’analyse.
Les vins soumis au palais des oenologues
Les vins issus de cépages Bouquet ont été présentés récemment à des vignerons qui se sont dits « bluffés », mais aussi à des œnologues narbonnais parmi lesquels Robert Dejean et Marc Dubernet. Tous ont attesté des qualités indéniables des produits.
« Alain Bouquet a fait un travail exceptionnel, s’enthousiasme Marc Dubernet. Car ce qui est plus intéressant avec ces cépages par rapport aux allemands, suisses ou italiens, c’est qu’ils sont 99 % vitis vinifera. Et du coup, on retrouve des qualités que nous avons dans nos cépages traditionnels ».
Dégustations
Les œnologues ont dégusté des cépages à base de grenache « remarquables », et du marselan « très fruité ». « J’en avais entendu parler, je ne savais pas qu’ils étaient aussi bons ! Les petits degrés en blanc sont remarquables, on a une pleine maturité à 10,5 degrés avec des arômes et une jolie fraîcheur. J’ai été charmé par le muscat sec, et j’ai bu des vins d’été à boire sous la tonnelle avec grand plaisir. Ces vins à alcool réduits intéressent le marché », précise Marc Dubernet. « J’ai dégusté des assemblages remarquables, se réjouit à son tour Robert Dejean, et des vins légers, fruités, très agréables à boire, qui correspondent à ce que les consommateurs attendent et aussi des vins qui ont de la charpente, une vraie structure, des vins d’élevage. On est loin des vins trop capiteux. Tout ceci est extrêmement intéressant ». La revue spécialisée très prisée des consommateurs anglo-saxons “Decanter” a pour sa part consacré un article à la dégustation des vins élaborés à partir des cépages Bouquet. Même conclusion favorable, avec un effet… international !

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La Vigne du futur




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A l'Inra Pech Rouge, les premiers vins issus de cépages résistants

A l'Inra Pech Rouge, on travaille depuis 2011 à de nouveaux cépages résistants. PHOTO/Ph. L.
Vendredi 17 avril, l'Inra Pech Rouge de Gruissan et le CIVL organisent une dégustation des vins de la première récolte issus de la première parcelle expérimentale de vignes de cépages résistants. Une double première !
Il s'agit d'anticiper les changements climatiques qui ont déjà commencé et promettent de s’intensifier qui auront des conséquences importantes pour le vignoble méditerranéen. Aléas climatiques divers, élévation des températures, durcissement des périodes de sécheresse… vont directement affecter la culture de la vigne et l’élaboration des vins. Par ailleurs l’évolution de la réglementation et de la sensibilité des consommateurs aux problèmes de pollution en particulier par les produits phytosanitaires, imposent de trouver de nouveaux modes de lutte contre les maladies.
Face à ces défis et dans le cadre des priorités définies par le CIVL, différents programmes de recherche et d'innovation ont été lancés pour trouver des réponses opérationnelles.
Ainsi, l'Inra Pech Rouge a travaillé sur une sélection de nouvelles variétés de cépages résistants à l’oïdium et au mildiou et mieux adaptées aux conditions environnementales. En 2011, une parcelle de 2,5 ha, divisée en 5 entités a été plantée avec 2 variétés de cépages témoins et 3 variétés de cépages issues de croisements, sélectionnées pour leur résistance aux maladies? En 2015, une seconde parcelle va accueillir de nouvelles variétés expérimentales résistantes à ces maladies cryptogamiques. La journée du 17 avril permettra de faire le point sur les avancées de la recherche, tout comme la dégustation des vins de la première récolte (2014) issus de la première parcelle sera l'occasion d'en apprécier les qualités organoleptiques.

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Val d'Orbieu - FeCoVita
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 Manifestation du Mercredi 5 Novembre 2014 à Carcassonne​

 

 



Maladies du bois dans l'Aude : un cancer qui menace le vignoble 

 

 

LA MALADIE DU BOIS DE LA VIGNE A MALVIES AU DOMAINE VITICOLE CARBONNEL

SERGE BUORO, VITICULTEUR EN MALEPERE. PHOTO/CARCASSONNE CLAUDE BOYER

 

10 à 12 % des vignes sont touchées par l’eutypiose, l’esca ou le Black Dead Arm. Depuis l’interdiction de l’arsénite de sodium, aucun traitement n’est efficace.

C’est une sourde menace, d’autant plus angoissante que, pour l’instant, personne n’a trouvé la parade. Son nom est quasi-inconnu du grand public auprès duquel on la désigne d’un pluriel indéfini, « les maladies du bois de la vigne ». Les scientifiques disent « eutypiose », « esca » ou encore « Black Dead Arm (BDA) ». « Ce sont des champignons », résume Philippe Larignon, chercheur à l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) de Nîmes. Au début du siècle, on nommait ces maladies « apoplexie », tant leur similitude avec cette forme de mort foudroyante des humains par arrêt de la circulation sanguine est grande.

  • De haut en bas

« La souche est touchée par le haut et la sève empêchée de circuler, ce qui dégrade le bois. Les symptômes descendent ensuite et peuvent atteindre le porte-greffe », décrit Phlippe Larignon. Et la souche meurt. Malgré les mesures prophylactiques (arracher les ceps et les brûler, comme pour les platanes atteints par le chancre), la maladie peut s’étendre rapidement dans une parcelle et en détruire rapidement le tiers.

Si l’on ignore d’où viennent ces champignons, on a su longtemps s’en prémunir. L’arsénite de sodium (connu chez les anciens viticulteurs sous le nom commercial de Pyralium car il traitait aussi la pyrale), a contenu le phénomène avant son interdiction pour cause d’effets cancérogènes, en 2001. Depuis, la maladie galope et toucherait actuellement 10 à 12 % du vignoble français.

Aucun chiffre n’existe pour l’Aude, mais de plus en plus de viticulteurs observent les symptômes dans leurs vignes, surtout dans le Sud de la France, dont le climat est peut-être plus favorable au développement des champignons. « Particulièrement ces dernières années où l’on a vu de la pluie et de la chaleur alterner », estime Philippe Larignon.
« Je l’ai observé par temps sec aussi », rétorque Serge Buoro, viticulteur en Malepère, qui décrit la vitesse impressionnante à laquelle les souches sont détruites.

  • Vignes vulnérables ?

"Les vignes sont peut-être plus vulnérables parce qu'on les fait produire plus tôt. Un peu comme si on faisait courir un marathon à un minime", avance prudemment Jean Héritier, chargé de mission à la Chambre d'Agriculture de l'Aude.

Ce qui est certain, c’est que la machine scientifique s’est mise en branle pour tenter de contrer ce que nombre de professionnels appellent déjà : « le phylloxéra du XXIe siècle ». Du nom de cette maladie, véhiculée par un insecte, qui avait ravagé le vignoble européen à la fin du XIXe. Il avait alors fallu trente ans pour en venir à bout.

Ce que les techniciens recommandent


La seule méthode de lutte contre la prolifération des maladies du bois de la vigne est similaire à celle qui est utilisée pour combattre le chancre coloré du platane qui décime les arbres des bords du Canal du Midi : enlever les souches et les bois morts de la parcelle, et les brûler.

Pour l’esca et le Black Dead Arm, il n’existe aucun autre moyen de lutte, à l’exception toutefois d’un produit, l’Esquive, développé par Bayer, « qui est homologué mais dont l’efficacité n’a pas été prouvée », estime l’IFV.

Pour l’eutypiose, les vignerons ont la possibilité de faire un recépage (couper le cep au pied), mais cette technique n’est efficace que si les champignons ne sont pas descendus dans le porte-greffe.

Le curetage, qui consiste à enlever la partie du bois atteinte par le champignon, est une méthode très minutieuse, chronophage, et donc pas vraiment rentable à grande échelle. Selon certains techniciens, elle permettrait toutefois de sauver des vignes touchées par l’eutypiose, mais aussi par l’esca et le BDA.

Enfin, il est recommandé de tailler plus tard, les plaies de taille étant semble-t-il moins réceptives quand elles sont tardives.

« En l’espace d’une semaine, la souche est morte »

Serge Buoro, viticulteur en Malepère, constate les dégâts "qui touchent tous les cépages", estime-t-il.


"En plein été, on a une souche magnifique, qui porte environ un seau ou un seau et demi de raisin. Et puis les feuilles se flétrissent et tombent toutes. En une semaine, la souche est morte. C’est impressionnant », soupire Serge Buoro en parcourant ses parcelles sur les collines de la Malepère, près de Malviès.

Là, c’est un chardonnay de quatre ans dont certains pieds présentent l’aspect lugubre et noirci d’une plante comme asphyxiée. Plus loin, les symptômes se manifestent sur un cabernet de dix ans (« une hécatombe »). Un peu plus loin encore, c’est une jeune vigne de grenache qui est touchée. « Mais j’ai des collègues qui observent aussi la maladie sur des carignan ou des mauzac », explique Serge Buoro.

  • « Tout essayé » 
     

Pour sa part, ce vigneron en cave particulière, installé sur 60 hectares au domaine de Carbonnel, et qui produit du vin de table et du vin de pays, estime avoir « tout essayé », et notamment les recommandations sur la taille des vignes.

Une méthode de lutte consiste en effet à limiter au maximum les « plaies de taille », sensées être des « portes d’entrée » pour les champignons. « Taille en haies, taille rase, c’est pareil. On croit que c’est enrayé mais ça revient», observe-t-il.

« Sur 4 000 pieds à l’hectare, on arrive très vite à un tiers de manquants », remarque Serge Buoro, qui opère actuellement « un renouvellement de 10 à 12 % des ceps chaque année. Pour celui qui ne le fait pas, c’est foutu. Mais à ce rythme, c’est intenable, on va y laisser la peau financièrement », assure-t-il.

  • Un substitut ? 
     

Les recherches pour trouver un substitut à l’arsénite de sodium l’intéressent, car il est catégorique : « C’est le pyralium qui nous a protégés jusqu’en 2001. Je me demande d’ailleurs, ajoute-t-il, ce qui va arriver aux vignes plantées après cette date, car il me semble que les plus anciennes, qui ont reçu 2 à 3 traitements avant l’interdiction, sont plus résistantes ».

Et de citer l’exemple de ce grenache, planté en 2010. Sur 4 000 pieds, cinq souches sont déjà mortes. Carbonisées.

 Vin du Languedoc: les exportations en forte hausse

 

 

 

AOP et IGP, mais aussi Blancs Pays d'Oc s'exportent très bien. PHOTO/© D.R

 

Les vins IGP mais aussi les AOP font progresser la cote de 10 % Météo oblige, la date des vendanges n'est pas encore fixée, et les dégâts dus à la grêle devraient faire baisser les volumes de la campagne à venir. En attendant, le ministère de l'Agriculture vient de publier des chiffres encourageants concernant les exportations des vins du Languedoc-Roussillon.

La locomotive Asie

A l'exportation, les vins produits en Languedoc-Roussillon ont en revanche connu une hausse très forte en juin, soit 7,7 % de volume en plus pour 10,8 % de plus en valeur par rapport à juin 2013. Les vins IGP - Indication Géographique Protégée - (+ 4,5 % de volume, + 6,4 % en valeur) y sont pour beaucoup, l'Europe étant le premier client pour les vins IGP Languedoc Roussillon.

Mais les AOP - Appellation d'Origine Protégée - (ex AOC) sont eux aussi en forte progression par rapport à l'an dernier avec + 10,4 % en volume, + 10 % en valeur. Les AOP se vendent surtout en Asie (+ 8 % en volume), mais beaucoup moins bien en Europe (- 6,6 %) et aux États-Unis (- 6,3 %).

Les vins blancs du Pays d'Oc ont progressé de 14 % en valeur et 11,5 % en volume à l'export. Le ministère de l'Agriculture publie un classement (reposant sur des données des douanes d'août 2014) du prix à l'hectolitre à l'export qui s'apparente à un classement des valeurs en terme d'image à l'étranger : Faugères est ainsi le premier du classement des AOP avec un prix de vente de 455 euros l'hectolitre, devant le Roussillon (348, en hausse de 43 euros), le Minervois (343, en hausse de 26 euros), Saint-Chinian (338), Languedoc (317), Fitou (296), Costières de Nîmes (280), et Corbières (269). Les prix sont en nette progression par rapport à 2013, sauf pour le Faugères et le Corbières.

Les ventes à l'étranger de vins IGP s'établissent en juin à 53,2 millions d'euros pour 256 000 d'hectolitres. Les AOP exportées au premier semestre 2014 représentent un volume de 287 000 hectolitres pour 91,6 millions d'euros. Les ventes à l'étranger ont véritablement redémarré en juin dernier, le bilan étant bien plus morose pour le début de l'année.

 

 

 

Les vignes du Languedoc-Roussillon souffrent du manque d'eau

 

 

 

© F3 LR Cazouls-lès-Béziers (Hérault) - les vignes du biterrois souffrent de la sécheresse - 9 juin 2014.

 

 La chaleur et ses conséquences dans l'agriculture. Car au-delà des températures, c'est le manque d'eau en hiver et au printemps qui pose problème. Dans les vignes, la situation est très inquiétante. La croissance des ceps est de 50% inférieure à la normale.

  • Par Fabrice Dubault
  • Publié le 10/06/2014 | 08:20, mis à jour le 10/06/2014 | 08:20
      Sur les 16 hectares de vignes d'Hélène Sallèles, à Cazouls-lès-Béziers, c'est l'époque du palissage. Mais cette année, le travail de la viticultrice s'avère plus compliqué. La vigne n'a pas atteint sa croissance normale par manque d'eau.
      Peu de feuilles, alors que les fruits sont en avance de 15 jours, la situation est inédite. En cause, la quasi absence de pluie en hiver et au printemps. Et le goutte à goutte installé après la canicule de 2003 est cette fois inopérant.
      La sécheresse n'a jamais été observée aussi tôt dans la saison. De Narbonne à Montpellier, les vignerons s'inquiètent.
      Alors tous scrutent le ciel, en espérant qu'il tombe au moins 120 millimètres d'eau d'ici la mi-août.

       

​Produire plus de vin est 'il  la seule perspective sérieuse de valorisation des terres rendues irrigables?

 

 Le Crédit Agricole assure avoir fait le maximum pour la cave coopérative du Mont Tauch

 

 

Vendredi dernier, à Tuchan, les viticulteurs étaient très remontés. PHOTO/Ph. L.

​Face à l'attitude hostile des viticulteurs, élus et familles à son égard, le Crédit Agricole Régional explique sa position : "Nous avons toujours été là".

Une banque mutualiste au service de ses territoires. C'est ainsi que se définit le Crédit Agricole du Languedoc, issu du rapprochement entre les Caisses Régionales du Gard et du Midi, survenu le 1er mai 2007. Implantée sur les départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et de la Lozère, l'entreprise assure sur son site internet "assumer pleinement ses responsabilités de banque mutualiste auprès de ses clients et s'attacher à concrétiser des valeurs de proximité, de solidarité et de responsabilité". Une mission remplie au plus près grâce à 2 700 collaborateurs qui accompagnent et conseillent les clients du Crédit Agricole du Languedoc dans 264 points de vente.

Plus de 1 700 administrateurs sont élus au sein d'une centaine de Caisses locales de la Caisse Régionale du Languedoc et s'impliquent au quotidien sur le terrain. Ce sont précisément ces élus-là qui ont démissionné en bloc des caisses locales de Tuchan et Durban, après la reculade de leur banque sur le dossier Mont Tauch. Cette assertion fait bouillir viticulteurs et élus qui ne s'y retrouvent pas :"Pourquoi nous lâchent-ils ? Pourquoi précipiter la ruine de notre territoire ?" Des questions qui tournent en boucle depuis une semaine.

. Accompagnement

De son côté, la banque verte, profondément choquée du traitement dont elle fait l'objet, affirme qu'il est aberrant de faire circuler des rumeurs sans avoir une connaissance très fine du dossier. Elle ne peut comprendre une telle vindicte populaire, et le lynchage en cours lui paraît d'autant incompréhensible qu'elle affirme avoir tout fait pour relever Mont Tauch : "Depuis 2007, nous participons au développement de la cave. En 2011, le plan de restructuration nous a trouvés au chevet de Mont Tauch", assure Guy Modica, chargé de communication au Crédit Agricole Régional. "Nous avons mobilisé de nouveaux crédits. Malgré les efforts des adhérents, la situation financière n'a pu se rétablir, et il y a eu l'épisode du redressement", rappelle Guy Modica, revenant sur le contexte.

"La procédure de médiation demande d'importants abandons bancaires qui induisent, pour nous, premier partenaire, un montant particulièrement élevé. Nous ne sommes pas sur une escalade, notre position est constante. Nous avons même consenti à des différés d'amortissement sur 2 ans, et un rallongement de la durée. Or, ce n'est pas jugé suffisant". Avec ces dernières propositions, le Crédit Agricole assure ne pas avoir failli à sa mission d'accompagnement. 

 De l'annonce de la crise à la manifestation de toute une population

 

 

 

 

18 mars 2011 : Au cours d'une AG extraordinaire, les vignerons qui se disent révoltés de la "gestion calamiteuse" de la gouvernance de leur cave, démettent de leur fonction le président Jean-Marc Astruc et le directeur général Xavier Jayet. Le nouveau président Hubert Busquet doit affronter d'énormes difficultés afin de mettre en place un plan économique et gérer un plan social sur une masse salariale de 92 personnes. Sont dénoncés : la stratégie de développement jugée vertigineuse, avec des investissements colossaux, pour une cave surdimensionnée. La cave de Mont Tauch regroupe 220 viticulteurs, pour une production de 65 000 hectolitres sur Durban, Paziols, Villeneuve et Tuchan. Pour les viticulteurs, qui s'estiment lésés financièrement, l'opacité des comptes ne leur a pas permis de connaître la réalité de la situation. En 2005, la cave n'avait pas d'emprunt, s'appuyait sur une trésorerie confortable de 15 millions d'euros et les adhérents étaient rémunérés à 140 h/hl. Le fleuron de la viticulture des Hautes Corbières, bannière du Fitou prend l'eau : les adhérents ne peuvent pas toucher leur solde de 2009 et 2010, et une partie de 2011.

      Avril 2013 : le tribunal de commerce - sur demande du CA - place la cave en redressement judiciaire. 

      Avril 2014 : fin du délai imposé à la structure, dont le sort est entre les mains des banquiers du Crédit Agricole.

      11 avril 2014 : manifestation générale pour sauver Mont Tauch.

 Aude: deux cantons soudés pour sauver Mont Tauch de la liquidation

 

 

Après avoir sillonné Tuchan, le cortège atteint le Crédit Agricole. PHOTO/Ph.L.

500 personnes ont manifesté face au refus du Crédit Agricole Régional, d'accepter un taux élevé d'abandon de créance, exigé dans le plan de redressement de la cave coopérative de Tuchan.

Mont Tauch vivra ! Mont Tauch vivra ! C'est au rythme des slogans que la foule, enfants en tête, a suivi le tracteur, formant un très long cortège dans Tuchan, depuis le cave jusqu'à l'agence locale du Crédit Agricole. Dans le godet de la machine, un panier dans lequel a été symboliquement déposée une 'bombe' : un paquet de 360 courriers de clients du Crédit Agricole qui dénoncent leur banque, annonçant la clôture des comptes et la vente des parts sociales. Geste de protestation qui fait tâche d'huile dans les communes alentours : "J'ai récupéré encore plusieurs dizaines de lettres !", ajoute un élu, "sans compter les clients qui retirent leurs comptes sur Narbonne et Perpignan !", anticipe un autre à ses côtés, tous deux graves et solennellement ceints de l'écharpe tricolore. 

 

. Incompréhension

La décision des clients fait suite à la démission, rendue publique dans la semaine, des 15 administrateurs de la caisse locale du Crédit Agricole de Tuchan, suivie de celle de Durban et ses 25 administrateurs. "C'est la seule banque qui freine notre redressement, explique un vigneron. C'est une banque mutualiste, faite par les agriculteurs. Elle est implantée ici depuis des décennies, c'est la banque de nos grands-parents. Pour nous c'est incompréhensible". Au milieu des maires, adjoints et conseillers municipaux, le président de l'intercommunalité Christian Castie appuie sur la solidarité qui soude les manifestants : "C'est la continuité de nos actions économiques qui est en jeu : si Mont Tauch meurt, le territoire meurt, et nous avec". Un sentiment partagé par Jean Daurat- Fort, président de l'ODG Fitou : "Mont Tauch, c'est 45 % de la production AOP Fitou. Si la structure vient à disparaître, c'est la mort de la plus vieille appellation contrôlée du Languedoc". Parmi les vignerons, des 'collègues' de Castastel ont laissé derrière eux la rivalité ancestrale : «Les divisions n'ont plus cours. On a conscience du péril, et on discute de rapprochement. Les diviseurs dans les caves, ce sont les hectolitres", assure Pascal Toussenot, le président. Des syndicalistes, venus en renfort, dans le sillage de Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l'Aude et Philippe Quintilla de la 'Conf'. Une masse humaine déterminée à sauver son territoire, qui a défilé devant l'école fermée et les rideaux baissés des artisans et des commerçants. 

 Tuchan : Mont Tauch peut-il éviter la liquidation judiciaire ?

 

 

Les élus (dont le nouveau conseil de Tuchan) se mobilisent pour tenter de sauver la structure. PHOTO/Photo V. D.

 

 

Le 15 avril est la date fatidique pour Mont Tauch.

Le sort de la cave coopérative des Hautes-Corbières ne tient qu'à un fil. Celui d'une banque. Depuis deux ans, tous les élus ont uni leurs forces pour aider le conseil d'administration de la cave à redresser la structure et sortir Mont Tauch de la grave crise financière. Aujourd'hui, cela sera-t-il suffisant ?

Mise en redressement depuis le 14 avril 2013, la cave des Hautes-Corbières joue la montre. Un an exactement plus tard, ce 14 avril prochain, le sort de Mont Tauch sera scellé. Car le 15 avril 2014 est la date butoir fixée par l'administrateur judiciaire pour l'ultime Comité des créanciers bancaires. En matière de redressement judiciaire, à l'issue des 6 premiers mois, le plan proposé pour sauver l'entreprise doit être adopté à la majorité des membres. Au-delà, pour la seconde période de six mois, le plan doit être approuvé à l'unanimité de tous les acteurs.

C'est l'échéance qui se profile. Or, parmi les banquiers qui détiennent le sort de Mont Tauch entre leurs mains, l'un d'entre eux vient de lâcher prise. Alors que Groupe AMA, CIC, Banque Populaire et Crédit Agricole travaillaient d'arrache-pied autour de la banque de France, pour finaliser le montage financier, c'est finalement le Crédit Agricole qui a demandé un délai de réflexion. L'organisme de crédit se retrouve, de fait, l'élément clé de la sortie de crise. Que va -t-il se passer ce 15 avril si le Crédit Agricole refuse la validation et se retire ?

  • Démissions

Face au risque de la liquidation judiciaire, l'ensemble des élus de la caisse locale du Crédit Agricole de Tuchan menace de démissionner, le président Jean Daurat-Fort en tête : "45 % de la production de l'ODG Fitou se fait à Mont Tauch. Or dans le cahier des charges, il est obligatoire de vinifier et d'élever le vin sur l'aire des 9 communes. L'Appellation Fitou sera amputée de la moitié de son volume. Il faut que les 70 000 hl sur les 2 400 hectares de l'aire Fitou restent en production à Mont Tauch. On ne délocalise pas la viticulture ! Pas de raisin à roulettes !", tempête le président de la plus ancienne appellation.

Des démissions en cascades qui pourraient être suivies par d'autres, très médiatiques : celles de tous les maires, fraîchement élus, dans les communes concernées par Mont Tauch : Tuchan, Durban, Paziols et Villeneuve-les-Corbières. Une incompréhension partagée par les vignerons qui, après avoir sacrifié 7 millions d'euros, ne comprennent pas pourquoi la banque agricole ne les suivrait pas. Dans un département où la solidarité entre les banques a toujours été de mise, l'hypothèse d'un tel retrait plonge Mont Tauch dans un abîme d'interrogations. 

Les enjeux
 
Dette : La dette de Mont Tauch s'élève à 17,5 millions d'euros, dont 8 millions de dettes bancaires. Le conseil d'administration a annoncé l'abandon de la dette des vignerons, à hauteur de 7 millions d'euros, représentant la récolte 2012 et une partie de celle de 2011. Adhérents : 220 vignerons sont en péril, 26 employés de Mont Tauch. La cave coopérative et la SICA (structure de vente) ont traversé 2 plans sociaux, au départ, la masse salariale comptait 98 personnes. Une telle liquidation serait une catastrophe économique dans un bassin de vie de 4 000 habitants où 600 personnes sont salariées.

 Pierre Richard et Rothschild ambassadeurs des Corbières

 

 

Pierre Richard, ou l'attachement d'un comédien à sa terre d'adoption.

 

 

On le sait depuis longtemps, le Languedoc attire les personnalités. Le vignoble Rothschild et celui de Pierre Richard ont conté leur histoire.

Quel avenir pour la viticulture de notre région ? Une fois n'est pas coutume, c'est avec des histoires passionnantes, et non pas des chiffres, qu'on a estimé l'étendue des opportunités du bassin viticole languedocien. Car si les atouts sont connus, ils sont souvent renforcés lorsque les... étrangers les font fructifier. On en mesure alors mieux la portée.

C'est avec des témoignages forts, comme celui d'Éric Fohler, directeur technique du Vignoble Rotschild, et de Pierre Richard, le 'comédien vigneron' de Gruissan, que l'avenir se dessine prometteur. Un espoir encouragé par l'expertise de l'œnologue Marc Dubernet, et éclairé par l'approche historique de Jacques Michaud, le président de la commission archéologique. Des interventions qui se sont déroulées samedi soir au Palais des Congrès de Gruissan, à l'initiative du Lion's Club Narbonne Doyen. Le club service, présidé par Marc Bonnet, s'est rapproché de la cave coopérative de Gruissan, pour soutenir sa démarche 'Alta Vinha', à savoir la création d'un vignoble de 8 hectares liée à la souscription individuelle. Frédéric Vrignat, le directeur de la cave, a détaillé l'initiative de Gruissan qui, non seulement se projette dans l'avenir avec l'installation de jeunes agriculteurs, mais se montre - également - soucieuse de l'environnement avec la création d'une coupure verte au cœur du massif de la Clape. Le tout dans l'objectif de produire un vin haut de gamme.

Éric Fohler, après avoir décrit sommairement la démarche de la famille Rothschild est revenu sur les raisons qui ont poussé le Baron Éric de Rothschild à acquérir Château Aussières, sur la route de Fontfroide, et ce en 1999. "Au départ c'était une opération de sauvetage : le domaine était à l'abandon avec 167 ha de vignes non taillées depuis 5 ans" Le nouveau propriétaire a entamé une réhabilitation de grande ampleur, pour travailler 115 ha en AOC Corbières, et 55 en vin de pays. Soit 1 200 000 bouteilles, dont 70 % partent à l'exportation.

Au fil de ces années, l'hésitation s'est muée en conviction : "Où peut-on travailler 11 cépages sur le même domaine ? Nous comparons Aussières au Chili. En Languedoc, on peut tout faire. Cette région a une capacité, une souplesse inouïe, elle offre une immense liberté".

Pierre Richard, lui, a livré une approche personnelle toute en sensibilité, avec une simplicité teintée d'humour. "Les vignes m'ont beaucoup appris : la patience et l'humilité. J'ai appris à sentir la terre et la garrigue. J'ai surtout la passion de vouloir réussir. J'aurais été vexé si on m'avait dit : restez dans le cinéma ! J'adore ce pays et je suis devenu ambassadeur des Corbières. Voilà mon petit parcours, il est ce qu'il est, et il me rend heureux". La reconversion réussie d'un comédien vigneron, l'ambition d'un banquier d'affaires pour son vignoble audois, voilà deux exemples qui, avec le succès foudroyant de la souscription d'Alta Vinha, prouvent que l'audace paie.

 

 Déménagement forcé pour le Conservatoire de la Vigne

 

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 Narbonne : la 'winery' de la Clape, atout économique ou aberration paysagère ?

 

 

Le chantier controversé de la winery devrait bientôt toucher à sa fin. On pourra alors juger de son intégration dans le paysage. PHOTO/J. L.

 

 

La question continue de diviser les élus, comme l'a démontré le dernier conseil municipal. L'inauguration du site de Gérard Bertrand est prévue pour février.

Entre le nécessaire développement économique du territoire et la non moins nécessaire préservation de sa belle nature, l'équilibre n'est pas toujours facile à trouver. Ainsi, selon qu'ils soient aux affaires ou dans l'opposition, les élus narbonnais ne placent pas toujours le curseur au même endroit. Ou tout du moins ne mesurent-ils pas de la même manière l'impact d'un projet sur nos paysages. En la matière, le chantier de la future 'winery' de l'Hospitalet est emblématique d'un dilemme certes subjectif, mais duquel dépendent bien des enjeux.

. "Des normes, on en a plus que moins"

Ce dossier est à ce point sensible qu'il s'est immiscé dans le dernier conseil municipal alors même qu'il n'était pas à l'ordre du jour. A la base, l'assemblée débattait de la création d'un centre œnotouristique au domaine de Capitoul. La problématique est la même : lancer un gros chantier aux retombées prometteuses sur un site classé et ultra protégé.

Alors quand Michel Moynier reproche à Jacques Bascou de modifier le Plu et le Scot pour arriver à ses fins, l'élu fait vite le parallèle avec les travaux en cours au rond-point de Moujan. "Vous avez autorisé ce chantier avec des arguments similaires à ceux que vous nous servez aujourd'hui", lance l'ancien maire. "Mais on ne se laissera pas duper par des projets mirobolants !"

En guise de réponse, Jacques Bascou invitera Michel Moynier à vivre avec son temps. "Allez en Californie", lance l'édile. "Les winery sont entourées d'étangs, de bois, de canaux, tout en étant très modernes. Ce sont des outils de promotion à part entière !" David Granel tempère. "On ne conteste pas le principe d'une winery", corrige l'élu 'NN 2008'. "Simplement, ce type d'installation ne s'inscrit pas dans la tradition locale. Je passe devant presque tous les jours : l'impact paysager est réel".

Le maire de Narbonne rappellera que les travaux sont toujours en cours. "Il faut le voir terminé", insiste-t-il. "Par ailleurs, ça ne vous gênait pas, jusqu'à présent, que des camions traversent la Clape pour aller chercher le vin à l'Hospitalet !" Le premier magistrat, qui se défend de sacrifier l'environnement aux seuls intérêts économiques, souligne aussi que "des normes, aujourd'hui, on en a plutôt plus que moins". Et convie ses opposants à l'inauguration du site, prévue fin février. " Ce n'est pas moi le propriétaire, mais vous êtes cordialement invités !" "C'est 'Viens chez moi, j'habite chez une copine'", ironisera Michel Moynier.

Jacques Bascou persiste : "Comme ça, vous pourrez dire à Gérard Bertrand en personne qu'il a fait une verrue dans la Clape". 


 Ces jeunes agriculteurs qui tentent l'aventure dans l'Aude

 

 

 

 

 

 

Le compte n'est pas bon pour les Vignerons du Midi

 

 

Les Vignerons du Midi déplorent une récolte très inégale selon les territoires. PHOTO/Ph. L

 

 

Afin de clore sa tournée des popotes qui l'a mené aux quatre coins du département pour les différentes réunions de secteur, Frédéric Rouanet a tenu à faire le point hier après-midi à la maison des Vignerons de Narbonne. "Ces réunions sont importantes parce qu'elles permettent d'aller à la rencontre de tous les viticulteurs et de labourer le terrain", souligne t-il, satisfait des échanges.

1 Bilan de la récolte

Pas du tout content de ce qu'il a lu et entendu, Frédéric Rouanet tient à mettre les points sur les i. "J'ai entendu des estimations de récolte très farfelues. Le résultat est extrêmement contrasté sur le département et c'est la catastrophe sur trois secteurs", souligne-t-il avant de détailler : "la récole est moyenne sur Narbonne, le littoral et le bas Minervois, mais elle est très faible sur l'ouest audois, les hautes Corbières et le haut Minervois qui a subi les coulures dues au froid de printemps, puis un retard de maturité".

2 Allégement de charges

"On a pris les devants pour aider les viticulteurs touchés à s'en sortir", reprend le président. Le syndicat va en effet demander un allégement de charges pour les vignerons de ces zones qui sera étudié "au cas par cas". Une enquête est en cours auprès des caves coopératives pour quantifier la perte de récolte. Ces données vont permettre de savoir combien de viticulteurs sont concernés. Il s'agit de la 3e récolte historiquement la plus faible dans ce département avec 3,6 millions d'hectos.

3 Négociations en cours

Deux dossiers sont particulièrement suivis : d'une part le problème de l'impôt foncier non bâti. Les vignerons attendent une réponse du ministère des Finances. Concernant la perte de l'acompte des 15 %, Frédéric Rouanet salue le travail réalisé par le sénateur Courteau et ne désespère pas que "d'autres pistes soient explorées pour trouver une solution". Autre dossier sur la table des Vignerons du Midi, le problème de l'écotaxe. "Pour l'instant c'est suspendu, mais on demande la suppression pure et simple. Une fois de plus c'est le producteur qui devra payer et on ne peut pas encore augmenter les taxes sur notre production", assure Frédéric Rouanet.

4 Enrichissement

Après le cafouillage de septembre, la question est toujours d'actualité. "On travaille d'arrache-pied sur ce dossier. Il faut trouver une équité entre les régions. Notre position est simple, c'est de dire oui au sucre et chacun fait ce qu'il veut". Une décision en janvier est attendue pour les vendanges 2014. Le syndicat des Vignerons est solidaire des vignerons victimes d'un incendie criminel à Ventenac-Cabardès. Ils seront représentés à la marche de soutien qui a lieu aujourd'hui.

 

Moujan : la Winery inaugurée en février

 

 

 

 

Dernière ligne droite pour le centre de vinification. Situé à la porte d'entrée du Massif de la Clape, au carrefour de Moujan, route de Narbonne-Plage, le nouveau Centre de Vinification des Vins Gérard Bertrand sera bientôt terminé.

Ce méga projet a été porté par le vigneron du Domaine de Villemajou dans les Corbières et du Domaine de l'Hospitalet, et sa vocation est bien celle d'un centre de vinification. Le caveau de dégustation restant - lui - à l'Hospitalet. Cette réalisation sera inaugurée le lundi 24 février 2014 en présence de nombreuses personnalités. Gérard Bertrand a porté de projet aux portes de Narbonne.

 Pesticides dans le vin : 'Que choisir' relance le débat

 

 

22 vins du Languedoc-Roussillon ont été analysés par Que Choisir. PHOTO/Photo Claude Boyer

 

 

Dans son numéro à paraître mardi, 'Que choisir 'publie les analyses réalisées sur 92 vins français. Les teneurs sont infinitésimales mais aucun vin n'échappe à la pollution.

Le magazine Que-Choisir, à paraître mardi prochain, publie une nouvelle enquête choc sur la présence de pesticides dans les vins français. 92 bouteilles (blancs, rosés, rouges), issus des principales régions viticoles françaises, et choisis par la rédaction du magazine, ont été analysées.

Tous les échantillons contaminés

Parmi ceux-ci, 22 vins du Languedoc-Roussillon (voir le tableau ci-dessous) qui, eux aussi, n'échappent pas à ce tableau plutôt noir. La totalité des échantillons sont en effet contaminés. Certaines bouteilles de la région cumulent même 9 à 10 molécules différentes. Mais le record revient à un Bordeaux qui additionne 14 molécules. Alors certes, les quantités sont inférieures aux limites maximales de résidus (LMR) en dessous desquelles il n'y aurait pas de danger pour la santé. En réalité, il n'existe pas, pour l'heure, de LMR pour le vin comme pour les fruits et légumes ou le lait.

 

Un Graves blanc à l'amende

Alors pour juger réellement de l'importance de ces chiffres, les journalistes de Que Choisir (Florence Humbert et Eric Bonneff) les ont comparés à la concentration maximale admise pour l'eau du robinet. Et là, certains vins analysés explosent les compteurs. A titre d'exemples, un Graves blanc 2011 totalise 1 682 microgrammes de résidus, une quantité 3 364 fois plus élevée que la norme appliquée à l'eau potable (0,5 microgramme).

Le consommateur perdu

En l'absence de limitations précises de résidus dans les vins, consommateurs et producteurs sont dans le flou. La France reste malheureusement, premier utilisateur européen de pesticides (62 700 tonnes en 2011). Et l'utilisation de ces pesticides a même progressé de 2,7 % entre 2010 et 2012. Tant et si bien que de nombreux vignerons militent aujourd'hui pour la mise en place de ces LMR. Pascal Chatonnet, œnologue et directeur d'Excell, un labo d'analyses spécialisé va dans ce sens. Il a rendu publique une analyse similaire en févier dernier réalisée sur 300 vins d'Aquitaine et de la vallée du Rhône (2007 et 2008). 90 % des échantillons hébergaient au moins une des cinquante molécules recherchées, souvent un fongicide. Pascal Chatonnet propose déjà un service, '+Nature by Excell' qui a fixé ses propres LMR de façon à réduire l'usage des pesticides. La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics et, notamment, de l'Europe pour faire changer en profondeur les pratiques. 

F. Rouanet : "Ici, on a moins de problèmes"

Le président du Syndicat des Vignerons a accepté de réagir à chaud à l'enquête.

L'enquête de Que Choisir fait apparaître la présence de pesticides dans ces 92 vins testés. 
Depuis pas mal d'années, beaucoup d'efforts ont été réalisés. Les vignerons de la région sont progressivement passés en agriculture raisonnée. Mais il y aura toujours des maladies que l'on ne peut combattre qu'avec certains produits. 

Les résidus sont en plus grande quantité en Champagne ou en Bordelais, mais existent-ils aussi dans la Région ? 
Je n'ai pas encore pris connaissance de ces analyses, mais en Languedoc-Roussillon, on n'a pas de problème majeur. On a la chance d'avoir un climat favorable. On est certainement ceux qui traitons le moins du monde entier. 

Que peut-on faire pour améliorer les choses à l'avenir ? 
Sur ce dossier, je souhaite évidemment qu'il y ait un débat. Mais je veux voir les chiffres de Que Choisir. Dans le Midi, on n'a pas de problèmes de surconsommation, mais si j'étais Bordelais, j'agirais sûrement comme eux. 

Comment peuvent agir les vignerons audois ? 
Vous savez, les produits sont chers. C'est un remède. On n'a pas intérêt à en abuser. Les vignerons savent ce qu'ils font parce que c'est eux qui les utilisent. Et on veut que les consommateurs soient satisfaits. Les marchands de produits doivent faire des efforts aussi. Mais je tiens aussi à dire qu'en France, on a déjà la traçabilité. Certains produits interdits entrent pourtant en France. Il faut qu'on soit, tous, en Europe, sur un pied d'égalité. 

 Vendanges de nuit pour des vins frais et friands

 

 

Dès la nuit tombée et jusqu'au lever du jour, la machine à vendanger récolte les raisins qui composeront les futures cuvées blanches et rosées. PHOTO/© F.P.

 

 

De 22 h à 8 h, les vignerons de la cave coopérative sont à l'œuvre pour  récolter les raisins qui composeront les blancs et les rosés 2013.

 Le secret, c'est la fraîcheur. Pour obtenir des vins blancs et rosés de couleur pâle et aux arômes délicatement fruités, les vignerons mènent une vraie course contre la montre et la température. C'est pourquoi, depuis bientôt 10 ans, ils pratiquent les vendanges nocturnes : de 22 h à 8 h, idéalement entre 5 h et 7 h 30, il faut s'activer pour cueillir sauvignon, chardonnay, syrah, cinsault et caladoc. Dans la fraîcheur de la nuit, les machines à vendanger et les tracteurs ouvrent ainsi le bal de la récolte 2013.

Question de degrés et de technologie

 Il faut dire que le degré de maturité du raisin n'attend pas. S'il a un peu de mal à monter cette année (les vendanges accusent 2 semaines de retard), c'est lui qui détermine la date de la récolte. "Il faut atteindre 12 degrés minimum. Mais celui-ci ne doit pas trop monter pour établir un juste équilibre entre la qualité du vin et sa coloration", explique Michel Coutelier, directeur de la cave coopérative de Lézignan. Une fois récolté, le raisin est acheminé jusqu'aux quais de déchargement qui restent ouverts en pleine nuit. Il connaîtra alors un pressurage pneumatique, plus doux pour les arômes. Un système de flottation permet ensuite de décanter et d'obtenir un jus très clair. Le filtre rotatif, acquis cette année par la cave, se chargera d'ôter les bourbes : celles-ci donneront à leur tour un jus savoureux que les vignerons intégreront aux différents vins. Autant d'équipements grâce auxquels les artisans de la vigne évitent l'oxydation et la chaleur fatale aux futures cuvées blanches ou rosées. La qualité s'en ressent forcément : ces technologies permettent de réaliser des vins toujours plus fins et gourmands qui attirent les médailles. Enfin, la fermentation en cuve durera environ 3 semaines, toujours à basse température (15 degrés).

Mais il faudra se presser car le vin primeur doit être mis en bouteille pour le 3e jeudi d'octobre : c'est la date officielle et malgré le retard des vendanges 2013, les vignerons n'ont pu obtenir de dérogation. Sachant que les blancs AOC et les rosés rentreront la semaine prochaine seulement (encore une question de maturité du raisin), les maîtres vignerons devront travailler d'arrache-pied pour satisfaire à temps nos papilles (l'abus d'alcool est dangereux pour la santé).

Le Chai des vignerons, avenue Mistral à Lézignan-Corbières. Tél. 04 68 27 00 36.


 Vendanges tardives dans les P.O. : "Le retard ? Une aubaine !"



Dans la plupart des domaines, comme ici chez les Piquemal, les vendanges démarrent à peine. PHOTO/Th. Grillet
 Partout dans le département, les vendanges débutent avec deux à trois semaines de retard. Mais les viticulteurs sont loin de s'en plaindre. Tour d'horizon.

Les épinettes, hottes, et autres outils destinés aux vendanges sont de sortie ! Avec deux à trois semaines de retard, les viticulteurs commencent enfin à récolter les fruits de leur travail, un peu partout dans les Pyrénées-Orientales. "C'est le millésime le plus tardif depuis les années 1980, observe Hélène Teixidor, directrice de l'ICV (institut de coopération du vin). On l'a su rapidement, avec le déficit d'ensoleillement au printemps".

Au domaine Piquemal, situé à Espira-de-l'Agly, les premiers coups de sécateur ont été donnés le 30 août. "L'an dernier, on avait démarré le 18 août", se souvient Marie-Pierre Piquemal. C'est encore pire pour Bernard Cazes, dont le domaine est à Rivesaltes : "On a tout juste commencé, alors qu'en 2012 on avait commencé le 9 août".

Du retard partout donc par rapport aux années précédentes, mais "j'ai plutôt l'impression qu'on est sur une année normale. Ces dernières années, les vendanges se faisaient de façon précoce en fait", juge Marie-Pierre Piquemal. "Il y a trente ans en arrière, on vendangeait autour du 15 septembre !" corrobore Bernard Cazes. Et finalement, les viticulteurs s'accommodent volontiers de cette relative lenteur dans la maturité des raisins.

"Je suis contente et même assez optimiste, révèle Elise Gaillard, directrice du domaine Madeloc. Pour le collioure par exemple, ce retard est positif. Il devrait notamment donner une bonne acidité". Bernard Cazes confirme ces propos : "Je suis très satisfait pour le moment. Les paramètres sont jusqu'à maintenant exceptionnels. Je suis passé à travers la grêle, il n'y a pas eu de sécheresse, les nuits sont fraîches". L'amplitude thermique de cette fin d'été, un élément qui fait l'unanimité chez les vignerons. La différence entre température diurne et nocturne est en effet bénéfique.

Explication : au lieu de se produire lorsque la vigne souffre de stress, la maturité se fait dans de meilleures conditions météorologiques. À condition que le début de l'automne ne perturbe pas ce bel ordonnancement. "Une année, il a grêlé la veille du début des vendanges", se souvient Bernard Cazes, optimiste mais prudent dans ses projections. Finalement, "ce retard est une aubaine", ose carrément Marie-Pierre Piquemal. "Ça va demander un gros travail de finition, il faudra assurer un suivi de la maturité des baies tous les deux jours et passer peut-être trois fois dans la même parcelle, mais chaque millésime est une prise de risques !" sourit la jeune femme, impatiente de travailler ce raisoi que d'aucuns annoncent prometteur. 

Retard de la récolte: quelles conséquences sur les vins

 

 

 

 

 

 Viticulture dans l'Aude : retard sur les récoltes et baisse des rendements

 

 

 

 

Les vendanges ne sont pas pour bientôt. Les conditions météorologiques de juin pluvieuses, à dérouter même un Breton, et froides comme un hiver sans fin rendent les prévisions pour le millésime 2013 incertaines. Côté rendement, le message est à la prudence, bien loin de l'optimisme affiché au printemps. France Agri Mer annonçait un rendement de l'ordre de 4,2  millions d'hectolitres dans l'Aude. Un chiffre qui ne sera pas atteint même si on peut espérer raisonnablement mieux que le catastrophique chiffre de 2012 avec 3,46 millions d'hectos.

Foyers de botrytis

Emmanuel Rouchaud, chef du service viticulture à la chambre d'agriculture revient sur les événements du printemps. "Ces conditions météo ont entraîné des phénomènes de coulure - chute de fleurs ou de jeunes fruits - et de millerandage - croissance pas homogène des grappes -, pour le merlot et le grenache. La pluie n'a pas facilité la fécondation et le froid de ce printemps n'a pas permis au sucre de suffisamment synthétiser." Au niveau sanitaire, les viticulteurs ont traité à temps pour éviter globalement la prolifération du mildiou. Mais la chaleur et l'humidité actuelles incitent plutôt à la prudence dans certains secteurs où sont apparus des foyers de botrytis (*). Le retard annoncé des vendanges sur la plupart des secteurs laisse planer d'autant plus le risque de développement de ce champignon.

Récoltes en novembre ?

Ce sont ces conditions actuelles et l'incertitude sur la météo à venir dans les trois prochaines semaines qui laissent encore penser que les pertes peuvent être importantes. Dans l'idéal, une pluie mi-août permettrait d'éviter tout risque de contraintes hydriques et un vent sec, le reste du temps, permettrait de conduire les raisins à bonne maturité pour des vendanges, au plus tôt fin août pour les muscats du littoral ou les chardonnays du Limouxin. Les cabernet-sauvignon du limouxin pourraient même ne se récolter que début novembre. Le discours reste cependant à l'optimisme du côté de la chambre d'agriculture. "Rien ne dit pour l'instant que le millésime sera mauvais. On entre juste dans la maturation. Pour l'instant, tout va bien. Les chardonays sont très beaux. Les carignans et les syrahs se portent bien aussi."

(*) Botrytis cinerea est un champignon phytopathogène responsable de la pourriture grise. Au niveau sanitaire, les viticulteurs ont traité à temps pour éviter globalement la prolifération du mildiou.

 

 Languedoc-Roussillon

 

 

Aude

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Récolte 2013 : "La coulure s'avère être marquée" en Languedoc-Roussillon

La production de vin en France est attendue en hausse de 11% cette année par rapport à 2012, où la récolte avait été historiquement basse, et devrait retrouver ses niveaux moyens des années précédentes, selon des prévisions d'Agreste établies au 1er août.


 

 

 

Le revenu agricole moyen en baisse en Languedoc-Roussillon

 

 

© F3 LR F.guibal Aude - champ de tournesol - 1er juillet 2013.

 

 

Le revenu moyen des agriculteurs français a atteint en 2012 son plus haut niveau en 25 ans grâce aux sommets atteints par les cours des grandes cultures. Une situation contrastée entre régions et entre les divers métiers de la profession. Dans la région, il reste l'un des plus faibles de France.

  • Par Fabrice Dubault
  • Publié le 04/07/2013 | 12:18, mis à jour le 04/07/2013 | 12:18
Aude - champ de tournesol - 1er juillet 2013. © F3 LR F.guibal
© F3 LR F.guibal Aude - champ de tournesol - 1er juillet 2013.



La Commission des comptes de l'agriculture de la Nation (CCAN) a publié mercredi son examen annuel sur la santé pécuniaire des exploitations qui fait apparaître une progression moyenne de 9,4% entre 2011 et 2012, à 38.300 euros.
L'éventail va de plus de 76.000 euros en moyenne pour les céréaliers contre moins de 20.000 pour les éleveurs.
Le Languedoc-Roussillon est toujours à la traîne.
Des disparités entre les métiers qui s'accroissent
"A 76.500 euros en moyenne par actif non salarié, avant impôt, pour l'ensemble des exploitations de grandes cultures (céréales, oléagineux et protéagineux)", ces dernières battent "leur record historique de 2007", selon l'organisme statistique du ministère qui rappelle que les prix des céréales, déjà élevés en 2011, se sont encore accrus de 20% en 2012.
L'augmentation du revenu dans certaines régions céréalières "frôle voire dépasse 50% dans la région Centre, en Ile de France et en Haute-Normandie", note-t-il.
Par comparaison, le revenu moyen des exploitations de la moitié sud, où les grandes cultures sont moins prégnantes, s'établit en dessous de 25.000 euros par actif.
Si le revenu moyen des agriculteurs progresse ainsi, toutes productions confondues, c'est que le bond des recettes céréalières a "plus que compensé les reculs de certaines productions en volume pour les exploitations spécialisées dans le maraîchage et l'arboriculture, ainsi que pour les élevages porcins et avicoles (filière ponte)", qui ont été gravement touchés, relève le ministère.
En viande, la situation des élevages bovins "reste difficile, avec un niveau de revenu tout juste stable ou en baisse et structurellement faible" autour de 17.100 euros par éleveur "grâce à la hausse sensible des prix".
Pour le lait de vache, "la baisse des volumes et des prix, conjuguée à la hausse du coût de l'alimentation (du bétail), entraîne un repli du résultat moyen" qui plafonne à 24.700 euros, "niveau légèrement inférieur à celui de 2010".
En viticulture, "2012 restera l'année de la plus faible récolte depuis 40 ans dans quasiment tous les vignobles", en raison de conditions climatiques particulièrement défavorables. Et malgré la mobilisation des stocks dans un contexte de prix en hausse, le revenu  des viticulteurs "risque  d'atteindre son plus bas niveau depuis les années 2000", autour de 32.800 euros.
Là encore les disparités sont marquées entre l'Alsace (42.700 euros) ou la Champagne (67.100) et les 19.300 euros du Languedoc-Roussillon, où les mauvaises performances sont pourtant "compensées par les fruits", nuance le ministère.
Des disparités dénoncées par les syndicats
Pour l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture, "les évolutions sectorielles ont eu un impact territorial fort avec des revenus en baisse dans les départements d'élevages bovins et ovins". Dans des régions comme l'Auvergne et le Limousin, "les revenus départementaux sont majoritairement à la baisse" ainsi qu'en Languedoc-Roussillon.
Elle note aussi la baisse constante du nombre d'exploitations, de 2 à 3% perdues chaque année, avec un nombre d'actifs passés de 951.000 en 2000 à 752.000 en 2012 (-21%). La France comptait encore 1,87 million d'exploitations en 1979.
Le principal syndicat agricole, la FNSEA, n'avait pas immédiatement réagi mercredi mais les organisations minoritaires n'ont pas manqué de relever ces forts écarts de revenus.
Pour la Confédération paysanne, qui déplore "une accélération des disparités", la future Politique agricole commune "a les moyens et le pouvoir de redistribuer les aides".
"On ne peut plus laisser des paysans abandonner leurs fermes les uns après les autres. Aucun prétexte de croissance, de concurrence ou autre ne doit venir justifier la disparition des uns au profit des autres", insiste-t-elle.
"De l'optimisme qui sonne faux", renchérit la Coordination rurale. "Certes, le résultat des céréaliers est bon en 2012, mais son instabilité rend l'avenir très incertain".
Quant aux producteurs de blé et de maïs (AGPB et AGPM), ils avancent que la hausse des cours de 2012 est déjà "totalement effacée", avec un recul de 25% depuis novembre pour le blé et de 28% pour le maïs.
Aussi "il est d'ores et déjà prévisible que le revenu en céréales et oléo-protéagineux pour 2013 sera beaucoup plus proche de la moyenne toutes exploitations", pronostiquent-ils.






 

 Du Carignan à gogo pour des vignerons aux petits soins

 

 

Nicolas et Caroline Bantlin, et leur fils Falk, en visite dans les vignes de vieux Carignan de Marc Castan sur le plateau de Leucate. PHOTO/C. L.

 

 

Fiers de leur terroir, ces vignerons de La Palme et Fitou bichonnent leurs vieilles vignes pour en extraire des cuvées 100% pur Carignan. Un pari qui séduit.  

Il s'en mord un peu les doigts aujourd'hui. Quand il s'est lancé en 2003 dans la viticulture, Marc Castan en a arraché des pieds de Carignan pour planter de la syrah dans le cadre de la reconversion qualitative différée. "Mon grand-père en avait planté beaucoup", explique-t-il dans sa cave de poche installée au cœur du village de La Palme, le domaine Mamaruta. L'aventure de la cave coopérative ne l'a pas convaincu.

Six ans plus tard, il décide de poursuivre seul et en bio et sort son premier millésime en 2009. Entre-temps, quelques rencontres déterminantes : celle d'Alban Michel à Feuilla qui assume pleinement son 100 % Carignan baptisé La mauvaise réputation, un clin d'œil savoureux à Brassens. Celle aussi de Caroline et Nicolas Bantlin du domaine des Enfants sauvages à Fitou. "Ils m'ont reçu en 2009 et m'ont expliqué beaucoup de choses, je voulais travailler en levure indigène, faire des vinif naturelles", confie Marc qui a tout de suite été tenté de faire une cuvée 100 % Carignan puis deux, Kezako et Le vin de ma cocotte. Caroline et Nicolas sont arrivés en 2001 à Fitou. Elle est architecte et lui responsable de l'entreprise familiale spécialisée dans le travail du cuir en Allemagne, ils quittent tout pour venir vivre ici avec leurs deux enfants.

Du Carignan pur

Ils tombent amoureux d'une bergerie perdue du côté d'Opoul. "Il y avait une vigne tout autour, on s'est dit qu'on devait apprendre à cultiver la vigne", raconte Nicolas pour qui le vin a été une révélation. "Auparavant, ce n'était pas du tout notre univers. On en buvait une fois de temps en temps et encore et on ne connaissait rien ni à la vigne, ni à la vinification", assure-il. La culture en biodynamie s'est imposée comme une évidence. Ils ont cherché, beaucoup lu et rencontré quelques personnes qui leur ont montré la route. En 2007, ils font leur premier carignan pur. "C'était notre parcelle préférée qui donnait des grappes vraiment très jolies", reprend Nicolas qui donne ainsi vie au Roi des lézards, un hommage à Jim Morrison et aux Doors dont le couple est fan. Ils connaissaient bien entendu la mauvaise réputation du cépage, mais ne l'avaient culturellement pas ancré en eux. Marc Castan oui et, dans sa volonté d'indépendance, il a décidé d'aller jusqu'au bout de ses envies, épaulé par l'expérience de ses voisins avec qui il partage la même philosophie.

Dans notre édition d'hier, nous avons présenté l'association Carignan Renaissance qui œuvre pour la reconnaissance de ce cépage.

 Aude : Les fervents défenseurs du carignan sortent des vignes

 

 

 

 

Le cépage le plus mal aimé de la région n'a pas dit son dernier mot. Une association vient de voir le jour, Carignan Renaissance, pour sa reconnaissance.

Ils en ont marre. Ras-le-bol d'écouter tout et n'importe quoi sur ce cépage emblématique du Languedoc-Roussillon qu'on accuse de tous les maux. Voilà quelques années, qu'ils sont une poignée de vignerons à oser faire du 100 % carignan et à le dire. Un défi à l'entendement pour certains, une prise de conscience salutaire pour d'autres. Mais voilà, pour se faire entendre, mieux vaut parler d'une seule et même voix. C'est le but de l'association Carignan Renaissance, créée en 2004 puis mise en sommeil, qui a fait mardi dernier son retour sur le devant de la scène avec une réunion 'au sommet' à Narbonne.

Une poignée de vignerons sont de l'aventure. John Bojanowski du Clos du Gravillas est de ceux-là. "En 1970, le carignan était le cépage le plus répandu au monde. Ici, on l'a beaucoup planté, mais pas toujours aux bons endroits. Le carignan, surtout en plaine, était là pour faire pisser la vigne", reprend ce vigneron de Saint-Jean-de-Minervois. Parfaitement adapté à la région, à la chaleur, à la sécheresse, mais aussi aux sols maigres, le carignan s'est imposé pour ses hauts rendements. "En fait, on ne se posait pas la question de savoir si on pouvait faire du bon vin avec ce cépage. C'est pourtant un raisin qui a un super-goût si on sait attendre sa maturité", reprend Jon Bowen du domaine Sainte-Croix de Fraissé-des-Corbières. Défendre le carignan, c'est porter une vraie identité régionale. Faire du 100 % carignan n'est donc pas une démarche anodine pour eux. Bien au contraire, c'est incarner leur patrimoine et leur métier.

Un bouc émissaire

Les instances professionnelles ont largement encouragé, en le finançant, l'arrachage du carignan au profit d'autres cépages comme le merlot, le cabernet ou le sauvignon qui sont des cépages très répandus. "Le système des AOC et des vins de pays d'Oc a fait le reste", soulignent ces vignerons qui dénoncent la mise à l'écart du carignan, sauf pour l'AOC Fitou et l'AOC Corbières Boutenac où il est encore bien présent. "On a fait du carignan le coupable idéal d'une production qui n'était pas assez qualitative, c'était plus facile que de dire que les vignerons n'étaient pas bons !", estime Pierre Cros, vigneron à Badens et fervent défenseur des vieux cépages, qui ne mâche pas ses mots sur le sujet."C'est comme ça qu'on a perdu notre identité en Minervois, maintenant on a de la syrah et du grenache de Montélimar à Perpignan", reprend-il furieux de cette uniformisation.

Heureusement, certains ont fait de la résistance et ils ont jalousement gardé leurs vignes de carignan surtout lorsqu'elles étaient en coteaux. Les parcelles isolées, souvent peu mécanisables, sont passées au travers de l'arrachage faisant le bonheur de jeunes vignerons qui cherchaient à s'installer. "A 5 000 euros l'hectare environ, cela reste les vignes les moins chères de France", assurent-ils. Ces vieilles vignes, réputées difficiles à travailler et qui peuvent avoir 100 ans d'âge, sont actuellement recherchées par ces nouveaux vignerons. "Sur les 100 meilleurs vins du Languedoc-Roussillon sélectionnés par la Revue des vins de France, il y a au moins 25 cuvées 100 % carignan", glisse Michel Smith qui va continuer de porter haut les couleurs de son cépage fétiche.

A lire demain, le parcours de deux domaines à La Palme et Fitou qui ont fait le choix du 100 % carignan. Aux côtés de Michel Smith, l'homme au chapeau, des vignerons et des passionnés de carignan qui veulent sa reconnaissance.

Fraîcheur et acidité

Fraîcheur et acidité naturelle voilà les caractéristiques de ces vins 100% carignan qu’il vaut mieux ouvrir quelques heures avant de servir, de préférence à une température en dessous de 15˚ afin qu’il puisse libérer toutes ses qualités aromatiques. Le carignan est réputé apporter une bonne colonne vertébrale au vin, à la fois riche et rafraîchissant.

La Viticulture Audoise prépare la transmission et la reconquête

 

 

"L'impact visuel des vignes arrachées reste sensible aujourd'hui". PHOTO/C. B 

 

Après des années de crise et d'arrachage, les vignerons retrouvent le sourire et recommencent à préparer l'avenir dans l'Aude. Ils parlent transmission, restructuration et reconquête du vignoble.

Le spectacle des vignes arrachées et laissées à l'abandon dans le département reste encore difficile à supporter, aujourd'hui. Mais deux ans après la dernière campagne d'arrachage, qu'en est-il vraiment de la situation aujourd'hui ? Que deviennent les parcelles arrachées ? Quel est l'avenir de la viticulture dans l'Aude ?

Les investisseurs, un fléau ou une solution ?

Pour la confédération paysanne, le monde agricole en général, et viticole en particulier, doit être vigilant à l'arrivée des groupes d'investisseurs étrangers dans l'Aude. "Le phénomène est très présent dans le Bordelais depuis 2008, explique Jean-Jacques Mathieu. De grands domaines viticoles sont achetés par des investisseurs étrangers, qui, depuis la crise financière, préfèrent placer leur argent dans une propriété plutôt qu'en banque".

Le syndicat craint que ce phénomène se développe ici et empêche les jeunes, qui ne peuvent rivaliser sur le plan financier, de s'installer. "Pas de dérive" A la Safer, on est formel : il n'y a pas de danger dans l'Aude. "Il n'y a aucune dérive ici, assure Pierre Quesnel, directeur départemental. Un domaine a bien été acheté par un groupe russe l'an dernier. Mais il était en vente depuis longtemps et le propriétaire, malade, avait des difficultés financières. Il était soulagé de vendre". La Safer va plus loin, en louant les mérites du recours aux investisseurs. "Ils peuvent faciliter l'installation de jeunes vignerons, qui n'ont pas l'argent pour se lancer et ne sont pas soutenus par les banques". Loin de redouter le phénomène, la Safer l'encourage. "Il y a beaucoup de cédants qui ne trouvent pas de repreneurs, poursuit Pierre Quesnel. Il faut inciter des investisseurs, pas forcément étranger d'ailleurs, à acheter et à mettre en fermage pour lutter contre le problème des parcelles sans acquéreur".

Et de poursuivre : "Il faut aussi lancer la restructuration foncière du vignoble. Aujourd'hui, le parcellaire viticole moyen dans la région est à peine supérieur à 1 hectare. Il faut augmenter la taille des domaines pour les rendre rentables".

1 20 % du vignoble audois arraché

"Lors de la dernière campagne, qui s'est terminée en 2010, nous avons enregistré 15 000 hectares de vigne arrachés avec prime, sur les 80 000 que comptait le département, explique Alain Champrigaud, chef de service 'Pôle Territoires' à la chambre d'agriculture. Nous avons privilégié les arrachages qui permettaient d'accompagner les vignerons qui cessaient l'activité. C'était une mesure sociale en période de crise. La plupart des arrachages se sont faits sur la diagonale Minervois-Corbières Maritimes. L'impact visuel reste sensible aujourd'hui".

2 Surface agricole et viticole en baisse

"Chaque année dans l'Aude, on perd environ 300 hectares de surface agricole, commente Jean Héritier, directeur de la chambre d'agriculture. Les parcelles viticoles suivent cette tendance, notamment à cause de l'arrachage. Nous constatons qu'un tiers des vignes arrachées sont reprises en agriculture, un tiers est récupéré par l'urbanisation et un tiers, situé en zone naturelle, ne trouve pas de reconversion". Les dernières données du ministère de l'Agriculture (*) montre qu'en 2011, la surface viticole audoise, avec 67 983 hectares, est devenue moins importante que la surface des grandes cultures (céréales) qui atteint 77 425 hectares. L'écart est minime mais la tradition viticole perd du terrain dans l'Aude.

3 Un marché foncier viticole frémissant

La viticulture audoise, bien que sortie de la grave crise économique qu'elle a traversée, a du mal à redresser la barre. "L'an dernier, nous avons enregistré une légère baisse des surfaces vendues, précise Pierre Quesnel, directeur départemental de la Safer. Mais les prix, eux, baissent fortement. Les transactions repartent donc à la hausse. Certains biens, à la vente depuis 4 ou 5 ans, trouvent enfin des preneurs parce que les prix ont baissé de 30 %".

4 Une tradition foncière tenace

Certaines terres agricoles, qui ne sont plus exploitées restent en friche parce que le propriétaire ne souhaite pas vendre. "Dans l'Aude, le foncier est souvent la seule richesse des familles, commente Alain Champrigaud. Les propriétaires la gardent comme réserve possible de liquidités, ou dans l'espoir que la pression immobilière fasse monter les prix". A cela s'ajoute le fait que le fermage n'est pas ancré dans la culture audoise, surtout en viticulture, qui reste souvent une affaire de famille.

5 Une reconversion pas évidente

partout Certains secteurs, où les terres sont fertiles et faciles d'accès, comme en plaine narbonnaise, n'ont aucune difficulté à se reconvertir dans les céréales ou le maraîchage. Mais pour d'autres, comme les Corbières, la reconversion est plus délicate. "On constate des adaptations opportunistes, au sens noble du terme, comme des friches viticoles exploitées par un éleveur pour faire de la luzerne pour son troupeau, explique Alain Champrigaud. Mais ce sont souvent des arrangements amiables et pas forcément pérennes dans le temps. On parle aussi de truffes, d'oliviers… Mais il s'agit d'occupation des sols, plus que de potentiel économique".

6 Transmission et reconquête

Les vignerons audois ont retrouvé le sourire et beaucoup préparent l'avenir. "Il ne se passe pas une semaine sans qu'on nous demande de l'aide pour préparer la transmission d'un vignoble, constate Alain Champrigaud. La pyramide des âges montre que les plus de 55 ans sont nombreux. Certaines structures ont lancé une réflexion globale qui prend en compte la transmission, la restructuration du vignoble et la reconquête viticole". (*) Mémento de la statistique agricole, Agreste Languedoc-Roussillon, Mars 2013. "L'impact visuel des vignes arrachées reste sensible aujourd'hui".

A Canet-d'Aude, la Vigneronne a pris de l'avance

"Il y a quelques années, la cave coopérative de Canet-d'Aude avait 1 000 hectares de vignes, explique Francis Escamez (Photo D. R.), le président. Aujourd'hui, la cave est intercommunale et avec huit communes, nous avons seulement 1 300 hectares. Et d'ici 5 ans, la plupart de nos adhérents partiront en retraite. Nous devons absolument nous y préparer". Pour cela, celui qui laisse la présidence de la cave à un jeune dans les jours qui viennent, a lancé une vaste réflexion pour faciliter la transmission, soutenir l'installation et, pourquoi pas, amorcer la reconquête du vignoble. Il explique : "Les banques ne jouent pas le jeu aujourd'hui. Pour aider les jeunes à se lancer, nous envisageons de permettre à la cave de se porter caution pour lui, à la fois morale et financière. Nous avons également un projet avec Lafarge, la Safer et BRL qui utilise du foncier que nous pourrions mettre à disposition d'un vigneron sous la forme d'une location-vente. Dans ce cas, la cave apporte son savoir-faire et sert d'intermédiaire". Et de conclure : "Il y a des choses à inventer pour dessiner la viticulture de demain. Sans préparation, nous allons droit dans le mur".

 
 
 
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Ces micro-organismes dont on fait les grands crus...
 
 
 
 

 Autour du Projet du Lac des Prades

 

 

 

FONTCOUVERTE

 

 Près d'une centaine de personnes se sont réunies dernièrement à Fontcouverte autour du projet de retenue d'eau, afin de faire un point d'étape et de conforter les liens entre les différents partenaires. Après un mot d'accueil du maire, Robert Forté, qui a défini les objectifs et la volonté de la commune de porter ce projet, Philippe Vergnes, président de la chambre d'agriculture de l'Aude, a évoqué son souhait de mettre l'irrigation au cœur des priorités pour assurer la pérennité des exploitations viticoles et a assuré la commune de son soutien.

 

Laurent Raux, Président des celliers "Terre d'Expression", parlant au nom des viticulteurs des 6 caves coopératives impliquées dans ce dossier a, quant à lui, mis l'accent sur les pertes de récoltes liées aux sécheresses successives "Nous avons un besoin impérieux de sécuriser nos récoltes dans un contexte de crise, où l'hectolitre de vin vient de remonter au prix d'il y a vingt ans. Le but étant toujours de faire un produit de qualité mais avec une quantité sécurisée". Olivier Casal, à l'initiative du projet, a exposé les étapes passées et à venir pour faire aboutir ce dossier. "Nous sommes heureux d'être aussi nombreux aujourd'hui autour de l'espoir que suscite ce lac. Pour ce secteur viticole, les pertes annuelles dues à la sécheresse sont, depuis 10 ans, comprises entre 10 et 15 hectolitres par hectare. Ce qui fait près d'un demi million d'euros perdus chaque année sur les 600 hectares inscrits. Sans compter les arrachages qui en découlent. Cette eau si abondante en hiver nous fait cruellement défaut en été. Cet ouvrage permettra de la stocker et servira de surcroît à l'écrêtement des crues vers les communes en aval. La logique et la nécessité de ce projet lui donnent une légitimité toute particulière et nous comptons sur le soutien et la bienveillance de tous nos élus. Nous avons déjà présenté de nombreuses fois ce dossier, il semble séduire tout le monde".

 

Mathieu Lopez, délégué par la chambre d'agriculture, et recruté actuellement par la cave de Fabrezan, a ensuite évoqué les aspects techniques de l'irrigation et fait le lien avec les autres projets en cours sur le département. Il a la mission de recenser les hectares à irriguer afin de calibrer le lac et de recenser les sujets posant problème, qu'ils soient techniques ou législatifs. Le projet avance lentement mais sûrement et la priorité est de ne froisser personne. Les intervenants sont à l'écoute de tous et chacun doit y trouver son compte.

L'eau est une richesse qui se mérite. 

 
 
 

Tuchan: 2 cuves vidées au domaine Jones 

 

 

 

Katie Jones avait le sourire en 2011 quand son blanc a été sélectionné pour la garden party de l'ambassade de France à Londres. Katie Jones avait le sourire en 2011 quand son blanc a été sélectionné pour la garden party de l'ambassade de France à Londres. PHOTO/Archives J

 

La rue du Vatican à Tuchan n'a rien d'un paradis. Le domaine Jones a été l'objet d'un acte de malveillance où deux cuves de blanc ont été ouvertes et vidées. Rien de volé, rien de cassé, mais un acte d'une violence rare pourtant. Dimanche dernier, de retour du salon Prowein, Katie Jones fait une visite de sa petite cave de Tuchan

Elle s'apprête à faire déguster son blanc, va directement à la cuve où son 100 % grenache gris est prêt à être mis en bouteille, tourne le robinet, et rien. Elle va à la cuve d'à côté, rien non plus. Il lui faut un moment pour réaliser. Les cuves sont vides. "Les vannes des deux cuves étaient ouvertes, tout est parti dans le caniveau, c'est une catastrophe", explique la vigneronne qui fait son vin depuis 4 ans.

Un an de travail réduit à néant

Le domaine Jones réalise une petite production de 20 000 bouteilles par an. Ces deux petites cuves de 15 hectos chacune représentent cependant 25 % de sa production, un blanc déjà plusieurs fois médaillé dont la totalité était déjà vendue. "Perdre son vin juste après un an de travail en cave, sans parler de tout le travail à la vigne, il s'agit de vieux cépages avec de petits rendements sur le terroir de Maury, c'est très dur à encaisser", confie-t-elle.

Les deux cuves avaient été sorties dans la cour de la cave pour se stabiliser, la mise en bouteille était programmée mercredi. Les deux vannes ont été tournées en quelques minutes. Un vrai jeu d'enfant pour les auteurs de cet acte de vandalisme qui, en s'en prenant ainsi au travail du vigneron, s'en prennent directement à sa personne pour délivrer un message on ne peut plus explicite qui fait penser à une méthode d'intimidation ou de règlement de comptes.

Katie Jones a bien entendu déposé plainte et les gendarmes sont venus sur place réaliser tous les relevés d'usage pour tenter d'identifier le ou les auteurs. " J'ai déjà beaucoup de mal à comprendre que quelqu'un puisse faire ça, si je commence à penser à qui, j'ai la tête qui va exploser", assure Katie Jones dévastée par la perte, mais surtout la bêtise et la lâcheté qui ont animé les saboteurs. "Je vis des sentiments extrêmes, d'une part la méchanceté de ceux qui ont pu faire ça, d'autre part la générosité et la gentillesse de tous les messages de soutien que j'ai reçu", confie la vigneronne qui a joué la transparence auprès de ses clients.

Son premier appel a été pour la cave du Comptoir des Crus à Perpignan, "mon meilleur client pour le blanc" dit-elle. "Ce blanc est un vin particulier, je ne peux pas prendre le risque de décevoir", reprend-elle bien décidée à ne pas baisser les bras. Le 2013 est déjà réservé.

Un précédent dans la Clape

En février 2010, Christophe Bousquet du domaine Pech Redon dans la Clape a été l'objet de telles méthodes. Les robinets de huit cuves avaient été ouverts, déversant dans le caniveau 500 à 600 hectolitres d'AOC la Clape, soit un préjudice portant sur 90 000 bouteilles. L'enquête, confiée au SRPJ de Perpignan, n'avait pas permis d'identifier les auteurs de ces actes, et le domaine a dû se battre pour obtenir le dédommagement de son assureur.

Plus récemment en décembre dernier, chez nos voisins italiens, des faits similaires se sont produits chez Gianfranco Soldera, l'un des plus célèbres vignerons de Montalcino. En une nuit, les cuves des millésimes 2007 à 2012, en cours d'élevage, soit 600 hectos ont été ouvertes. L'affaire a fait grand bruit en raison de la notoriété du vigneron. Le coupable a été appréhendé, il s'agit d'un ouvrier agricole qui entretenait une rancœur. Il a été puni d'une peine de prison.

 
 
 
 

La Cave du Mont Tauch placée en redressement judiciaire 

 

 

 

C'est à la demande du conseil d'administration de Mont Tauch que le tribunal de commerce a placé, mardi, la cave coopérative en redressement judiciaire.

 Le tribunal de commerce a rendu sa décision sur le dossier de Mont Tauch, mardi. Il a estimé que la cave, bien qu'en cessation de paiement et n'étant plus, de fait, en mesure de payer ses dettes, avait pourtant des capacités de se redresser. La cave a maintenant de six à dix-huit mois pour élaborer un plan de continuation, et elle est désormais placée sous administration judiciaire. Cette période d'observation permettra de rechercher les solutions du redressement. Ce dispositif met un coup d'arrêt aux procédures, arrête la dette et bloque les emprunts. L'administrateur va procéder à un audit. Quant aux acomptes, ils seront versés aux adhérents en anticipation de la récolte 2013.

Rarissime

Une telle procédure de redressement est rare dans le cadre de la coopération viticole. Elle est certes peu utilisée, mais appliquée à une cave comme sur tout autre type d'entreprise, elle reste un outil susceptible de servir à traverser une période de turbulences. Une réunion d'instances publiques, comprenant les banques et les autorités publiques, un 'Codefi ', spécialisée dans le traitement d'entreprises en difficulté, a pris à bras-le-corps le cas de Mont Tauch, pour éviter une catastrophe économique sur le bassin des Hautes Corbières. Un audit a rendu ses conclusions, et un premier plan social entériné. Plusieurs options avaient alors été envisagées, sans aller vers le redressement, car à ce moment-là la cave n'était pas en cessation de paiement. L'hypothèse du redressement s'est imposée à la fois à cause du coût des licenciements qui pèse aujourd'hui sur la trésorerie, et sur le marché à l'export qui n'a pas répondu aux espoirs. Le plan de continuation serait à même d'étaler sur plusieurs années, au même titre que les autres créances. Le coût des licenciements (celui du second plan social tourne autour des 800 000 euros) sera pris en charge dans un premier temps par les AGS. La dette, non éteinte, est étalée sur la période choisie dans le plan, qui pourrait être de dix ans.

Rebond

Pierre Marque, directeur départemental de la Banque de France, qui veille sur Mont Tauch depuis son arrivée dans le département il y a deux ans et demi, n'est pas inquiet : "Je suis plutôt serein. Ça va permettre un rebond. Un gros travail a été fait en amont. La cave a les moyens de s'en sortir. Le plan de redressement permet de stabiliser le poids de la dette et les orientations prises sur certains marchés sécurisent les paiements sur les 5, 6 prochaines années". Les contrats susceptibles de stabiliser la trésorerie visent en partie l'exportation, service pour lequel Mont Tauch confie sa production à Grands Chais de France. Aujourd'hui, le président Hubert Busquet réunit l'ensemble des adhérents pour une réunion d'information à 17 h 30. Les 220 adhérents de Mont Tauch recevront leur acompte par anticipation de la récolte 2013.

CODEFI: Comité Départemental d'Examen des problèmes de Financement des Entreprises 

 
 

 

 

 

 Durban veut son Appellation communale

 

C'est une façon de dire que le village de Durban-Corbières, durement meurtri par les inondations de novembre 1999, a trouvé le moyen de s'émanciper et de croire à un avenir meilleur. Après Boutenac, Durban travaille à l'obtention d'une appellation communale. «Les vignerons de ce terroir ont relancé leur dossier de hiérarchisation. Ils ont commencé la rédaction d'un cahier des charges qui demandera entre deux et cinq années d'instruction», confirme Jean-Pierre Thène, directeur du cru Corbières.

La démarche entreprise est complexe. Les vignerons durbanais doivent répondre à plusieurs critères, dont quatre principaux : la délimitation ou l'identification parcellaire ; les conditions de production et de transformation ; les facteurs humains ; les caractéristiques du produit et son positionnement commercial.

Avec l'appui du syndicat de cru Corbières, la filière durbanaise veut croire à cette identification qui valorisera son image, ses produits et ses prix. Une commission nationale pourrait se rendre sur place rapidement afin d'examiner les conditions de cette renaissance sous appellation «Corbières Durban».

«Nous envisageons des démarches similaires sur les autres zones du terroir du moment qu'il existe une typicité de produit et une motivation forte des vignerons», dit Jean-Pierre Thène. Le syndicat de cru Corbières vise ici la région de l'Alaric et le littoral.

Dans sa dernière lettre aux adhérents, le président Xavier de Volontat a explicité en ces termes la relance de ces initiatives locales : «Nous sommes à un seuil qualitatif jamais atteint. Chacun possède un trésor dans ses bouteilles, celui qui répond précisément au goût de ses clients. On se rend compte que la récolte 2 012 correspond majoritairement à des vins fruités, mais tout en rondeur, craquants. Des vins soignés qui sont agréables à boire et correspondent aux attentes actuelles des consommateurs. Le syndicat et l'interprofession misent beaucoup sur ce cœur de marché». Des nouvelles optimistes pour les vignerons de Corbières qui ont retrouvé leur potentiel de vente et un indice qualité indéniable.

La Dépêche du Midi

 

 
 
 
 

 

 

 Viticulture: Enjeux et opportunités pour l'Avenir

 

 

 

Éric Andrieu confirme «Nous, parlementaires européens,

 nous sommes pour que soient reconduits les droits de plantation.

Il en va de l'avenir de la profession».

 

 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

 

 

 
 
 
 
 
 

    Mercredi 29 Août 2012

 

Eau : raréfiée par la sécheresse

Le 29/08/2012 à 06h00
 Quelques averses ont assuré l\'essentiel pour les vignes.
Quelques averses ont assuré l'essentiel pour les vignes.  © Ph. L.
 

Toute médaille a son revers. Ainsi, le beau soleil qui fait si plaisir aux aoûtiens met à mal les nappes phréatiques. "Le mois d'août a été très sec", résume Bruno Peyras, responsable de l'unité "eau" à la Chambre d'agriculture de l'Aude. "Les quelques pluies de juillet avaient permis de maintenir des niveaux raisonnables, mais l'impact de ces dernières semaines se fait désormais sentir sur les nappes et les cours d'eau. En août, la pluviométrie a été modeste… voire très modeste". D'où des arrêtés de sécheresse pris récemment, notamment le long de l'Orbieu, pour interdire les prélèvements de jour. "En revanche, pas de problème pour l'eau potable", rassure le responsable. Toujours est-il que cette situation inquiète.

 

 "Au plan agricole en général et viticole en particulier, nous devons nous faire à l'idée qu'on ne pourra pas s'en sortir à plus ou moins long terme sans créer des dispositifs de réserve d'eau", lance Bruno Peyras. "En dehors d'années comme 2011, où la pluviométrie a été exceptionnelle, on voit déjà qu'il y a des problèmes au niveau des bassins versants". L'idée est simple : mieux répartir cette denrée rare dans le temps. "Nous avons de l'eau en surabondance durant certaines parties de l'année. Elle alimente bien sûr les nappes, mais nous pourrions en stocker un pourcentage pour l'utiliser aux périodes où elle fait défaut". Une idée à creuser… et vite.

   Mardi 17 juillet 2012

Viticulture : des volumes en baisse pour la prochaine vendange

Le 17/07/2012 à 14h28 par Jean-Paul Pelras | Mis à jour à 14h37
La récolte 2012 devrait enregistrer un recul de 12%.
La récolte 2012 devrait enregistrer un recul de 12%.  © HARRY RAY JORDAN / ARCHIVES
 

Selon les premières estimations communiquées par la Draaf Languedoc Roussillon, la production viticole dans notre région afficherait une baisse sensible par rapport à celle de l’an passé. Avec des volumes qui atteindraient 12,9 millions d’hectolitres contre 14,7 en 2011, la vendange 2012 enregistrerait un recul de 12 %, se situant ainsi au dessous de la moyenne des 5 dernières années.
Une chute de production qui serait davantage due, toujours selon les services de l’Etat, à l’intensité du froid hivernal ayant impacté le vignoble Rhodanien qu’aux épisodes de grêle localisés survenus ces dernières semaines.
Concernant l’évolution de la production, malgré un léger retard végétatif, la vigne, grâce aux précipitations printanières, ne souffre pour l’instant d’aucun stress hydrique.

Vers une régulation du marché 


Un constat que confirme Boris Calmette, président de Coop de France Languedoc Roussillon : « L’état qualitatif de la future vendange est bon. Nous prévoyons effectivement une diminution des volumes due au gel dans la vallée du Rhône, à la grêle sur certains secteurs et, entre autre, à la tornade qui impacta l’ouest audois dernièrement. Cette diminution aura une influence sur le marché. Actuellement nous constatons un retard sur les retiraisons du à l’importante récolte 2011. La viticulture, à ce titre, ne doit surtout pas céder aux pressions des acheteurs car, d’ici décembre, le marché va se réguler avec une récolte 2012 qui sera comparable à celle de 2010. » 

Un retour à l’équilibre en quelque sorte accentué, toujours selon le président régional de la coopération viticole, par une baisse des rendements sur d’autres régions de production : « En Aquitaine, les Bordelais auront une récolte plus faible à cause du mildiou. Nous aurons, de ce fait, beaucoup moins de vins rouges sans Indications Géographiques sur le marché .Notons également une probable diminution des volumes en blanc sur le Val de Loire avec le sauvignon impacté par le gel ». Des prévisions de récoltes et de volumes bien sûr tributaires du climat sur les quelques semaines qui précédent la vendange, avec des chiffres qui peuvent influencer le marché et un contexte viticole encore tendu sur certains secteurs.

 

 
 
 

 

                                                          Lundi 12 Mars 2012

 

Sécheresse : pas d'alerte mais l'agriculture s'inquiète

Le 13/03/2012 à 06h00 par Fabien Arnaud | Mis à jour à 07h39
 La retenue de la Ganguise affiche un niveau de stockage confortable.
La retenue de la Ganguise affiche un niveau de stockage confortable.  © Photo D. Rumeau
 

Voilà un record dont les agriculteurs se seraient bien passés. Si les vacanciers ont pu se réjouir d'un hiver sans pluie et très ensoleillé dans l'Aude (lire encadré ci-dessous), les cultivateurs et éleveurs, eux, commencent à s'inquiéter de la situation. "La sécheresse est importante. Tout le monde est inquiet", n'hésite pas à déclarer Serge Vialette, le président de la FDSEA. Pour le responsable syndical, "c'est tout le département qui est concerné. Et plus on va vers l'Est, plus c'est compliqué".

 

Des pluies fin mars-début avril ? 

Ce qui ne veut pas dire que l'Ouest est épargné. Dans la Piège et le Lauragais, à cette période décisive pour les cultures, la pluie est attendue avec impatience, après plusieurs semaines sans une goutte d'eau (lire ci-dessous). La situation n'est pas plus reluisante dans le Carcassonnais. Au syndicat du bassin Clamoux-Orbiel-Trapel, Mathieu Dupuy ne peut que constater le très faible débit des cours d'eau. Le technicien du Smmar (syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières) donne néanmoins aux agriculteurs une raison d'espérer : "Ces dernières années, nous avons eu des automnes et hivers secs, suivis de fortes pluviométries fin mars-début avril. L'an dernier, sur notre bassin, à cette période, il était tombé 400 mm d'eau en trois jours".
Par ailleurs, le département peut compter sur plusieurs réserves d'eau bien approvisionnées, telles que le lac de Montbel, à cheval sur l'Aude et l'Ariège, ou les retenues de la Montagne noire.
Au 1er mars, les barrages des Cammazes et de La Galaube étaient à 89 % de leur capacité, indique l'Institution des eaux de la Montagne noire.

La Ganguise plein à 80 % 

Ressource majeure d'irrigation pour les agriculteurs du Lauragais (20 000 hectares irrigués), le lac de la Ganguise affiche aussi un stock confortable. "Nous sommes à plus de 80 % de la capacité, ce qui est largement suffisant pour assurer les besoins en eau de l'agriculture", estime Jean-François Blanchet, directeur général de BRL, l'exploitant. "Cela, grâce à une gestion anticipatrice de la période estivale, par un stockage pendant l'hiver et la récupération des excédents de la Montagne noire".
Alors qu'aucune précipitation n'est annoncée sur le département jusqu'à la fin de la semaine, les agriculteurs audois regardent à l'horizon de la semaine suivante. La préfecture, elle, n'a pas encore activé la cellule de veille sur la sécheresse, contrairement à de nombreux départements. En revanche, le comité de suivi de l'eau doit se tenir dans les prochaines semaines pour faire le point.

 
 
 

  Midi Libre Dimanche 22 Janvier 2012  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
L'arrivée de l'eau du Bas Rhône est'elle une opportunité pour les Corbières ?
Vaut'il mieux irriguer local ?
 
 
 
Accents du Sud n°2
Afin de limiter la mortalité liée à la sècheresse et de récolter des baies vinifiables,
l'irrigation raisonnée est devenue une nécessité
 
 
 
Un pôle oenotourisme ouvrira à Cucugnan grâce à Odyssea
Le programme Odyssea se calque sur le fait historique des liens commerciaux antiques
entre le littoral et ses ports avec l'arrière pays
 
 
 
 
 
 




 
 
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